« On peut avoir le club dans nos veines, même si on ne le supporte que depuis 4 ans »

« On peut avoir le club dans nos veines, même si on ne le supporte que depuis 4 ans »
« On peut avoir le club dans nos veines, même si on ne le supporte que depuis 4 ans »

Pour les partisans unionistes, affronter leur voisin bruxellois est devenu une habitude. Mais l’affiche de ce dimanche est certainement le choc le plus important de ces dernières années, compte tenu de la position des deux clubs au classement.

Le match est également redouté par certains supporters qui craignent que certains hooligans d’Anderlecht ne s’infiltrent dans le camp unioniste. La police est en alerte et nous en avons payé le prix.

« Qu’est-ce que tu fais ici ? » : la police en alerte

Postés devant le « Club House », une bière à la main et sans aucun signe distinctif pouvant laisser penser à un certain soutien à l’USG, nous voyons deux policiers en civil venir à notre rencontre. “Bonjour, c’est la police, pouvons-nous savoir ce que vous faites ici ?” On leur explique que nous sommes simplement de la presse, ce à quoi les deux policiers rétorquent : “Ah d’accord, c’est parce que certains fans t’ont trouvé suspect et pensaient que tu étais d’Anderlecht. Mais ne vous inquiétez pas, et en plus, vous n’avez pas l’air de personnes suspectes.

Trois heures avant le match, les premiers supporters de l’Union sont arrivés devant Duden Park. ©Mercier

Il est 17 heures, plus d’une heure avant le coup d’envoi, les abords du Parc Duden sont déjà bondés. Les supporters se retrouvent devant l’un ou l’autre bar pour boire un verre avec leurs amis tout en discutant de la semaine qu’ils viennent de vivre. Quelques « Union Bhoys » ont lancé des chants à la gloire du club mais les nombreux supporters à proximité ont préféré réserver leur voix pour la rencontre.

Nous en profitons pour discuter avec eux. Souvent considérés comme des « nouveaux supporters » par les clubs adverses, certains unionistes ne s’en cachent pas. “Je suis venu voir mon premier match il y a 4 ans”, nous dit Gaspard. “Depuis, je ne me vois pas rater un seul match à domicile. C’est mon rendez-vous du week-end tous les 15 jours..

Lorsqu’on lui demande ce que l’Union signifiait pour lui avant cette toute première fois, Gaspard nous répond honnêtement qu’il savait simplement que «c’était un club historique en Belgique » et que celui-ci”jouait dans les divisions inférieures à l’époque”. “Mais cela ne me dérange pas d’être considéré comme un nouveau fan du club. Beaucoup de choses ont changé à l’Union et une nouvelle vague de supporters, dont je fais partie, est arrivée et fait beaucoup de bien au football belge. Si le club tourne mal un jour, je sais que je serai toujours là aussi car j’ai vraiment l’âme du club dans ma peau maintenant. En quelques années, grâce aux différentes réussites du club, j’ai vécu des moments incroyables. Avec mes amis, nous avons traversé l’Europe pour aller les voir jouer en Europa ou en Conference League. Ce sont des souvenirs qui resteront à jamais gravés pour moi et que nous espérons répéter compte tenu de la bonne dynamique du club.

La relocalisation du syndicat devient essentielle pour les supporters

A 18 heures, les supporters se pressent devant les différentes entrées du stade. Dans la file d’attente, un étudiant en Master 2 journalisme nous demande si nous savons répondre à un questionnaire pour ses études. Le sujet concerne le déménagement du stade sur le site de Bempt, à 1,5km du Parc Duden. En observant l’affluence devant les différentes entrées du stade, qui sont toutes côte à côte, on se dit qu’il serait en effet préférable que le club déménage dans un autre espace pour accueillir les supporters de manière plus organisée. qui sont de plus en plus nombreux à chaque match.

Aller voir l’Union devient même compliqué car les matches affichent quasiment tous complets. Un stade aux normes européennes avec une plus grande capacité semble donc indispensable pour l’Union Saint-Gilloise, si le club veut confirmer sa relance, quitte à ne plus jouer dans ce stade qui sent bon le football local. années 60.

