Portrait des nouvelles églises évangéliques et de leurs fidèles dans les villes

Portrait des nouvelles églises évangéliques et de leurs fidèles dans les villes
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Né dans les années 1960 et 1970 au Québec, le mouvement évangélique a récemment connu une vague de désaffiliation : plusieurs jeunes ont quitté les communautés afin de se créer une nouvelle vie (lire cet article à ce sujet).

Comment les églises évangéliques se sont-elles réorganisées et quelles valeurs renouvelées ont été mises en avant par leurs dirigeants, notamment parmi les pentecôtistes et les baptistes, afin de renouer avec cette génération de croyants ?

C’est ce que traite Benjamin Gagné dans ses travaux doctoraux réalisés à l’Institut d’études religieuses de l’Université de Montréal et de l’Université de Strasbourg. Il les a présentés à l’occasion du 91e Congrès Acfas, qui a lieu à l’Université d’Ottawa.

Membre de l’équipe de recherche du projet MuRel, dirigé par la professeure Solange Lefebvre, Benjamin Gagné est responsable du volet « Églises évangéliques urbaines du Nouveau-Québec et relations significatives comme Source de vitalité ».

Ses travaux, toujours en cours, visent à analyser la manière dont les nouvelles églises évangéliques urbaines redéfinissent leurs relations avec les villes de Laval, Montréal, Québec et Sherbrooke tout en cherchant à contribuer à leur vitalité.

« Les relations significatives entre évangéliques et non évangéliques créées dans ces milieux sont au cœur de mes recherches », indique Benjamin Gagné. Nous nous intéressons également à la manière dont les milieux urbains interagissent avec ce type d’Églises et transforment la manière dont ils établissent des liens avec les non-évangéliques.

Lieux de transition pour personnes désaffiliées

Benjamin Gagné

Crédit : Avec l’aimable autorisation

Parmi les résultats préliminaires qu’il a dévoilés, le doctorant a indiqué que, pour les personnes désaffiliées, les nouvelles églises évangéliques urbaines offrent un lieu de transition où il est possible de pratiquer sa religion dans un contexte moins fondamentaliste.

« Ces églises servent à la fois des praticiens plus traditionnels et plus libéraux, et les pasteurs accordent moins d’importance aux débats fondamentalistes nés en Amérique du Nord, comme celui opposant création et évolution », explique-t-il. . Par exemple, dans l’Église de Laval, pour intéresser la nouvelle génération, le pasteur adopte une approche plus nuancée, voire critique, de ce débat tout en faisant appel à l’intelligence des membres de sa communauté.

Des Églises qui ont su s’adapter

Un autre angle abordé par Benjamin Gagné est celui des Églises qui ont su s’adapter, tant sur le plan organisationnel que technologique, afin de rejoindre un plus grand nombre de fidèles.

« Depuis 2010, certaines églises évangéliques sont devenues « multi-sites », utilisant des stratégies spatiales, c’est-à-dire qu’elles louent désormais des locaux à vocation laïque, comme des cinémas ou des lieux artistiques, pour tenir leurs réunions. rassemblements, souligne Benjamin Gagné. Comme le dit Frédéric Dejean dans son ouvrage, cette stratégie d’usage des lieux permet aux personnes pratiquantes, aux invités pour la première fois ou encore aux personnes désaffiliées d’atténuer la rupture : le fait de franchir la porte d’un théâtre plutôt que celle d’un lieu de culte est une symbole apaisant pour ces gens.

Par ailleurs, l’autre stratégie spatiale mise en œuvre à Montréal ou à Sherbrooke est de filmer les rassemblements et de les retransmettre en direct ailleurs, dans des municipalités de banlieue.

Un rôle communautaire accru

Sur le terrain, Benjamin Gagné a également observé le rôle de ces Églises dans les villes où elles sont implantées : elles leur insufflent de la vitalité et établissent des relations significatives avec leur environnement.

« Par exemple, au Québec, les représentants d’une Église sont membres d’une table de quartier », conclut-il. Et comme 33% des fidèles des églises évangéliques sont issus de l’immigration, ces églises jouent un rôle en termes d’intégration, notamment en aidant les chômeurs à trouver du travail.»

Le projet MuRel en bref

Le projet Municipalité, religions et laïcité (MuRel) vise à contribuer aux débats actuels sur les politiques publiques concernant la diversité socio-religieuse du Québec et à éclairer les questions posées par plusieurs acteurs par l’analyse systématique et multifactorielle des enjeux municipaux suivants :

  • les changements dans le paysage religieux et les évolutions dans la neutralité ou la laïcité de l’État entendue au niveau local ;
  • la manière dont les citoyens, les groupes religieux et les personnes sans religion s’approprient et représentent l’espace urbain ;
  • prendre en compte la diversité religieuse dans les pratiques quotidiennes des communes ;
  • les modes de participation des groupes religieux à la vie urbaine.

Au cours des 20 dernières années, la recherche sur la diversité religieuse a fait des progrès significatifs au Québec sur les questions liées à l’accommodement raisonnable, à la laïcité ou à la neutralité et à la liberté de conscience et de religion. Mais les études à l’échelle communale sont restées fragmentées et restreintes, d’où les demandes répétées d’éclaircissements faites notamment par les employés municipaux de plusieurs services, groupes sociocommunautaires et religieux. Pour plus de détails sur le projet MuRel, vous pouvez visionner cette présentation enregistrée lors des travaux sur les municipalités et la diversité religieuse le Groupe d’experts pour le développement des cités interculturelles au Québec.

 
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