Malgré les menaces, Judith Godrèche s’est prononcée contre les violences sexuelles et a présenté “Me Too” ce mercredi à Cannes, elle nous en a parlé

Malgré les menaces, Judith Godrèche s’est prononcée contre les violences sexuelles et a présenté “Me Too” ce mercredi à Cannes, elle nous en a parlé
Malgré les menaces, Judith Godrèche s’est prononcée contre les violences sexuelles et a présenté “Me Too” ce mercredi à Cannes, elle nous en a parlé

En début d’année, elle s’est exprimée. A 52 ans, Judith Godrèche a porté plainte contre les réalisateurs Benoît Jacquot et Jacques Doillon pour viols et violences sexuelles qu’elle aurait subis durant son adolescence.

Courant février, l’actrice et réalisatrice a ouvert une adresse e-mail ([email protected]), afin de recueillir les témoignages d’autres victimes, et évidemment pas seulement du monde du cinéma. La boîte de réception a rapidement été inondée de messages. Un bon millier.

Projeté au Cinéma de la plage ce soir

Mardi 14 mai, sur la plage du Martinez, nous avons demandé à la femme qui n’aurait pas imaginé que sa voix porterait autant si elle ne se sentait pas dépassée.

« Je ne suis pas infaillible et je suis conscient de mes limites. Mais lorsque vous tendez la main, vous devez assumer vos responsabilités. Quand je rencontre quelqu’un qui m’émeut, dans mon quotidien, j’ai immédiatement envie d’écrire un film sur lui.

Voilà comment Moi aussi est né. Lors de la cérémonie d’ouverture de la section Un Certain Regard aujourd’hui, les festivaliers pourront découvrir ce court métrage de 17 minutes, qui sera également projeté au grand public le mercredi 15 mai au soir, au Cinéma de la plage.

Danser, comme une libération

A l’écran, ces femmes et ces hommes qui ont écrit à Judith Godrèche. Dans une rue de Paris, ces victimes forment une masse forte, partageant leur douleur, mais surtout porteuses d’un message d’espoir et de solidarité.

Et au milieu de cette foule, Tess Barthélémy, la fille de l’actrice, fait des pas de danse. “Je ne pense pas pouvoir faire un film sans musique et sans danse”assure le réalisateur. « Et puis, je sais que j’ai parlé parce que j’ai moi-même une fille. La chorégraphie était une possibilité d’amener les participants vers des gestes qui les ramènent à l’enfance.

Lors du tournage, réalisé en une seule journée, le 23 mars, Judith Godrèche affirme avoir ressenti “quelque chose d’assez spécial”. « D’habitude, un ensemble est extrêmement hiérarchique, le système est très féodal. Là, il y avait du respect, de la vulnérabilité, l’envie que les choses se passent bien. Les techniciens qui étaient là avaient été choisis pour leur humanité, leur façon de se comporter.

Un risque d’exploitation ? “Pas grave”

Dans une 77e édition que le délégué général, Thierry Frémaux, souhaite “sans polémique”Le Parisien a-t-il l’impression d’être utilisé, comme un contrecoup ?

« En fin de compte, cela n’a pas d’importance. On peut toujours voir les choses en deux couleurs. J’essaie de choisir le plus heureux. C’est quelque chose de beau que tous les personnages du film soient représentés ici. Et puis, c’est un vrai film, avec une vraie valeur. J’aimerais pouvoir penser qu’il a été retenu pour de bonnes raisons.

Avec Icône du cinéma françaissa série pour Arte sortie en décembre dernier, dans laquelle elle présentait son double fictionnel, Judith Godrèche dit qu’elle “a affirmé (sa) volonté d’être réalisatrice”.

« C’était vraiment la première fois que j’avais un projet de film que j’assumais entièrement, où je me laissais aller et où j’étais absolument moi-même. Je me demandais comment tout cela allait être reçu. Mais au moment où j’écrivais la série, j’étais au bout du monde, ça m’a donné beaucoup de liberté.

Menaces quotidiennes

Avant de quitter cette élégante plage rendue sombre par la pluie, elle découvre la rumeur d’une liste de dix grands noms du cinéma français qui auraient commis des violences sexuelles.

« Le bruit ou le soutien est une chose, mais l’agitation et le buzz… Je ne suis pas sûr que ceux qui divulguent des listes soient des gens qui soient du côté des victimes. Il faut pouvoir exclure les rumeurs, ne pas faire perdre de leur force aux témoignages et aux plaintes.»

De son côté, Judith Godrèche fait désormais face à de nombreuses menaces, visant également sa famille. « Chez nous, le climat était très anxieux au moment de l’affaire Weinstein. Aujourd’hui, ces menaces sont encore plus fréquentes et concrètes. C’est compliqué. Je sais que je les mets en danger. Et en même temps, je me dis que je fais ça pour que nos enfants sachent quelque chose de mieux.

>> Diffusé ce mercredi 15 mai au Cinéma de la plage, juste avant le film d’animation Silex et la ville, Moi aussi sera également visible le jeudi 23 mai sur France 5, en fin d’émission C ce soir et le samedi 25 mai à 20h40 sur Culturebox.

 
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