Direction la tribune Est, où les supporters les plus fervents sont rassemblés, debout, sur toute la longueur du terrain. À moins d’une demi-heure du coup d’envoi, c’est toujours le calme dans les allées du stade Joseph Marien. Tout le monde boit sa bière tranquillement et le jeu des pronostics est sur toutes les lèvres.

La tribune Est de l’Union Saint-Gilloise où sont rassemblées des milliers de personnes. ©Mercier

Personne ne semble avoir prédit le score final de cette rencontre (0-0), tout le monde voyant l’Union gagner à un ou deux buts d’écart. Les supporters sont confiants et le voisin bruxellois ne fait pas peur aux unionistes. “Côté football, Anderlecht est très faible ! Il n’y a pas de photo entre Riemer et Blessin tactiquement”indique un de nos voisins de stand à ses amis, qui sont tous d’accord avec l’avis de cet homme habillé aux couleurs de l’Union de la tête aux pieds.

A 18h20, les « Capos » prennent place, mégaphones à la main, la tête tournée vers le public. Les drapeaux flottent et les premiers chants sont chantés. Pendant 10 minutes, on aura droit à un « Chalalalalala go Union », assez répétitif il faut le dire, mais qui aura eu le mérite de réveiller tous les fans du match.

Du Germinal Beerschot à l’Union Saint-Gilloise grâce à la VUB !

L’occasion pour nous d’aller au bar avant le début du match. Nous croisons alors trois néerlandophones qui s’approchent de nous, parlant français. “Comme le dit la chanson, on reste au bar !” Nous apprenons à les connaître et profitons de l’occasion pour découvrir d’où leur vient leur passion pour l’Union. “A la base, nous venons d’Anvers et nous soutenons Germinal Beerschot. Mais depuis que nous avons commencé nos études à la VUB il y a deux ans, nous venons voir l’Union. Nous avons toujours été contre Anvers et Anderlecht, donc soutenir l’Union était pour nous le bon compromis (rires). La saison prochaine, il faudra accompagner deux clubs dans un même championnat avec la montée du GBA en D1A, c’est difficile à imaginer mais ce sera comme ça !.

La réunion commence. Les supporters haussent le ton et les différents chants se succèdent. Le fameux « Bruxelles, ma ville, je t’aime… » est suivi à l’unisson par toutes les tribunes syndicalistes. Beaucoup d’enfants le chantent avec une énergie qui brise leurs cordes vocales. Le moment est agréable à voir et représente l’esprit de famille qui règne dans les allées.

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L’odeur de certaines substances illicites rappelle aussi que dans certains stands, tout est permis et rien ne dérange, sauf peut-être la vision de ces deux quinquagénaires occupés à « sniffer » une ligne de cocaïne dans les toilettes, peu avant midi. -temps. Une image que les petits garçons, faisant la queue pour uriner, n’avaient pas besoin de voir.

C’est la rupture entre l’Union et Anderlecht. L’occasion pour nous de partir à la recherche d’un supporter « historique » du club. Nous tombons très vite sur le phénomène que nous souhaitions retrouver. Marc a 65 ans. L’Union Saint-Gilloise coule dans ses veines depuis qu’il est en âge de marcher. “Ce serait mentir si je disais que je n’ai raté aucun match depuis que j’ai commencé à soutenir le club. Pendant longtemps, je venais occasionnellement au stade parce que j’avais d’autres préoccupations. Mais depuis que je suis à la retraite, j’ai du temps pour tout, y compris soutenir le Syndicat en personne et non en télétravail comme je le dis souvent. ».

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Quand on lui parle de la nouvelle ferveur qui s’est emparée de l’Union, Marc nous interrompt. “Avez-vous vu les gens dans ce stand ? Nous étions 300 il y a 10 ans, maintenant nous sommes des milliers ! C’est agréable à voir car tout le monde est sympa. L’esprit bon enfant règne toujours lorsque l’on vient assister à un match au Parc Duden.

« Il ne faut pas non plus tout laisser passer !

Si notre interlocuteur apprécie toute l’effervescence autour de son club favori, il soulève néanmoins un point qui l’exaspère. “Je suis rentré chez moi en colère comme je l’ai rarement été depuis 65 ans, il y a 3 semaines. Nous avons enchaîné les défaites et certains supporters ont applaudi les joueurs en leur disant que ce n’était pas grave ! Bon dieu ! Je criais qu’il était temps de se ressaisir si nous voulions le titre ! Il ne faut pas non plus tout lâcher, mettre la pression, c’est positif aussi !.

