la première édition de la « Route du Pardon », entre Saint Malo, Dakar et les Antilles, se termine avec un seul participant, un skipper pénitent

la première édition de la « Route du Pardon », entre Saint Malo, Dakar et les Antilles, se termine avec un seul participant, un skipper pénitent
la première édition de la « Route du Pardon », entre Saint Malo, Dakar et les Antilles, se termine avec un seul participant, un skipper pénitent

Benoît Tuduri sera de retour le week-end du 4 mai, à Saint-Malo, à bord de son voilier baptisé « En Cavale ». Après 43 jours de navigation en solitaire, il parcourt un itinéraire triangulaire, entre Saint-Malo, l’île de Gorée près de Dakar et les Antilles. Une nouvelle course au large, la « Route du Pardon », imaginée par Daniel Doizé et dont il est, pour cette première édition, le seul participant.

Cette course suit celle du commerce triangulaire, c’est-à-dire la traite négrière. Tout un symbole. Et ce n’est pas un hasard si Benoît Tuduri s’est lancé dans cette aventure. Il a beaucoup de choses à pardonner et à se pardonner.

Il y a quelques mois en effet, à la surprise générale, il a remporté la célèbre Solitaire du Figaro, un exploit pour un skipper autodidacte, ayant appris à naviguer en dehors des grandes écoles de préparation qui forment les futurs champions. Rien ne le prédestinait à devenir un héros des mers et il espérait finir dans le top 10. Finalement ce fut l’exaltation lorsque, le 14 septembre 2023, il fit sauter le champagne ivre devant les flashs des journalistes. Il fut le premier à franchir la ligne d’arrivée de la célèbre course. Mais quelques heures plus tard, c’est la désillusion. Les organisateurs ont vérifié son ordinateur de bord et découvert un logiciel météo strictement interdit. Il n’avait même pas pris la peine de cacher cette tricherie, comme s’il cherchait à se faire prendre. Le rêve de courses et de victoires est terminé, la Fédération française de voile l’a depuis suspendu.

Puis un jour, un homme lui propose de se lancer dans une course au pardon. Daniel Doizé est fondateur de la « Fédération des gens de mer ». Retraité de l’Éducation nationale, passionné de voile, il ne juge pas les tricheurs, puisqu’il estime qu’il faut parfois défier les règles pour les faire évoluer. Depuis des années, cet amoureux de Saint-Malo milite pour la « lutte des classes » dans le monde de la navigation. Il réclame des courses plus inclusives, avec des bateaux de toutes tailles, des skippers de tous niveaux, des courses où le vainqueur ne serait plus forcément celui qui arrive le premier mais celui qui estime le mieux son temps. Victoire non pas au plus rapide mais à celui qui se connaît le mieux.

Lorsque Daniel a proposé à Benoît, il y a quelques mois, de se lancer dans cette « Route du Pardon », il a trouvé un skipper qui ne s’est pas remis de sa mésaventure et qui s’apprête à tout lâcher en vendant son bateau. Le vainqueur déchu s’engage, dans l’espoir de cesser de dériver, à tenir à nouveau la barre après avoir chuté. Une course à la rédemption sur l’océan, sans rien à gagner au final, sans crépitements, sans champagne. Le seul but sera d’apprendre à mieux se connaître, car, comme l’écrivait Baudelaire, la mer est un miroir dans lequel on contemple son âme, et leesprit “Il n’y a pas d’abîme moins amer”. Comprenez qui nous sommes et les vraies raisons pour lesquelles nous avons mal agi, afin de ne plus avoir à tricher avec la vie.

 
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