« Absurde », mais pas seulement… Courir un marathon en jonglant, l’incroyable défi de Johan

« Absurde », mais pas seulement… Courir un marathon en jonglant, l’incroyable défi de Johan
« Absurde », mais pas seulement… Courir un marathon en jonglant, l’incroyable défi de Johan

Ce serait un véritable coup dur s’il ne franchissait pas la ligne d’arrivée. Et pas seulement pour le jeu de mots. Ce dimanche, Johan Swartvagher compte relever le défi complètement fou qu’il s’est lancé depuis près d’un an : à 38 ans, l’Angevin s’apprête à courir son premier marathon en jonglant avec trois quilles. Un périple de plus de 42 km le long de la Loire, au départ de Saumur, durant lequel ni ses bras ni ses jambes ne cesseront de bouger, hormis les quelques dizaines de secondes nécessaires pour faire le plein.

Parmi ses atouts, annonçons-le d’emblée : Johan est un jongleur professionnel. Parmi ses faiblesses, il se définit comme « un mauvais coureur amateur » et cette distance, qu’il espère parcourir en 4h30, sera la plus longue jamais parcourue. Et que se passe-t-il lorsqu’il faut combiner les deux ? Clac, clac, clac… Bercé par le bruit des clubs, Johan s’en remet à cette « coordination qui arrive petit à petit » qu’il faut surtout éviter d’arrêter. Nous regardons droit devant nous et ne pensons pas plus à nos pieds qu’à nos mains.

« Enrouler le tarmac » avec des clubs

« La vraie difficulté, c’est le vent, qui pourrait vraiment mettre à mal l’épreuve car il me demanderait de constamment me réajuster, provoquant une vraie fatigue mentale », craint Johan à quelques jours de l’épreuve. L’objectif : que les quilles tombent le moins possible (car à chaque fois il faut s’arrêter, reculer de trois pas, se baisser) sur les près de 40 000 lancers qu’il doit effectuer. Au moins, contrairement aux balles, elles ne roulent pas…

Ce défi, présenté par l’intéressé comme « amusant » voire carrément « absurde », n’est pas tant que ça. Car derrière la performance physique, Johan a surtout construit une véritable démarche artistique, matérialisée dans un podcast (Ending) de dix épisodes, enregistrés pendant les runs et encore le grand jour. Il interroge notamment les liens entre les deux univers, finalement pas si éloignés. “Il faut de l’endurance, du sacrifice, c’est quelque chose qui se fait sur le long terme, et je pense que c’est ce qui me touche”, confie ce père de deux enfants, qui s’imagine “enrouler le paysage et le tarmac” avec ses clubs, comme les kilomètres défilent.

“Ma seule et unique chance”

Cet homme humble et déterminé voit cette course comme un spectacle, dans lequel « la poésie des perdants aura aussi sa place, s’il le faut ». Mais ce n’est évidemment pas le scénario privilégié. « C’est un peu de pression car ce sera ma seule et unique chance. Ce spectacle sera certes répétitif pour moi mais pour le public qui sera au bord de la route, il ne durera qu’une quinzaine de secondes. Je me dois de pouvoir les offrir. Le parcours sera même ponctué de figures, promet l’artiste au costume jaune fluo. Et ce même si une ampoule douloureuse est apparue récemment entre sa paume et un de ses doigts.

Mais ce n’est pas seulement pour les spectateurs que Johan souhaite aller au bout. De l’autre côté de l’Atlantique, un autre « jogger », comme on les appelle, espère le succès de ceux qui suivront ses traces. En 2016, le Canadien Michal Kapral est entré dans le livre Guinness après avoir complété un marathon de jonglerie, avec un temps incroyable de 2 heures 50 minutes. Amis, les deux hommes ont relevé le défi parcourir les 130 km qui séparent Caen de Rouen de la même manière il y a trois ans. Johan n’a pas pu terminer le voyage en raison du décès soudain de sa mère. Il lui restait alors… 42 km à parcourir.

 
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