La forêt boréale brûle il y a moins de 150 ans, selon une étude

La forêt boréale brûle il y a moins de 150 ans, selon une étude
La forêt boréale brûle il y a moins de 150 ans, selon une étude

Même si 2023 a été une année exceptionnelle pour les incendies de forêt, le taux de brûlage moyen des 10 dernières années se compare à celui des deux derniers siècles, selon une nouvelle étude à paraître prochainement par des chercheurs spécialisés en écologie forestière.

Bref, la forêt boréale brûle il y a moins de 150 ans, mais la tendance s’accentue encore ces dernières décennies en raison notamment du changement climatique.

L’équipe de chercheurs a étudié la cartographie forestière des années 1960 tout en analysant les cernes des arbres des décennies précédentes jusqu’aux années 1700 pour arriver à ces conclusions.

On s’est rendu compte que les zones brûlaient encore en dessous de ce qui existait déjà au 19ème siècle, notamment là où ça brûlait beaucoup.a expliqué le professeur d’écologie forestière à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) Victor Danneyrolles en entrevue à l’émission Lieu publicMardi après-midi.

Grâce aux traces laissées par les incendies sur les arbres au fil du temps, ils ont pu mieux connaître les zones brûlées avant l’arrivée de la cartographie dans les années 1960.

« Si nous avons un incendie qui traverse une forêt et touche ensuite un arbre, mais sans le tuer, il laissera une cicatrice, c’est-à-dire une zone carbonisée à l’intérieur du tronc. Donc, si on analyse la cicatrice à l’intérieur des anneaux, on peut savoir quand l’incendie a eu lieu à cet endroit. »

Si nous accumulons des centaines de ces données dans une zone, nous pouvons estimer les zones brûlées pour différentes périodes plus anciennes puisque les arbres peuvent vivre plusieurs siècles.a expliqué le spécialiste.

Lui et son équipe ont également collecté des données issues d’études antérieures réalisées dans les années 1980 et 1990 notamment pour construire leur nouvelle base de données.

Un climat propice aux incendies

Il va toutefois de soi que l’année 2023 a un peu changé la donne dans les conclusions de l’étude, puisqu’environ 4,5 millions d’hectares de forêt boréale ont brûlé au Québec selon la Société de protection des forêts contre les incendies (SOPFEU).

Nous sommes dans des zones brûlées qui ne sont pas loin du maximum de ce que nous avons observé au cours des derniers siècles […] Si l’on ajoute l’année 2023, on est encore dans des taux presque normaux pour ce qui s’est passé depuis le XIXème siècle.» mentionne Victor Danneyrolles.

Le chercheur a aussi une hypothèse pour expliquer pourquoi le XIXème siècle a été une période propice aux incendies de forêts.

L’hypothèse principale est que l’on sait que le climat était plus froid à cette époque. Nous étions dans une période appelée le Petit Âge Glaciaire, mais nous pensons que le climat était aussi plus sec, avec par exemple moins de neige en hiver, des étés relativement secs, ce qui faisait que nous avions des climats relativement favorables. feu.

Environ 4,5 millions d’hectares de forêt boréale ont brûlé au Québec en 2023, selon la SOPFEU. (Photo d’archives)

Photo : SOPFEU

Il fait une comparaison avec le climat actuel et constate néanmoins que les zones brûlées augmentent.

Force est de constater que toutes les conditions climatiques propices aux incendies sont de plus en plus fréquentes : températures de plus en plus élevées dès le début de la saison, fonte précoce des neiges, parfois manque de précipitations certaines années. Donc, tout cela est un cocktail pour les grands incendies. Et c’est clairement en hausse.argumentait Victor Danneyrolles.

Mais ce qui est sûr, c’est que l’augmentation des incendies ressemble davantage à un retour aux zones brûlées comme au XIXe siècle et non à quelque chose qui n’a jamais été vu dans les forêts.

Sur ce point, le professeur d’écologie forestière évoque la résilience de la forêt.

S’il était capable de survivre à des taux de brûlage aussi élevés que ceux du 19ème siècle, cela signifie qu’il devrait être capable d’en prendre un peu plus., il ajouta. Cependant, Victor Danneyrolles précise que les arbres sont soumis à plus de perturbations qu’à l’époque en raison de l’industrie forestière.

 
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