Jeu sexuel mortel ou meurtre ? Le mari sera jugé une troisième fois

Jeu sexuel mortel ou meurtre ? Le mari sera jugé une troisième fois
Jeu sexuel mortel ou meurtre ? Le mari sera jugé une troisième fois

La Cour de justice du canton de Genève devra à nouveau se saisir de l’affaire dite du stylo. Dans un arrêt rendu public vendredi, le Tribunal fédéral (TF) a donné raison au Ministère public genevois qui estime que le jugement rendu en appel dans cette affaire est arbitraire.

Dans son arrêt, le Tribunal fédéral a donné raison au Ministère public genevois.

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L’affaire concerne un notable suisse, aujourd’hui âgé de 74 ans, accusé par le parquet de Genève d’avoir tué sa femme en février 2016 à Genève, en l’étouffant avec un coussin ou un édredon. Une plume de 4,5 centimètres a été retrouvée dans les bronches de la malheureuse lors de l’autopsie.

Le septuagénaire a donné deux versions des faits. Pendant sept ans, il a prétendu que sa femme était décédée de causes naturelles, victime d’un accident vasculaire cérébral. Un matin, il l’aurait découverte sur le sol de la salle de bain de leur domicile. Il a ensuite ramené le corps dans le lit conjugal avant l’arrivée des secours.

Une thèse qui n’a pas convaincu le tribunal correctionnel en première instance. En mai 2022, le septuagénaire a été condamné à 13 ans de prison pour meurtre. Les juges se sont notamment appuyés sur les experts du Centre universitaire de médecine légale romand qui ont écarté une mort naturelle et penché pour l’étouffement.

Jeu sexuel impliquant une asphyxie

Devant l’instance d’appel, en mars 2023, le septuagénaire avance une autre version. Selon lui, sa femme est décédée à cause d’un jeu sexuel extrême par asphyxie qui a mal tourné. Il aurait caché ce fait par modestie et aurait eu le courage d’en parler après avoir entendu la bénédiction de Noël du Pape en 2022.

La Chambre criminelle d’appel et de révision de Genève a cru aux nouvelles déclarations du mari. En mars 2023, elle le condamne pour homicide par négligence à 3 ans de prison avec sursis partiel. Le ministère public, convaincu qu’il s’agissait d’un meurtre, a contacté le TF, soulignant le caractère arbitraire du jugement rendu en appel.

Dans son arrêt, le Tribunal fédéral a donné raison au Ministère public genevois. Il estime que l’affaire doit bel et bien être renvoyée devant le tribunal cantonal pour une nouvelle décision, avec, cette fois, une analyse minutieuse des preuves recueillies lors de l’enquête et des éléments apportés par l’autopsie.

Le tribunal cantonal tentera notamment de déterminer la date du dernier rapport sexuel des époux et de prendre en compte les déclarations des experts judiciaires qui estiment que la victime aurait dû réagir lors de l’étouffement et tousser en suçant la plume, alors que le La septuagénaire affirme qu’elle n’a pas bougé.

Enfin, le TF estime que le tribunal cantonal devra tenter d’expliquer “un certain nombre de blessures liées aux événements litigieux”. La victime présentait des contusions sur les bras et des écorchures sur la peau du visage. Le sang du septuagénaire a également été retrouvé sous les ongles de son épouse.

mf, ats

 
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