arrestation musclée de l’avocate Sonia Dahmani, un direct de France 24 interrompu

arrestation musclée de l’avocate Sonia Dahmani, un direct de France 24 interrompu
arrestation musclée de l’avocate Sonia Dahmani, un direct de France 24 interrompu

Les forces de sécurité ont pris d’assaut la Maison de l’Avocat à Tunis samedi soir et ont arrêté Sonia Dahmani, avocate et chroniqueuse après avoir tenu des propos sarcastiques sur la situation dans le pays. Une scène filmée par la chaîne France 24, qui a été contrainte d’arrêter sa diffusion en direct.

Un avocat tunisien arrêté en direct à la télévision… Sonia Dahmani a participé mardi dernier à un débat sur une chaîne de télévision privée sur un sujet sensible en Tunisie : les violences régulières exercées contre les migrants africains.

Le jeune avocat avait ironiquement demandé « de quel pays extraordinaire parlons-nous ? », en réponse à un autre chroniqueur qui venait d’affirmer que des migrants venus de plusieurs pays d’Afrique subsaharienne cherchaient à s’installer en Tunisie.

Une simple pensée qui lui vaut une convocation à la police. Sonia Dahmani a jugé que c’était illégal et injustifié. Elle ne s’est pas présentée à cette convocation et s’est réfugiée à la Maison de l’Avocat à Tunis.

Plus de 60 personnes arrêtées depuis un an et demi

Samedi 11 mai au matin, une dizaine de policiers en civil, masqués, sont arrivés pour interpeller l’avocat. Cette arrestation a eu lieu en direct puisque la correspondante de France 24 en Tunisie s’exprimait à l’antenne lorsque, sous ses yeux et au milieu des cris de protestation d’autres avocats, Sonia Dahmani a été interpellée.

Et, quelques minutes plus tard, les mêmes policiers ont interrompu ce direct en interpellant le caméraman de France 24. Le caméraman de France 24 a finalement été rapidement libéré. Mais cet épisode a contribué à mettre en lumière ce qui se passe en Tunisie.

Des dizaines d’intellectuels, d’écrivains et de journalistes sont régulièrement arrêtés et poursuivis pour diffusion de fausses nouvelles. Le président Kaïs Saïed ne tolère aucune critique. Il s’est octroyé les pleins pouvoirs en juillet 2021. En un an et demi, plus de 60 personnes, dont des journalistes, des avocats et des opposants, ont été poursuivies sur la base de ce texte, selon le Syndicat national des journalistes.

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