Nous remercions Marc pour son témoignage symbolique et laissons-le dire « menton » à son ami espagnol. “Je ne parle pas espagnol et il ne parle pas français. Mais on peut se comprendre quand on a une bière à la main »nous a-t-il dit en riant.

La Commission européenne, vecteur de partisans unionistes

L’Union est également un public multiculturel. En vous promenant dans la tribune Est, vous pourrez entendre différentes langues se mélanger dans les conversations. De nombreuses personnes travaillant à la Commission européenne considèrent que l’Union est le club à soutenir à Bruxelles. Qu’ils soient italiens, espagnols ou allemands, ils réunissent tous leur passion du football au Parc Duden, comme si le jaune et le bleu étaient une évidence pour les expatriés qui arrivent dans notre capitale.

Le match se termine. Le match nul et vierge de cette rencontre n’aide aucun des deux clubs dans cette course au titre, surtout suite à la victoire de Bruges face à Anvers quelques heures plus tôt. “Nous ferions mieux de gagner la finale de la Coupe jeudi, sinon nous finirons encore les mains vides. »raconte avec un peu d’agacement un supporter qui se dirige vers la sortie du stade.

Qui dit fin de match ne veut pas dire « retour à la maison » pour de nombreux supporters. C’est une belle occasion de terminer votre week-end avec un « dernier » verre et de rejouer le match entre supporters. Tout le monde s’accorde à dire que le gardien Anthony Moris est l’homme du match grâce à son double arrêt en seconde période. Mais tout le monde estime aussi que les hommes d’Alexandre Blessin méritaient mieux.

Une première à l’Union grâce à un certain Felice Mazzu

Nous rencontrons alors Bastien. Avec une écharpe jaune et bleue autour du cou, il nous explique que sa passion pour l’Union est là depuis 4 ans. “J’ai toujours aimé le football et j’ai toujours regardé les résultats d’Anderlecht quand j’étais petit. Quand on me demandait qui je soutenais dans le football en Belgique, j’ai répondu Anderlecht sans grande conviction. D’ailleurs, je ne suis jamais allé au Parc Astrid pour les voir jouer. Quand j’ai déménagé à Forest, j’ai pensé que c’était l’occasion d’aller voir jouer l’Union. Je suis surtout allé les voir parce que Felice Mazzu était l’entraîneur et c’est une personnalité du football que j’ai toujours apprécié, je ne peux même pas expliquer pourquoi. J’ai immédiatement rejoint le club à partir de ce jour.

“Quand on me demandait qui je soutenais dans le football en Belgique, j’ai répondu Anderlecht sans grande conviction”

On pousse alors un peu Bastien dans ses retranchements lorsqu’on lui demande s’il peut citer trois joueurs de l’Union ayant joué en D1B avant le rachat du club en 2018 par Tony Bloom, le propriétaire de Brighton. “Il doit sûrement y avoir des joueurs que je connais mais pour en citer un comme ça, je ne le saurai pas… Après je n’ai aucun complexe à dire que je ne connais pas grand chose de l’histoire de l’Union avant leur montée en D1A. Nous pouvons avoir le club dans nos veines, même si nous ne le soutenons vraiment que depuis 4 ans.

Car oui, c’est souvent une critique qui est formulée par les supporters d’autres clubs en Belgique. Beaucoup disent qu’à l’Union, c’est un public de “Footix”, nouveaux supporters “de la victoire” qui ne sera plus là le jour où l’Union connaîtra une saison difficile. D’après ce que l’on a observé ce dimanche, on a l’impression que tous ces ‘nouveaux’ supporters vont jurer fidélité au club, même s’ils n’y sont affiliés que depuis quelques années.

Il est 23h30, la rue retrouve le même calme qu’avant 10 heures. Les bars sont désinstallés, la musique est coupée. Les supporters présents se sont déjà donné rendez-vous ce jeudi 9 mai au Stade Roi Baudouin, le stade où l’Union a joué une saison. C’était en D1B, lors de la saison 2016-2017. Un épisode pas si lointain qui ne parle pourtant pas à ces nouveaux supporters de l’Union, qui voient plutôt le Stade Roi Baudouin comme étant leur future résidence européenne pour la saison prochaine.

 
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