80 000 personnes chassées de chez elles et plus de 65 morts

80 000 personnes chassées de chez elles et plus de 65 morts
80 000 personnes chassées de chez elles et plus de 65 morts

Les autorités ont donné l’ordre d’évacuer certains quartiers de Porto Alegre, métropole de quelque 1,4 million d’habitants, située au confluent de plusieurs rivières.

Les inondations qui ravagent depuis plusieurs jours le sud du Brésil ont chassé plus de 80 000 personnes de leurs foyers et fait une soixantaine de morts et des dizaines de disparus, une situation « dramatique » et « sans précédent » qui touche particulièrement la grande métropole de Porto Alegre.

Au moins 66 personnes sont mortes et 101 sont portées disparues, selon le dernier bilan de la défense civile brésilienne publié dimanche. Dans l’État du Rio Grande do Sul, plus de 80 000 personnes ont été contraintes de quitter leur domicile et 15 000 ont trouvé refuge dans des abris mis en place par les autorités de l’État.

La pluie continue

La situation est « dramatique » et « absolument sans précédent », a déclaré ce samedi Eduardo Leite, gouverneur de l’État où près de 320 localités sont touchées. Craignant pour « l’approvisionnement » et « la chaîne de production », il a appelé à un « Plan Marshall » pour reconstruire la région.

Une grande partie des communes se retrouve isolée, les routes ayant été coupées par des inondations ou des glissements de terrain, et les communications perturbées. Le service météorologique a indiqué que le temps violent avait commencé à s’atténuer mais qu’il devrait pleuvoir encore 24 à 36 heures.

Porto Alegre sous l’eau

Les autorités ont donné l’ordre d’évacuer certains quartiers de Porto Alegre, métropole de quelque 1,4 million d’habitants, située au confluent de plusieurs rivières.

Avec la montée des eaux du Guaiba, fleuve emblématique du sud du Brésil, les inondations ont durement frappé la ville, dont l’aéroport est fermé depuis vendredi. Le niveau de la rivière a atteint 5,09 mètres samedi, dépassant le record historique de 4,76 datant de 1941.

Habitants d’une rue inondée du quartier Navegantes de Porto Alegre, dans l’État de Rio da Grande do, Brésil, le 4 mai 2024. – Carlos Fabal / AFP

« En quelques minutes, en moins d’une heure, tout a été inondé. J’ai tout perdu, la télévision, l’armoire, le lit, le réfrigérateur, tout”, raconte José Augusto Moraes de Lima, commerçant de 61 ans. , qui habite dans le quartier de Navegantes, au nord de la ville.

C’est dans ce quartier qu’une station-service inondée, située sur une avenue, a explosé, tuant deux personnes et générant un épais nuage de fumée visible de loin. Les pompiers étaient en train d’évacuer les victimes de l’incendie souffrant de brûlures.

Évacuations

Dans de nombreux endroits, de longues files d’attente se sont formées dans l’espoir de monter à bord d’un bus, tandis que les automobilistes tentaient de se frayer un chemin sur les routes inondées.

Faisant référence à une autre rivière qui traverse la ville, le maire de Porto Alegre, Sebastiao Melo, a écrit sur X que le barrage qui retient la rivière Gravatai « a recommencé à déborder ».

« Les communautés doivent quitter la zone », a-t-il déclaré.

Il a également demandé à la population de rationner l’eau, après la fermeture de quatre des six stations d’épuration de la ville. Ce dimanche “sera un jour clé pour les opérations de secours”, a prévenu le ministre de la Communication Paulo Pimenta, venu sur place avec d’autres ministres.

Les rues inondées du quartier Navegantes à Porto Alegre, dans l’État de Rio da Grande do, Brésil, le 4 mai 2024. – Carlos Fabal / AFP

Porto Alegre est la capitale de l’un des États les plus prospères du pays, avec le cinquième plus grand PIB de la plus grande économie d’Amérique latine et une production principalement agricole, avec d’importantes cultures de soja, de riz, de blé et de maïs.

Bébé sauvé par hélicoptère

Zones d’habitation noyées à perte de vue, routes détruites ou ponts emportés par le courant : les dégâts humains et matériels sont considérables et surtout concentrés dans la région centrale de cet État frontalier de l’Argentine et de l’Uruguay.

Le président Lula a diffusé une vidéo montrant des membres des forces armées secourir un bébé en hélicoptère. On y voit un policier frapper le toit d’une maison avec une brique pour en retirer le bébé, enveloppé dans une couverture.

Au nord du Rio Grande do Sul, l’État voisin de Santa Catarina est également touché par les pluies. Le Rio Grande do Sul a déjà été frappé à plusieurs reprises par des intempéries meurtrières, notamment en septembre, où 31 personnes sont mortes après le passage d’un cyclone dévastateur.

Selon les experts, ces phénomènes météorologiques extrêmes ont augmenté en fréquence et en intensité avec le réchauffement climatique.

Le Brésil a connu l’an dernier une sécheresse historique dans le nord du pays et le nombre d’incendies de forêt a atteint un record de janvier à avril, avec plus de 17 000 foyers enregistrés à travers le pays, dont plus de la moitié en Amazonie.

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