L’expertise des médias ecclésiastiques est plus que jamais nécessaire – Portail catholique suisse – .

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L’expertise des médias ecclésiastiques est plus que jamais nécessaire – Portail catholique suisse – .

En finançant des médias capables de décrypter les faits religieux, les Églises traditionnelles de Suisse rendent un service non seulement à leurs fidèles, mais à la société dans son ensemble. Ils contribuent au débat démocratique, social et culturel. C’est ce que ont défendu les professionnels de - religieuse romande, le 14 mai 2024, lors d’une table ronde organisée à Genève.

On dit de nos sociétés laïcisées, et pourtant la recherche spirituelle occupe toujours l’esprit de nos contemporains et le fait religieux est partout, de l’acceptation du burkini dans les piscines de Lausanne, au rôle de l’orthodoxie dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine.

Les médias « laïcs » investissent sur ces questions, mais ils manquent parfois du savoir-faire des journalistes spécialisés. Faut-il s’agir de croyants, voire de théologiens ? Peuvent-ils s’engager au service d’une communauté religieuse sans risque de prosélytisme ?

Pour répondre à ces questions – et à d’autres – plusieurs professionnels de - religieuse romande* se sont réunis le 14 mai 2024 au Musée international de la Réforme à Genève. Cette table ronde – organisée par le Club Suisse de - (CSP) et Médias-pro sous le titre Quel rôle pour les médias religieux en Suisse romande? – a attiré une cinquantaine de personnes, issues des milieux ecclésiaux et/ou des médias.

Au service de l’information et de la foi

Ces médias ont tous “un lien avec une Église historique officielle et la tradition religieuse, protestante, réformiste ou catholique”, a souligné Isabelle Falconnier, directrice du CSP et co-animatrice du débat avec Lucas Vuilleumier, journaliste à Informations sur la protestation. Alors, qu’est-ce qui l’emporte dans leur écriture ? Le service de la foi ou celui de l’information objective ? A cette dernière question, les participants ont répondu à l’unanimité, avec des nuances dans la manière de concilier les deux.

« Nous avons recruté Lucas Vuilleumier parce que nous recherchions un journaliste expérimenté, mais aussi quelqu’un qui connaissait le monde des Églises protestantes et, si possible, qui avait une vie spirituelle, qui savait ce que signifiait être croyant », a partagé Anne-Sylvie. Sprenger, rédacteur en chef de Informations sur la protestation.

«Nous sommes certes des croyants, mais aussi des journalistes», a assuré Bernard Hallet, rédacteur en chef de cath.ch, qui fête cette année ses 10 ans. « Il est important de pouvoir communiquer, synthétiser puis transmettre ce qui est finalement une vie de foi extrêmement riche et complexe.

Des experts reconnus

Les journalistes de RTSReligion, qui dépendent en partie de Cath-Info et en partie de Medias-Pro, sont des experts reconnus par la RTS, souligne pour sa part Paolo Mariani, directeur du Bureau des médias protestants. « Nous sommes appelés par le service public à parler de religion et de spiritualité, que ce soit le bouddhisme, l’islam, le catholicisme, le protestantisme… de manière neutre, quelle que soit notre foi. Il n’y a pas de but d’évangélisation, mais un but de décryptage. Cependant, pour acquérir cette expertise, les journalistes doivent avoir un intérêt marqué pour les questions religieuses et des connaissances théologiques personnelles, affirme-t-il.

« Nous sommes certes croyants, mais aussi journalistes. C’est important pour synthétiser et transmettre ce qui est une vie de foi extrêmement riche et complexe.

Bernard Hallet

Pour l’hebdomadaire chrétienMagazine Écho, la question se pose différemment car ce journal a toujours été indépendant, même si, historiquement, il a toujours été proche de l’Église catholique. Depuis 2000, animé par la volonté d’encadrer socialement et culturellement les valeurs véhiculées par le christianisme, toujours avec les familles comme public cible, un nouvel accent a été mis sur la dimension chrétienne du titre. “Parce que les gens sont vraiment en quête de sens”, argumente Dominique-Anne Puenzieux, directeur du titre. « Notre rédacteur en chef actuel et un de nos journalistes ont donc été recrutés sur la base de leur connaissance de la culture chrétienne et de leur engagement dans ce milieu. »

Des publics cibles pas toujours compatibles

Les invités du débat ont également souligné l’enjeu de devoir répondre aux attentes de plusieurs publics cibles, en termes de générations, mais aussi de cultures, qui ne sont pas toujours compatibles.

Financés par les six Églises réformées de Suisse romande, Médias-pro et Cath-Info sont par exemple simultanément inscrits comme partenaires du service public pour leurs émissions RTSReligions. «Cela demande un travail d’équilibrage», explique Paolo Mariani. Pour le directeur de Médias-Pro, il est quasiment impossible de répondre à toutes les demandes avec un seul produit. Depuis cette année, l’accent a donc été mis sur l’offre numérique et les réseaux sociaux.

