les moments cultes de sa carrière en vidéos

L’annonce a été confirmée par sa fille Cécile : l’animateur Bernard Pivot est décédé le 6 mai 2024 à Neuilly-sur-Seine, près de Paris, à l’âge de 89 ans. Journaliste de formation, il a marqué le grand public avec des émissions comme Apostrophes et Bouillon de culture, qui l’ont maintenu sur le petit écran des années 1970 aux années 2000. Des programmes qui ont offert aux téléspectateurs de grands moments télévisuels, dont en voici une sélection.

1966 : Bernard Pivot arrive sur le petit écran

Bernard Pivot doit sa première apparition à la télévision à ses chroniques écrites dans Le Figaro. En 1966, sa chronique attire l’attention du jury qui décide de lui décerner un prix littéraire, pour le récompenser de son style d’écriture. L’événement, filmé par les caméras, montre le journaliste recevant la prime qui allait avec, à savoir… du champagne !

1973 : « Ouvrez les guillemets », sa première émission télévisée

Après quelques années encore, Bernard Pivot arrive enfin sur le petit écran, avec “Ouvrez les guillemets”. Comme il l’explique dans une vidéo d’époque archivée par l’INA, il ne s’agissait pas d’ouvrir sa carrière à la télévision (même si c’était effectivement le cas) mais d’être ouvert aux livres et aux idées. Il débutera ainsi sa série de programmes littéraires dont il est devenu spécialiste. Et dès le début, cela s’est accompagné de moments assez drôles. Ce fut par exemple le cas lorsqu’il accueillit un noble russe en exil en Belgique et en France qui lui demanda de lire devant la caméra une lettre adressée au gouvernement soviétique, au sujet d’un mystérieux trésor.

1978 : Charles Bukowski, ivre sur le tournage d'”Apostrophes”

Dans la continuité d’« Ouvrez les guillemets », Bernard Pivot lance en 1975 un nouveau programme : « Apostrophes ». Les rencontres littéraires qu’il y organisait provoquèrent également des scènes insolites. En témoigne un extrait de 1978, qui montre l’écrivain américain d’origine allemande, Charles Bukowski, complètement ivre. Il doit être évacué du plateau par ses collaborateurs pour que le spectacle puisse continuer normalement. “Il a apporté ses propres bouteilles», a fait remarquer le présentateur.

1978 : L’amour de Bernard Pivot pour le Beaujolais

Depuis le début de sa carrière télévisuelle, Bernard Pivot ne s’en cache pas : il adore le vin du Beaujolais. Il l’a par exemple confié à une caméra de télévision en 1978. Il a récidivé en 1985, comme en témoigne une vidéo repérée par l’INA. Il faut dire que sa famille est originaire du petit village de Quincié-en-Beaujolais, où il a fait ses études. En 2009, il crée le Comité de Défense du Beaujolais et une cave de sa localité produit une cuvée portant son nom.

1986 : l’affrontement Gainsbourg-Béart aux « Apostrophes »

Durant les 15 années de diffusion d’« Apostrophes », Bernard Pivot a eu l’occasion d’être témoin de quelques affrontements. Parmi ceux-ci, on retrouve entre Serge Gainsbourg et Guy Béart. Au lendemain de Noël, le 26 décembre 1986, le premier déclara que la chanson était un « art mineur ». Evidemment, Guy Béart n’est pas d’accord, ce qui lui vaut d’être traité de « blaireau » par son adversaire du jour.
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1989 : la dictée de Bernard Pivot

Dans les années 1980 et 1990, Bernard Pivot se fait également connaître pour ses célèbres dictées. Des exercices de français réputés extrêmement difficiles, auxquels doivent se conformer les candidats, ainsi que les téléspectateurs s’ils veulent se mettre au défi. Les internautes peuvent, aujourd’hui, essayer de voir quelles sont les compétences en faisant le même test.
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1990 : séquence controversée de Gabriel Matzneff dans « Apostrophes »

Parmi les dernières séquences des « Apostrophes », une fut particulièrement controversée. Bernard Pivot invite alors Gabriel Matzneff sur son plateau. Ce dernier était alors déjà connu pour son attirance sexuelle pour les enfants. La vague #MeToo est alors loin d’arriver, et le présentateur se permet de l’interroger sur le sujet. En 2019, une de ses victimes, Vanessa Springora, âgée de 14-15 ans au moment des viols qu’elle a subis, avait dénoncé l’écrivain dans son livre « Le Consentement ». Dans la foulée, Bernard Pivot déclarera «regretter” de “ne pas avoir eu les mots justes” en 1990. “Après Mai 68 dont le slogan majeur était « il est interdit d’interdire », […] le monde du livre et de la littérature se jugeait au-dessus des lois et de la morale», écrit-il dans une lettre publiée par le Journal du Dimanche.
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1990 : le dernier des « Apostophes »

Comme toutes les bonnes choses ont une fin, « Apostrophes » ferme la parenthèse en 1990. Pour l’occasion, une caméra Antenne 2 le suit, afin de voir comment il a conçu pour lui ce tournage évidemment très symbolique.

1992 : une menace de suicide sur « Bouillon de culture »

Après « Apostrophes », Bernard Pivot enchaîne en 1991 avec « Bouillon de culture ». Un an après le début de l’émission, l’émission, diffusée en direct, est interrompue par un jeune homme qui menace de se suicider avec un couteau. Personne ne veut risquer que quelqu’un se suicide en direct, alors Bernard Pivot essaie de lui parler. L’homme explique alors son action en voulant faire la lumière sur la condition étudiante, et notamment sur les risques que fait peser une proposition de loi de l’époque. Au bout de plusieurs minutes, il finira par quitter le plateau tout seul, remettant son couteau à l’animateur.
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2001 : Bernard Pivot répond à son propre questionnaire dans le dernier de « Bouillon de culture »

Alors que le monde vient d’entrer dans le 21e siècle, Bernard Pivot décide de tourner le dernier numéro de « Bouillon de culture ». Pour l’occasion, il répond ensuite à ses 10 questions favorites, auxquelles ses nombreux invités s’étaient soumis avant lui.
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2014-2019 : à la tête de l’académie Goncourt

Dans les années 2000, Bernard Pivot disparaît peu à peu du petit écran. Il anime l’émission « Double je », puis devient de plus en plus rare. Parallèlement, en 2004, il est élu à l’académie Goncourt. Dix ans plus tard, en 2014, il devient président de la même académie. Un immense honneur pour lui. Il restera à ce poste jusqu’en 2019, quelques jours avant que l’INA ne diffuse la très controversée séquence « Apostrophes » avec Gabriel Matzneff. Il a ensuite expliqué qu’il souhaitait prendre du temps pour lui, même s’il était conscient qu’il arrivait en fin de vie. Finalement, il vécut encore cinq ans, restant membre honoraire de l’Académie Goncourt.

 
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