Que faut-il pour vivre en paix, ensemble ? – .

Que faut-il pour vivre en paix, ensemble ? – .
Que faut-il pour vivre en paix, ensemble ? – .

Ensemble, nous avons plus de 40 ans à promouvoir la justice et à œuvrer pour la paix – et rien ne pourrait nous préparer pleinement à aujourd’hui. Notre monde connaît aujourd’hui des niveaux d’oppression et d’injustice, alimentant un climat de haine et de division qui nous paraissait inimaginable hier.

Au cours des dix dernières années, les sociétés ont eu tendance à se diviser et à se polariser. Au sein de notre village planétaire, le ton peut être donné par une masse critique de politiques de division où les attaques, le vitriol, le dogmatisme et le détachement sont normalisés et imités. Pourtant, nous savons, dans nos têtes et dans nos cœurs, que vivre dans la justice et la paix est essentiel pour mener une vie heureuse, dans laquelle nos familles et nos communautés s’épanouissent et où nous réalisons notre plein potentiel.

Dans ce contexte, nous considérons le 16 mai, Journée internationale du vivre ensemble en paix, comme le moment idéal pour réfléchir à la question : que faut-il pour vivre en paix ? Nous croyons tous les deux que la paix commence par la reconnaissance et l’égalité, qui sont les fondements de relations saines – celles fondées sur le respect, la confiance, l’appréciation de la diversité et un esprit d’inclusion et d’appartenance.

En tant qu’homme juif et femme musulmane palestinienne, malgré nos différences de sexe, de religion, d’origine, d’éducation et de privilèges, notre amitié s’est développée grâce à nos valeurs communes, nos intérêts mutuels, le bonheur que nous éprouvons à rencontrer les autres et leur culture ainsi que la le développement personnel et le soutien que nous en tirons. Par exemple, après les horreurs de l’attaque du Hamas du 7 octobre et du bombardement israélien de Gaza, nous nous sommes immédiatement tournés l’un vers l’autre pour trouver du réconfort, pour pouvoir parler et exprimer notre douleur.

Nous nous sommes accordés la compassion et l’écoute dont nous avions besoin, sans attitude défensive ni jugement. En tant que défenseurs de la justice et de la paix, nous naviguons dans les complexités nuancées de la réalité qui existent au-delà de la dichotomie trop simpliste du « tout noir et tout blanc ». Cet espace entre les extrêmes transcende les récits étroits qui font la une des journaux, obscurcissant souvent des vérités plus profondes et montrant des notions limitées de justice et d’empathie, et qui les mérite.

Nous avons tous vu à quel point la guerre a déstabilisé Montréal, une ville habituellement paisible. Face aux actes de violence, à la montée des tensions et à l’émergence d’un sentiment général de peur, nous avons même écrit et publié un « message de solidarité de la société civile ». Ce message visait à apporter une voix positive, constructive, unificatrice et pleine d’espoir pendant une période difficile.

Il exprimait un rejet absolu de la violence et de la haine et un soutien unifié au respect, à l’harmonie sociale et à l’affirmation de soi non-violente, le tout dans l’esprit de Montréal en tant que ville de paix, comme le reflète le grand arbre de la paix autochtone – le le pin blanc, qui est au centre de son drapeau.

Comme pour tout autre problème de société, qu’il s’agisse du changement climatique, du sans-abrisme ou du harcèlement, la première étape est de sensibiliser et d’amener les gens à penser différemment, ce qui a été le cas avec ce message de solidarité. Mais pour vivre en paix, il faut passer de la réflexion à la construction. Nous considérons les manifestations pacifiques et autres formes d’engagement civique comme des outils essentiels pour une citoyenneté active et pour demander des comptes à nos dirigeants, un élément fondamental de la démocratie.

Les manifestations sont l’expression saine de l’émotion et de l’intellect. Le principal défi est de garantir que les opinions sont communiquées de manière efficace, non violente et respectueuse, avec une reconnaissance appropriée et une écoute active. Il est essentiel que ces échanges intègrent les complexités nuancées des zones grises de notre société.

À l’heure actuelle, nous avons besoin d’espaces sûrs et bienveillants qui facilitent des conversations courageuses susceptibles d’améliorer la compréhension mutuelle, de susciter l’empathie et de favoriser l’harmonie sociale. C’est pourquoi, après notre message de solidarité, nous mettons en place ces jours-ci le projet « dialogues solidaires ». Il s’agit d’un activisme positif et axé sur les solutions qui vise à tirer parti du parcours personnel et de la créativité qui résident dans les zones grises. Celles-ci sont vastes et vous devez être capable de naviguer dans les nuances, ce qui peut être troublant. Mais lorsque nous les choisissons, nous sortons des sentiers battus et trouvons des solutions.

En effet, le gris a sa propre couleur : ni noir ni blanc, il possède toute une palette de nuances. Pour beaucoup d’entre nous qui avons passé des années à promouvoir la justice et à construire la paix, le monde polarisé qui nous entoure permet facilement de perdre espoir, de douter et de remettre en question ses propres doutes. Mais si nous voulons vivre dans l’égalité et la paix, nous devrons tous exister dans cet espace entre les extrêmes, explorer les zones grises et nous écouter les uns les autres dans un esprit de respect et d’empathie.

L’outil le plus efficace pour y parvenir est le dialogue, et le résultat final sera une compréhension mutuelle et une solidarité entre nos nombreuses communautés ainsi qu’un dévouement et un engagement encore plus grands de la part des Montréalais à vivre ensemble en paix.

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