Rédacteur en chef de Réformé, Jöel Burri a rappelé pour sa part que ce mensuel est né en 2016 de la fusion de différents La vie protestante des Églises réformées cantonales et Bonnes nouvellesle journal de l’Église évangélique réformée du canton de Vaud. “Réformé doit répondre à toutes les exigences qu’une Église peut avoir en matière de communication, et elles sont souvent contradictoires. Nous sommes le journal des Églises (protestantes), mais nous sommes également largement diffusés gratuitement pour rester en contact avec les protestants culturels et les personnes éloignées. Notre UNE couvre toujours un sujet de société, et en même temps nous proposons toujours des pages « fractionnées », c’est-à-dire différentes d’une région à l’autre. Ils viennent principalement des Églises locales, des paroisses avec leurs programmes, le mot du curé… »

Pour Bernard Hallet, Ce n’est en effet pas parce que nous servons une communauté, en l’occurrence catholique, que la diversité n’existe pas ou que les autres croyances et religions sont oubliées. « Notre activité d’agence de presse a progressivement cédé la place à un média web, qui traite de l’actualité catholique sous différents formats, avec des décryptages de faits, du magazine, des portraits, dans des articles et des vidéos, et avec une présence sur les réseaux sociaux. Cela nous permet de rencontrer les différents visages du catholicisme et les différentes générations et de transmettre ce qui fait sa tradition, mais aussi sa diversité.

Gardiens d’une tradition

Un avis partagé par Anne-Sylvie Sprenger. Nous est le gardien de cette tradition qui accompagne l’humanité depuis plus de 2000 ans. Cette richesse est perdue, car sa transmission est plus difficile. Nous ne sommes pas meilleurs que les autres journalistes, mais nos églises nous permettent de nous concentrer sur ces sujets. » Autrement dit, heureusement que les Eglises sont là pour financer ce journalisme spécialisé et éviter les erreurs que l’on peut constater dans - généraliste.

« Nous ne sommes pas meilleurs que les autres journalistes, mais nos églises nous permettent de nous concentrer sur ces sujets »

Anne-Sylvie Sprenger

Les journalistes religieux bénéficient en outre d’un réseau qui fait défaut aux autres. Cela leur permet d’élargir leur regard, de ne pas faire appel à chaque fois aux mêmes experts, note Joël Burri.

Que faire face à une mauvaise nouvelle ?

Précisant que les Églises disposent également de services de communication, Isabelle Falconnier, présidente du Club suisse de -, a demandé à ses collègues comment ils abordent les sujets plus douloureux. “Est-il difficile de trouver la bonne distance, lorsqu’il faut se plonger dans des actualités malheureuses qui concernent une Église avec laquelle vous entretenez des liens privilégiés, comme la question des abus dans les Églises ?”

“Du côté de cath.ch, nous n’avons jamais eu de pression de la part de l’Église”, répond Bernard Hallet. « Et de toute façon, ça ne marcherait pas avec nous ! Nous avons donc largement abordé ces questions, mais à des rythmes différents. Avec des articles d’information immédiats, puis un retour aux faits à travers une réflexion approfondie pour tenter de comprendre comment cela a pu arriver. L’objectif était de décrypter le phénomène de maltraitance, son caractère systémique, en faisant appel à des victimes, des sociologues et des théologiens. «Il faut cependant veiller à ne pas saturer nos lecteurs», souligne le rédacteur en chef de cath.ch, «même si notre travail est nécessaire et bénéfique, il nous permet d’interpeller les évêques, de leur demander comment ils Je veux développer l’institution.

Du côté de Informations sur la protestation, Anne-Sylvie Sprenger revient sur un cas évoqué par sa rédaction il y a quelques années, celui du président de l’Église réformée suisse de l’époque, Gottfried Locher, appelé à la démission suite à des accusations d’abus sexuels, psychologiques et spirituels par un collègue. . « Que devons-nous faire quand nous savons que c’est quelque chose qui va nuire à l’Église ? Il faut respecter les règles déontologiques des journalistes, c’est-à-dire croiser les sources, contextualiser, peser l’utilité, ou non, de révéler ou non l’information.

Un contre-pouvoir dans les Églises, jusqu’à quand ?

« Certains se sont peut-être dit : ‘c’est mauvais pour l’Église’ », a-t-elle poursuivi. Mais parle-t-on de l’institution, d’un exécutif, des paroissiens ? Servir l’Église, s’il fallait servir l’Église, ce ne serait pas servir l’institution. Cela serait au service des croyants, qui ont aussi le droit de savoir ce qui se passe dans leur Église. C’est ce contre-pouvoir qui était aussi recherché par les Églises.»

Un contre-pouvoir pourtant malmené par les réalités financières, mais aussi par narration personnels et toutes ces chambres d’écho que constituent souvent les réseaux sociaux. “Mais je veux rester optimiste”, affirme Joël Burri, “et croire qu’on va redécouvrir, tout naturellement, qu’un journaliste donne la priorité à l’information, qu’une belle UNE qui a été conçue pour vous dire non seulement ce que vous avez envie de lire, mais surtout ce qu’il faut savoir, c’est une valeur ajoutée incroyable. (cath.ch/lb)

*Il y avait là : Joël Burri, rédacteur en chef du mensuel RéforméBernard Hallet, rédacteur en chef de cath.ch, Paolo Mariani, directrice de l’Office des médias protestants Médias-pro, Dominique-Anne Puenzieux, directrice de Magazine Échoet Anne-Sylvie Sprenger, rédactrice en chef de Informations sur la protestation.

© Centre Média Catholique Cath-Info, 15.05.2024

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