Ces lignes rouges que la démocratie peine à gérer

Ces lignes rouges que la démocratie peine à gérer
Ces lignes rouges que la démocratie peine à gérer

Ces lignes rouges que la démocratie peine à gérer

Jacques Brochon – Conseiller en gestion retraité

Publié aujourd’hui à 6h46

Aucun doute : la démocratie est le système le plus difficile jamais inventé. En résumé, cela consiste à apporter des réponses humaines et responsables aux instincts primitifs (mais éternels) de nous, Homo sapiens. Il est tellement plus facile et plus gratifiant (pour ceux qui sont au pouvoir) de gouverner par la force. L’adversaire peut rapidement être neutralisé ou éliminé.

La démocratie veut certes légiférer et réglementer, mais elle veut aussi tendre vers la justice et l’égalité des chances. Plutôt que d’ostraciser, de licencier, de punir ou de briser, les démocrates veulent expliquer, former et prévenir. On voit la proportion de peines avec sursis dans nos pays.

« Les dirigeants considèrent la démocratie comme un sport de bisounours. »

Une intention louable qui peut vite devenir contre-productive. Parce qu’il y a des gens qui ne veulent pas prendre de seconde chance, et aussi des dirigeants qui considèrent la démocratie comme un sport de bisounours.

Bien sûr, les démocraties ont une colonne vertébrale et savent aussi se serrer les coudes face aux excès des dictateurs ou des profiteurs en tout genre. Mais à leur manière, ce qui exclut a priori un conflit ouvert. On fixe une ligne rouge en disant que si elle est dépassée, « on verra ce qu’on verra ». Un peu comme ces parents qui disent à leur enfant que s’il continue, il recevra une fessée… qui ne vient jamais, ce qui l’autorise à avoir un comportement encore plus désagréable.

Les dirigeants démocrates ont une fâcheuse tendance à se comporter comme des papas : expliquer, moraliser, penser que les choses vont s’arranger. En projetant leurs propres valeurs, ils pensent que l’adversaire a un bon bagage. Mais il se projette aussi et devient de plus en plus certain de la faiblesse de ces moralisateurs.

Un cas d’école : la ligne rouge fixée par Obama à el-Assad en Syrie : pas d’armes chimiques, sinon… Il est prouvé que le dictateur syrien les a largement utilisées contre son propre peuple. Réaction d’Obama : aucune.

Pour le spectateur, Poutine en est la preuve définitive : l’Occident (totalement dépendant des États-Unis) est un bisounour. Il peut alors lâcher prise : un petit coup non loin de chez lui (Géorgie) : ça marche. Suivent la Syrie, l’Afrique avec Wagner, la Crimée. Aucune réaction des Occidentaux. Il est temps pour lui de se mettre au travail : l’Ukraine, berceau de l’ancienne Russie, grenier de l’Europe.

Des générations traumatisées

Bilan du manque de courage d’Obama (caché sous le masque de démocrate) et de notre aveuglement volontaire : des centaines de milliers de morts, une génération d’enfants traumatisés pour qui la violence est une banalité qu’ils risquent d’exporter dans des pays où ils seront contraints d’émigrer survivre.

La démocratie reste le système le plus intelligent. Mais le renseignement, c’est avant tout comprendre ce qui se passe et prendre les mesures qui s’imposent. En mobilisant des moyens adéquats pour ceux qui n’ont ni valeurs ni limites. Plus un régime autocratique est ancien, plus il devient vertical, avec la même solidité que celui d’un château de cartes où l’on sait que le point de rupture n’est pas à la base mais au sommet.

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