Les entreprises embauchent « plus que jamais »

Les entreprises embauchent « plus que jamais »
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Selon le STIQ, la plus forte augmentation du nombre d’employés a été observée parmi les entreprises comptant entre 100 et 500 employés. (Photo : gracieuseté de Métal Bernard)

Plus de pénurie de main d’œuvre ? Probablement pas à long terme, mais les entreprises du secteur manufacturier peuvent enfin souffler un peu, car elles embauchent « plus que jamais », selon le nouveau Baromètre industriel québécois de Sous-traitance Industrielle Québec (STIQ).

Rendue publique ce mercredi à Montréal, la 15e édition du baromètre révèle qu’une PME manufacturière sur deux (48 %) a enregistré une augmentation d’au moins 5 % de son nombre d’employés (nouveaux postes et postes vacants).

Il s’agit d’un record puisque STIQ sonde l’industrie chaque année depuis 15 ans. Selon l’organisation, la plus forte augmentation du nombre d’employés a été observée parmi les entreprises comptant entre 100 et 500 salariés.

Pour arriver à ce constat, le cabinet BIP recherche a réalisé une enquête téléphonique auprès de 500 PME, du 17 janvier au 13 février. La marge d’erreur est donc de plus ou moins 3,9%, 19 fois sur 20.

Le précédent pic remontait à 2019, un an avant la pandémie de COVID-19, lorsque 42 % des entreprises avaient vu leur nombre d’employés augmenter de plus de 5 %.

Pour mettre les choses en perspective, la moyenne sur la période 2011-2022 est de 35 %.

Malgré tout, l’année dernière, 12 % des PME manufacturières ont quand même perdu au moins 5 % de leurs effectifs. Il s’agit toutefois de la proportion la plus faible depuis 2019, en plus d’être inférieure à la moyenne de 15 % pour la période 2011-2022.

Travail : deux facteurs déterminants

Comment expliquer cette amélioration significative des effectifs ?

STIQ a pris le pouls de l’industrie en organisant un groupe de discussion avec des dirigeants d’entreprises. Les entrepreneurs identifient deux raisons principales.

Premièrement, le ralentissement de l’économie au Québec en 2023 et les mises à pied dans plusieurs grandes entreprises ont accru l’offre de chercheurs d’emploi. Les PME recevaient même des CV, ce qui était assez rare ces dernières années.

Deuxièmement, le recrutement de travailleurs étrangers a également été élevé l’année dernière. En 2020 et 2021, cela était impossible à cause de la pandémie. En 2022, les entreprises ont pris des mesures. Mais comme ce processus prend généralement de 12 à 18 mois (de la sélection à l’arrivée au Québec), l’embauche formelle a eu lieu en 2023.

Les témoignages de chefs d’entreprise – publiés dans le baromètre – permettent de mieux comprendre comment le marché du travail a considérablement évolué, malgré une situation économique plus difficile.

« Selon moi, il y a deux facteurs qui expliquent ce paradoxe. Le bassin de travailleurs étrangers a augmenté considérablement au cours des 12 derniers mois et le contexte économique est un peu plus calme ces jours-ci. Et, je pense que nos organisations étaient peut-être « en sous-effectif », donc notre chiffre d’affaires est resté similaire, mais il nous manquait 5-6 travailleurs pour compléter notre organigramme », explique Claude Fournier, PDG de Sixpro, une PME spécialisée dans le traitement de surface sur métal. les pièces.

Le recrutement de travailleurs étrangers a également été élevé l’année dernière. En 2020 et 2021, cela était impossible à cause de la pandémie. (Photo : gracieuseté de Clé en main industrielle Québec / CEMIQ)

Philippe Dufresne, président de Mecan-Hydro, une entreprise qui fabrique des équipements de gestion de l’eau pour barrages, se félicite du retour des chercheurs d’emploi.

« Chez nous, nous avons recommencé à recevoir des CV lorsque nous publions des postes et pas seulement dans l’industrie. Quand on affiche une offre d’emploi, maintenant on en reçoit une», raconte l’entrepreneur.

De son côté Geneviève Paré, copropriétaire-directrice du développement des affaires et du développement organisationnel chez AMEC Corporation, une PME qui fait de l’usinage et de l’assemblage de précision, souligne que son entreprise et d’autres organisations ont tout fait pour garder leurs gens et mieux les former.

« Je pense que les gens ont préféré garder leurs employés, même s’ils ont connu une baisse des ventes, parce qu’ils ont peur de perdre leur main d’œuvre avec tous les problèmes de pénurie, même si cela augmente leurs coûts. La pénurie nous a obligés à faire davantage de formation en interne, en structurant nos services de formation pour accroître les compétences de nos collaborateurs. Nous avons donc de meilleurs employés, plus performants, avec des équipements de plus en plus performants », explique-t-elle.

Amélioration significative de la rentabilité

Le fort retour des embauches n’est pas le seul élément surprenant de cette 15e édition du Baromètre industriel. On note également l’amélioration de la rentabilité des entreprises, malgré le ralentissement économique.

Ainsi, 40% des PME ont vu leur rentabilité augmenter l’an dernier par rapport à 2022. C’est pratiquement le double de la proportion des entreprises qui ont plutôt enregistré une baisse (22%).

Par ailleurs, la rentabilité reste stable ou équivalente pour un tiers des répondants (35%).

Les chefs d’entreprise attribuent leur amélioration de la rentabilité à plusieurs facteurs :

  • Amélioration de l’efficacité des processus et contrôle plus strict des coûts.
  • Une augmentation de la productivité ou de la performance des employés, notamment grâce à une meilleure formation et à des compétences accrues.
  • Le fait que les clients acceptent désormais la hausse des prix, alors qu’ils étaient réticents il y a deux ans.
  • Une relative stabilisation des chaînes d’approvisionnement en 2023, après des années de fortes turbulences et de fluctuations rapides des prix.
  • Une certaine purge des clients ou des contrats peu ou pas rentables.

Jacques Brochu, vice-président au développement des affaires chez Canmec Industriel, qui fabrique et usine des composantes mécaniques, résume sans doute bien ce qui s’est passé dans plusieurs entreprises.

« En termes de rentabilité des entreprises, je vois deux points. Lors des années difficiles de recrutement, nous avons dû accroître notre efficacité, être tout aussi opérationnels avec moins d’employés, ce qui augmente les marges. Ensuite, autre chose, je vous dirais qu’à partir de l’été, le marché a accepté des prix plus élevés », dit-il.

 
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