Fugitif retrouvé, rencontre avec la police… ce que l’on sait de l’évasion qui a eu lieu au CRA de Sète

Fugitif retrouvé, rencontre avec la police… ce que l’on sait de l’évasion qui a eu lieu au CRA de Sète
Fugitif retrouvé, rencontre avec la police… ce que l’on sait de l’évasion qui a eu lieu au CRA de Sète

Par

Léa Pippinato

Publié le

13 mai 2024 à 18h29

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Dix étrangers en situation irrégulière retenus au Centre de rétention administrative (CRA) de Sète se sont évadés dans la nuit de vendredi à samedi, mais l’un d’eux a été retrouvé samedi, apprend-on. ce dimanche 12 mai, auprès de la préfecture. Les dix personnes ont pris la fuite par les toits et les greniers. Ensuite, ils ont sauté sur le toit du greffe pour rejoindre la rue.


Suite à cet événement, une réunion aura lieu cette semaine avec la « direction interministérielle de la police nationale » afin d’étudier les voies et moyens pour mieux sécuriser cet espace de détention », a précisé la préfecture. Sécuriser le CRA de Sète est « essentiel, puisqu’il fait partie des priorités de lutte contre l’immigration irrégulière » qui « nécessite des expulsions efficaces » à la frontière, a insisté l’institution.

«Nous n’avons pas d’établissements adaptés»

Cette évasion n’est pas un événement isolé. Sept personnes se sont évadées du centre de rétention administrative de Lille-Lesquin ce vendredi 10 mai. En avril dernier, dix étrangers en situation irrégulière se sont évadés du CRA d’Oissel, en Seine-Maritime. Il y a un an, une évasion avait déjà eu lieu au CRA de Sète, avec la fuite de huit personnes. Une situation qui démontre, selon les syndicats, le manque de moyens alloués à ces établissements. « Au CRA de Sète, malgré la vigilance et le travail sérieux de nos confrères, c’est à l’image de ce qui se passe dans les autres ARC en France. Les bâtiments sont vétustes, les détenus peuvent y rester jusqu’à 90 jours. La situation est particulièrement tendue», déclare Bruno Bartocetti, secrétaire national délégué de la zone Unité sud.

« Au CRA de Sète, malgré la vigilance et le travail sérieux de nos confrères, c’est à l’image de ce qui se passe dans les autres ARC en France. Les bâtiments sont vétustes, les personnes détenues peuvent y rester jusqu’à 90 jours. La situation est particulièrement tendue.

Bruno BartocettiSecrétaire national délégué de l’Unité zone sud

Selon lui, les CRA actuels ne sont pas conçus pour accueillir certaines catégories de détenus : « Dans le passé, les étrangers en situation irrégulière étaient principalement saisis sur des chantiers ou sur des terrains agricoles, sans être offensants. Les agressions proviennent souvent de ceux qui se trouvent sur le territoire et sont connus pour diverses délinquances, notamment dans le domaine de la drogue. Nous n’avons pas d’établissements adaptés »

Un manque de ressources humaines

Le syndicaliste demande également plus d’effectifs. « Construire de nouveaux CRA est une bonne solution, mais il faudrait déjà renforcer la sécurité dans les établissements existants, sans oublier le manque de personnel pour surveiller. Contrairement à la prison, les détenus sont libres de circuler, de recevoir des personnes, des associations et des avocats. C’est très compliqué à gérer au quotidien», déplore Bruno Bartocetti.

Le nombre de migrants enfermés dans les CRA a augmenté en 2023, tout comme la durée moyenne (28,5 jours) passées dans ces établissements en proie à une violence accrue, ont dénoncé, dans un rapport fin avril, des associations de défense des migrants, dont La Cimade et France terre d’Asile. Selon ce rapport annuel, 46.955 personnes ont été enfermées dans les CRA en 2023, contre 43.565 en 2022.

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