Centre de rétention de Moustier : remobiliser et partager les frais de justice

Centre de rétention de Moustier : remobiliser et partager les frais de justice
Centre de rétention de Moustier : remobiliser et partager les frais de justice

Le sujet était sur toutes les lèvres en novembre dernier dans le village et sur tout le territoire jemeppois : le gouvernement fédéral veut construire un centre de détention de 40 places sur les ruines de l’ancienne gendarmerie de Moustier. L’idée : créer un lieu destiné aux personnes de la région condamnées à moins de trois ans de prison et pour des faits qui ne sont pas liés au délit le plus grave.

Six mois plus tard, les habitants qui habitent à proximité de ce projet ont l’impression que les habitants l’ont oublié. “Il n’y a pas un jour où on ne m’a pas posé de questions à ce sujet lorsque je faisais mes courses, commente Patricia. Une pétition pour empêcher sa construction a même été signée 1000 fois. Mais depuis, c’est complètement calme. Plus personne n’en parle dans le village, même si le fédéral n’a pas mis ses intentions de côté.»

Pour remobiliser leurs voisins et les Jemeppois, plusieurs citoyens, dont Patricia, se sont mobilisés pour se faire entendre. Ils habitent tous à proximité, comme Geneviève. « J’ai une vue directe sur la future prison (NDLR : entre eux, ils n’évoquent jamais le terme centre de détention). Ce que la Fed m’a dit lors de la réunion de fin novembre, c’est qu’il était prévu de construire un mur de quatre mètres pour séparer ma maison de l’établissement pénitentiaire. Tu imagines ? Et pourquoi ne pas mettre cette prison au fond du jardin du ministre ? Je ne suis pas sûr qu’il l’accepterait.

Six mois après l’annonce du ministre fédéral de la Justice Paul Van Tigchelt, leur avis n’a pas changé. Ils ne sont pas contre le projet lui-même mais estiment qu’il devrait être implanté ailleurs, pas au milieu d’un village malgré l’argument de la réinsertion socioprofessionnelle. « Il n’y a pas de travail à Moustierrigole Véronique. Chez AGC ? L’entreprise a récemment failli fermer un four de production de verre.

Ce qui les perturbe et, en même temps, les interpelle, c’est la population que pourrait rassembler ce centre de détention. « Les détenus ne seront pas tous issus de bonnes famillesajoute Geneviève. Il n’y aura pas que des bisounours qui rôdent. On pourrait se retrouver comme à Namur et Andenne où des connaissances des détenus lancent des boules de drogue par-dessus le mur.»

50 participants supplémentaires

On comprend aisément que ces habitants soient toujours en colère contre le projet fédéral. Ils espèrent que les élections passeront et que ce centre de détention ne sera plus une priorité pour le futur ministre. “En attendant, nous avons pris les mesures nécessaires pour nous protéger”, indiquent Patricia et Audrey. Ce groupe d’habitants a rencontré un avocat spécialisé en matière d’urbanisme. « Nous savons déjà que si nous devions faire appel, cela nous coûterait environ 3 000 euros. En cas de dernier recours au Conseil d’État, il nous faudrait environ 10 000 euros.» Pour obtenir cette somme, ils sonnèrent aux portes du village de Moustier. Chaque résident était invité à signer un document s’engageant à payer 10 € du début à la fin de la procédure. « Cinquante personnes ont signé leur signature. Ils ont promis de nous verser 10 euros par mois pendant dix mois si nous devions adresser une requête au Conseil d’État. Aujourd’hui, nous avons besoin du double du nombre de signataires, ajoute Patricia. Heureusement, nous avons encore des portes auxquelles frapper (des rires).”

Le groupe le promet, l’avocat choisi a déjà identifié des éléments qui pourraient faire échouer, voire faire dérailler le projet. « Mais nous ne les exposerons pas sur la place publique. Nous voulons conserver nos cartouches. Mais il y a déjà effectivement des éléments qui ne sont pas corrects.»

Pour ceux qui souhaiteraient plus d’informations, il est possible de contacter ce groupe de riverains via l’adresse email : [email protected]

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