« Votes illégaux » : les migrants au cœur d’une campagne de désinformation aux Etats-Unis – 04/05/2024 à 15h45

« Votes illégaux » : les migrants au cœur d’une campagne de désinformation aux Etats-Unis – 04/05/2024 à 15h45
« Votes illégaux » : les migrants au cœur d’une campagne de désinformation aux Etats-Unis – 04/05/2024 à 15h45

L’ancien président des États-Unis et candidat républicain à la présidentielle Donald Trump lors d’un événement de campagne à Waukesha, Wisconsin, États-Unis, le 1er mai 2024 (AFP / Alex Wroblewski)

A l’approche de l’élection présidentielle aux Etats-Unis, l’un des faux rapports particulièrement relayés par les républicains, à commencer par leur candidat Donald Trump, vise les migrants : les démocrates tentent de les faire voter… alors qu’ils n’en ont pas le droit. donc.

Avec la perspective d’un vote serré, les réseaux sociaux sont inondés de rumeurs visant les personnes traversant illégalement la frontière avec les Etats-Unis, thème central de la campagne républicaine face au démocrate Joe Biden.

Les personnes qui n’ont pas la citoyenneté américaine n’ont pas le droit de voter aux élections fédérales, comme à l’élection présidentielle de novembre. Mais l’ancien président Donald Trump continue d’affirmer sans preuve sur son réseau Truth Social que le Parti démocrate encourage les migrants à entrer illégalement afin de les amener à voter pour Joe Biden.

Le patron de

“Cela explique le grand nombre d’inscriptions par numéro de sécurité sociale dans certains États clés, les migrants peuvent l’obtenir sans avoir la citoyenneté”, a-t-elle déclaré sur X. “C’est pour cela que Biden veut ouvrir la frontière”.

Une étude de l’institut indépendant d’analyse politique Brennan Center estime que les votes soupçonnés, sans preuve, d’émaner de non-citoyens représentaient 0,0001 % des suffrages dépouillés lors de l’élection présidentielle de 2016.

Les États-Unis comptent quelque 161 millions d’électeurs sur une population d’environ 336 millions d’habitants. Les autorités estiment qu’il y a 11,4 millions d’immigrants illégaux et 12,9 millions de résidents étrangers permanents légaux dans le pays.

– « Capitaliser sur la peur » –

Un soldat de la Garde nationale du Texas patrouille près de la rivière Rio Grande à Eagle Pass, Texas, États-Unis, le 20 mars 2024 (GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Brandon Bell)

Donald Trump et le Parti républicain insistent : ils souhaitent une loi supplémentaire visant à rendre encore plus impossible pour les non-citoyens de voter dans les urnes.

« Nous ne pouvons pas attendre qu’une fraude massive se produise », a déclaré Mike Johnson, le leader républicain de la Chambre des représentants.

La multiplication des fausses informations sur le droit de vote aux États-Unis coïncide avec des franchissements illégaux record de la frontière avec le Mexique ces dernières années.

“Le changement le plus notable est l’intensité de la crise à la frontière et la manière dont elle est exploitée pour alimenter ces rumeurs”, explique Mert Bayar, spécialiste des théories du complot à l’Université de Washington.

Et de nombreux hommes politiques « capitalisent sur l’anxiété et la peur » d’une partie de l’électorat, estime Ethan Porter, professeur de médias et d’affaires publiques à l’université George Washington.

« Mobiliser les électeurs n’est pas facile. Ces peurs leur facilitent la tâche », souligne-t-il.

Ces mêmes théories infondées existaient déjà lors de l’élection présidentielle de 2016, remportée de justesse par Donald Trump face à Hillary Clinton. L’ex-président avait pourtant accusé son rival d’alors d’avoir profité des votes des migrants illégaux.

Mais aujourd’hui, le système de désinformation est encore plus « sophistiqué » qu’avant, selon Emerson Brooking, expert en désinformation au sein du groupe de réflexion Atlantic Council.

– “Juste le commencement” –

Partisans du candidat républicain à la présidentielle, l’ancien président Donald Trump, à Waukesha, Wisconsin, États-Unis, le 1er mai 2024 (GETTY IMAGES NORTH AMERICA / SCOTT OLSON)

Selon plusieurs analystes, ces rumeurs autour de l’immigration clandestine servent d’amorce à de futures accusations de fraude qui ne manqueront pas de refaire surface lors du scrutin, Donald Trump n’ayant jamais reconnu sa défaite de 2020 face à Joe Biden.

Selon le professeur Ethan Porter, cette stratégie répond à une équation qui se veut toujours gagnante pour les Républicains : « soit ‘mon camp gagne l’élection malgré les votes illégaux’, soit ‘mon camp perd à cause de ces mêmes votes illégaux’. « .

Un pari risqué, estime Mert Bayar. “Ces théories complotistes et rumeurs de fraude pourraient bien avoir pour effet de démobiliser les personnes qui croient en elles car elles pourraient ne pas vouloir participer à un système dans lequel elles n’ont plus confiance”, explique le spécialiste à l’AFP.

Pour Emerson Brooking, ces théories sont purement « opportunistes » et ceux qui veulent y croire les oublieront « du jour au lendemain » si Donald Trump l’emporte contre Joe Biden.

A six mois de l’élection présidentielle, “nous ne sommes qu’au tout début de la vague de désinformation politique”, prévient l’expert, qui s’attend à “un raz-de-marée” de fausses informations d’ici novembre.

 
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