Guénette savait ce qui se passait avant le meurtre

Accusé de meurtre au deuxième degré, Éric Guénette s’est assis à table après six longues heures d’interrogatoire, avouant aux policiers que c’était son ami Keven Prévost-Bouchard qui avait tué sous ses yeux un jeune livreur de drogue, mais ajoutant qu’il avait vu le drame se dérouler dans les minutes précédentes, sans intervenir.

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“Ce n’est pas moi. Ce n’est pas moi cet osti.

Ce sont les mots qu’Éric Guénette répétait sans cesse, en larmes, lorsqu’il se retrouvait seul après avoir raconté aux enquêteurs le meurtre d’Achraf Thimoumi, survenu le 8 août 2022, à Stoneham.

Le ressortissant marocain de 20 ans, qui livrait de la drogue pour le compte d’une organisation criminelle, a été tué pour un kilo de cocaïne, a-t-on révélé à l’ouverture du procès du résident du Lac-Saint-Jean en début de semaine.

Confidences

Mercredi et jeudi, la vidéo du long interrogatoire d’une durée totale de huit heures qu’a subi Éric Guénette a été présentée au jury. Le jour de son arrestation, le 26 octobre 2022, l’homme de 35 ans a insisté pendant six heures sur son droit de garder le silence. Il finit cependant par hésiter et accepte de raconter à l’enquêteur Pier-Luc Brisson ce qui s’est réellement passé deux mois et demi plus tôt.

Fourni par le tribunal

Il devait initialement aller chercher son ami Prévost-Bouchard dans un garage à Québec. Pourtant, ce dernier lui explique qu’il a rendez-vous avec un livreur de drogue.

«Nous allons le faire», lui dit à ce moment son ami.

Lorsque l’enquêteur demande à l’accusé ce que Prévost-Bouchard entendait par « faire ça », Guénette laisse peu de place à l’interprétation.

“Nous le faisons, nous le tuons.”

C’est alors qu’Éric Guénette a aperçu l’arme à feu de Keven Prévost-Bouchard. Sur la route, ce dernier l’a même chargé sous ses yeux, explique-t-il.


Fourni par le tribunal

Il a également admis devant l’enquêteur qu’il avait demandé à la victime de le suivre dans un « endroit calme » parce qu’il « savait ce qui allait se passer ».

Contrainte?

D’après cet interrogatoire, Guénette savait donc une trentaine de minutes avant le meurtre ce qui pouvait se passer.


Scène de crime du meurtre d'Achraf Thimoumi, sur le Chemin des Familles, à Stoneham, le 8 août 2022 Crédit photo : Fourni par le tribunal

Crédit photo : Tiré du Facebook d’Éric Guénette

Ce sont ces aveux qui, pour l’accusation, justifient l’accusation de meurtre au deuxième degré qui est retenue. Et ce, même si ce n’est pas lui qui a tiré ou mis le plan en marche.

Pour Me Fabien Villemaire, ces éléments ne disculpent pas Éric Guénette de sa participation au meurtre.

Toutefois, l’accusé mentionne également à plusieurs reprises lors de son interrogatoire « avoir peur » de Keven Prévost-Bouchard, demandant aux policiers de ne pas être détenus au même endroit. “Je vais en manger un tabarnac.»

Aurait-il pu avoir peur lui aussi le jour du meurtre ? C’est ce que Guénette a tenté de faire comprendre à l’enquêteur Brisson. « Que voulais-tu que je dise de plus, mec ? Que je l’empêche ? Oubliez ça», insiste l’accusé.

Son ex-compagne, avec qui il se trouvait au moment du meurtre, est également venue témoigner que Guénette, craintif, « s’est senti suivi » dans les semaines qui ont suivi le drame.

Le procès d’Éric Guénette, représenté par Me Louis Belliard, se poursuivra la semaine prochaine.

Extraits de l’interrogatoire policier d’Éric Guénette

“Je n’ai jamais voulu ça, homme. Je ne savais même pas qu’il allait faire ça.

“[Keven Prévost-Bouchard] je n’avais pas d’argent [pour la cocaïne]Je me posais des questions, puis après, il a dit : « On va le faire ». […] Que voulez-vous que je vous dise? Vais-je l’arrêter ? Aurais-je dû m’enfuir ? Trouver autre chose ?


Scène de crime du meurtre d'Achraf Thimoumi, sur le Chemin des Familles, à Stoneham, le 8 août 2022 Crédit photo : Fourni par le tribunal

Fourni par le tribunal

“C’est comme s’il avait le fait voler ou autre, comme si c’était avait a saisi, comme si un inconnu était arrivé par hasard dans la transaction et puis il a cliqué, cliqué [en mimant une arme à feu].»

“Je voulais rendre service, osti, et je vais me faire prendre d’ici 10 ans”

 
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