Qui est Julie Lavet (36 ans), la nouvelle lobbyiste en chef d’OpenAI pour l’Europe ? – .

Qui est Julie Lavet (36 ans), la nouvelle lobbyiste en chef d’OpenAI pour l’Europe ? – .
Qui est Julie Lavet (36 ans), la nouvelle lobbyiste en chef d’OpenAI pour l’Europe ? – .

28 ans. Matignon. Nous sommes alors en 2016 et Julie Lavet rejoint le cabinet de Manuel Valls, alors Premier ministre. Elle est sa conseillère parlementaire et fait partie de ces jeunes leaders qui n’attendent pas pour gravir patiemment l’organigramme. « Je sais être efficace, résoudre les problèmes et livrer. » C’est ce qui, selon elle, lui a plu lors de ses expériences précédant Matignon, toutes menées en politique, locale d’abord, dans la ville d’Argenteuil en banlieue parisienne, puis au niveau national, au ministère du Logement, et au Assemblée nationale où elle était assistante. A chaque fois, sous les dirigeants socialistes.

C’est donc un expert des arcanes de l’administration et de la politique qu’OpenAI vient de débaucher pour assurer ses affaires publiques au niveau européen. Depuis le 7 mai, la mission de ce diplômé de Sciences Po Lyon est d’établir une relation avec les différents gouvernements du Vieux Continent. « Nous souhaitons ouvrir un canal de conversation pour faire connaître nos points d’attention, affirmer notre opinion. » Un métier connu du grand public sous un seul nom : lobbyiste.

Pour les gouvernements, travailler avec des personnes ayant une expérience de la vie publique est précieux. Elle parle leur langue. Apple a été le premier à pressentir son potentiel en la recrutant en 2021 pour gérer ses relations publiques pour la France et le Benelux.

Faire de Paris la capitale européenne de l’IA

Chez OpenAI, elle devra également négocier d’éventuels partenariats avec des entreprises. Avant l’arrivée de Julie Lavet, l’association française « Alliance de - générale » a par exemple contacté OpenAI concernant l’utilisation d’articles dans le cadre de la formation ChatGPT. Objectif des titres de presse : obtenir une compensation financière. Sur ce dossier, nul doute que le nouveau manager devra prendre le relais.

Julie Lavet souhaitait que son poste soit basé à Paris, où elle vit sa vie. Une place qui convient à OpenAI compte tenu de la forte influence française déployée en Europe sur les sujets tech. Emmanuel Macron souhaiterait même faire de Paris le hub européen de l’intelligence artificielle (IA). En janvier 2025, c’est ici que se tiendra l’AI Summit. Et preuve de cette influence, c’est à Paris que Google a décidé d’ouvrir un centre dédié à l’IA, inauguré en février.

C’est la nouvelle révolution industrielle et je veux en faire partie de l’intérieur

A 36 ans, Julie Lavet devient donc la tête de pont européenne d’OpenAI, pour aider l’état-major californien à comprendre ce qui se passe en Europe. À ce poste, on pourrait lui reprocher de vendre ses connaissances en administration publique au secteur privé. Mais pour elle, ses deux carrières ne sont pas contradictoires. Et surtout, la politique ne doit pas être une bulle isolée du secteur privé. « C’est bien d’aller et venir entre les deux, c’est important que ceux qui sont au pouvoir comprennent comment on fonctionne. »

Et dans l’esprit d’une élue quasi politique, elle ajoute : « L’IA est un enjeu de compétitivité, pour la France et pour l’Europe ! » On se demande presque pour qui elle travaille. Par ailleurs, à la question de savoir si elle a l’impression d’agir toujours pour l’intérêt général, la réponse est sans équivoque : « Oui, et le public n’a pas l’exclusivité. »

Convaincu de travailler pour l’intérêt général

Avec cette nouvelle mission, elle dit continuer à se battre pour sa vision d’un monde meilleur et progressiste. « L’IA change tous les aspects de nos vies et affecte les problèmes sociétaux mondiaux. C’est la nouvelle révolution industrielle et je veux y participer de l’intérieur. »justifie Julie Lavet.

Il est vrai qu’elle n’a pas choisi n’importe quelle entreprise. Sur le site d’OpenAI, rubrique « notre structure », on peut lire que la division bénéficiaire de l’entreprise est entièrement contrôlée par une structure à but non lucratif dont le principal bénéficiaire est « l’humanité, pas les investisseurs ». Les bénéfices distribués aux actionnaires sont plafonnés : ils ne peuvent recevoir plus de 100 fois leur investissement initial. « Et parmi les objectifs d’OpenAI figurent de rendre l’IA générative accessible au plus grand nombre, de contribuer à améliorer la recherche médicale et de lutter contre le réchauffement climatique »conclut le nouveau lobbyiste.

 
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