CAS. Patrice Alègre, Guy Georges, Patrick Tissier… que faire de ces tueurs en série aux portes de la liberté ? – .

CAS. Patrice Alègre, Guy Georges, Patrick Tissier… que faire de ces tueurs en série aux portes de la liberté ? – .
CAS. Patrice Alègre, Guy Georges, Patrick Tissier… que faire de ces tueurs en série aux portes de la liberté ? – .

l’essentiel
Les années 90 sont marquées par l’arrestation de nombreux tueurs en série en France. Trente ans plus tard et au terme de leur peine de sûreté, les Patrice Alègre et autres Patrick Tissier, « l’Ogre de Perpignan », peuvent demander une libération conditionnelle. La justice s’y est toujours opposée. Jusqu’a quand ?

Guy Georges, Patrice Alègre, Patrick Tissier, les frères Jourdain, des noms associés aux pires crimes en série commis dans les années 90 en France. Plus de trente ans après leur arrestation, ces psychopathes condamnés à la perpétuité ont la possibilité, depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, de demander une libération conditionnelle. Même en cas de réclusion à perpétuité incompressible (peine la plus lourde du Code pénal français), un condamné peut, après 30 ans de prison, demander une réduction de peine. Une disposition prise par la France pour se conformer aux traités internationaux et qui fait suite à la « vraie » peine à perpétuité (illimitée), empêchant tout aménagement de peine, introduite en 1994 par le gouvernement Balladur.

Depuis huit mois, Patrick Tissier est donc éligible à la libération conditionnelle. Surnommé « L’Ogre de Perpignan », cet homme de 72 ans, désormais incarcéré à la prison centrale d’Ensisheim (Bas-Rhin), est en effet libre depuis fin septembre 2023, après 30 ans de prison. Au grand désarroi des familles des victimes qui ont alerté les pouvoirs publics craignant une éventuelle sortie de prison de ce récidiviste, jugée « inconcevable » à leurs yeux. La justice reste confrontée au même dilemme : le devoir de protéger la société et la nécessité de maintenir, pour chaque détenu, l’espoir d’une liberté (semi) retrouvée.

Course sanguinaire

Tissier défraye la chronique le 13 septembre 1993, à Perpignan, après le viol et le meurtre de Karine Volckaert, 8 ans, dont le corps a été retrouvé au fond d’un puits dans l’Aude. Il avait déjà tué et agressé sexuellement deux autres femmes. Incarcéré depuis fin septembre 1993, il a été condamné à perpétuité (30 ans de sûreté) en janvier 1998. Son parcours glaçant débute en 1971 avec le viol et le meurtre de sa petite amie, dans le Cher. Crime pour lequel il a été condamné à 20 ans de prison, sous prétexte d’être minoritaire puisqu’il avait moins de 21 ans à l’époque.

Lors d’un congé, il récidive onze ans plus tard, à Toulouse. En décembre 1982, il agresse et viole une jeune secrétaire dans sa voiture avant de prendre la fuite. La course se termine un an plus tard, à Nice. Jugé, il a été condamné à 10 ans de prison pour viol et évasion. Libéré en janvier 1992, il sort dehors à Perpignan et rejoint des membres de la communauté mormone qui ne connaissent rien de son passé criminel. Il cède à de nouveaux élans, en septembre 1993, sur la petite Karine.

Barbarie des frères Jourdain

Trente ans plus tard, la justice refuse de le laisser sortir. L’examen de son dossier est soumis à des expertises médicales, psychologiques et psychiatriques, sollicitées par le juge de l’application des peines. Ces spécialistes évaluent à plusieurs reprises le niveau de dangerosité et le risque de récidive. C’est le tribunal de l’application des peines qui, en fin de compte, décide, sur base du dossier, d’une éventuelle modification de la peine (libération sous bracelet électronique par exemple). Perversité, troubles addictifs ou psychopathie, ces « monstres », en quête de rédemption, en ont-ils fini avec leurs vieux démons ? « Dans ce type de dossier, une évaluation multidisciplinaire peut durer plusieurs semaines », précise Philippe Laflaquière, ancien vice-président de l’application des peines au tribunal judiciaire de Toulouse (lire par ailleurs).

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Depuis 2019, le tueur en série Patrice Alègre, 56 ans, est également candidat à la libération. Arrêté en septembre 1997 (cinq meurtres, une tentative de meurtre et six viols), il a été condamné à la réclusion à perpétuité avec 22 ans de sûreté. Il a finalement renoncé à ses demandes de libération du centre d’Ensisheim où il est incarcéré, avec Guy Georges (libéré depuis 2020). « Dans les prisons centrales de haute sécurité, ce type de profils est très encadré, commente une Source pénitentiaire. Ces prisonniers ne restent pas plus d’1h30 sans rien faire. Ils travaillent, bénéficient de formations diverses et leur emploi du temps est chronométré. Chez certains, cela crée une sorte d’habituation qui ne les incite pas à quitter ce milieu.

Salah Abdeslam, le dernier à écoper de la peine maximale

Le cas de Jean-Michel Jourdain, détenu à la centrale de Vendin-le-Vieil, près de Lens, a également été récemment examiné par des experts. Définitivement condamné en 2002 pour des faits commis en 1997 (perpétuité, 22 ans de sûreté), il s’est vu refuser sa demande d’aménagement de peine. Lui et son frère (décédé en prison) avaient violé et tué quatre jeunes filles, âgées de 16 à 20 ans, dans le Pas-de-Calais, avant d’enterrer leurs restes.

Aucun bourreau condamné à la perpétuité n’a jusqu’à présent bénéficié d’une libération conditionnelle, après 30 ans de prison. L’ampleur du traumatisme de ces crimes et les faibles garanties de réinsertion, sur le plan social et médical, constituent les principaux obstacles à toute sortie. Le terroriste islamiste Salah Abdeslam, seul membre vivant du commando du 13 novembre 2015 à Paris, est le dernier en France à avoir écopé de la peine maximale.

 
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