Trans Mountain, un projet phare pour le pétrole canadien

Trans Mountain, un projet phare pour le pétrole canadien
Trans Mountain, un projet phare pour le pétrole canadien

Ce pipeline triple la capacité d’exportation de pétrole de l’Alberta vers les marchés mondiaux, particulièrement en Asie. Depuis les années 1950, le tronçon initial permettait le transport de quelque 300 000 barils par jour. Avec la nouvelle section, inaugurée le 1er mai, cette capacité passe à près de 900 000 barils par jour.

Trans Mountain permet donc d’ouvrir l’accès à cette ressource phare de l’Alberta, dont le drame est de ne pas pouvoir bénéficier d’un port maritime sur son territoire pour acheminer son pétrole et son gaz vers les clients étrangers.

Cet ajout de capacité de production pourrait être bénéfique pour les prix du pétrole, compte tenu de la volonté de l’OPEP+ de limiter sa production pour maintenir les prix à un niveau élevé.

De plus, le pipeline aidera les sociétés pétrolières de l’Alberta à obtenir de meilleurs prix pour leurs produits. Presque toutes les exportations pétrolières de la province sont destinées aux États-Unis, à un prix réduit étant donné le manque d’accès maritime pour le transport de son pétrole. Les acheteurs américains le savent et bénéficient depuis de nombreuses années d’un rabais sur le prix du pétrole albertain.

Ces prix plus élevés devraient représenter de meilleures recettes fiscales pour l’économie canadienne, potentiellement plus de 50 milliards de dollars au cours des 20 prochaines années, estiment certains analystes.

Un projet éminemment controversé

La construction de ce projet ne s’est pas déroulée sans heurts. Il s’agit cependant d’une infrastructure assez simple en termes d’ingénierie : une canalisation à enterrer, mais sur plus de 1 100 kilomètres.

Il aura connu presque toutes les difficultés possibles et inimaginables : respect obligatoire de centaines de règlements gouvernementaux, controverses écologiques, manifestations, protestations civiles et autochtones, avec arrestations policières, poursuites judiciaires, conflits politiques menant à une guerre commerciale entre l’Alberta et la Colombie-Britannique et de longues des retards dus notamment au COVID-19 et aux catastrophes naturelles, telles que les incendies de forêt et les inondations.

Sans parler des Accords de Paris de 2015 qui ont semé le doute sur les projets d’expansion de ce pétrole responsable du changement climatique.

Tout cela a contribué à une explosion stratosphérique des coûts. En 2012, le coût du projet était initialement estimé à cinq milliards de dollars. Douze ans plus tard, la facture finale s’élève à 34 milliards.

Ces écueils ont conduit le gouvernement fédéral à devenir propriétaire du pipeline en 2018 ; la majorité du tuyau traverse le territoire indigène. L’opérateur initial, la société américaine Kinder Morgan, avait perdu tout espoir d’achever le pipeline face aux nombreuses conditions imposées à sa construction.

Le projet sera-t-il rentable ? Une chose est sûre, elle devrait pouvoir fonctionner à bonne capacité, compte tenu de l’appétit des entreprises albertaines d’obtenir un meilleur accès au marché mondial.

Mais sa rentabilité dépendra avant tout des futurs prix du pétrole et de la demande mondiale d’or noir dans un contexte de transition énergétique, et particulièrement sur le continent asiatique en pleine croissance.

Atteindrons-nous le pic de consommation de pétrole d’ici 2030, comme le prévoit l’Agence internationale de l’énergie, ou plusieurs années plus tard, comme le prévoit l’OPEP ?

La vente de Trans Mountain par le gouvernement fédéral sera également un sujet à surveiller. Le gouvernement fédéral n’a pas vocation à gérer cet actif à long terme. Il voudra le vendre et, bien sûr, obtenir un bon prix.

Mais il faudra tenir compte de la volonté de plusieurs groupes indigènes d’acheter et d’exploiter ce bien, pour générer des revenus au profit de leur communauté. Une organisation, Project Reconciliation, a même été créée à cet effet.

La vente de cet actif devra donc être gérée avec beaucoup de tact et de sensibilité par l’actuel ou le prochain gouvernement à Ottawa.

Le succès de cette entreprise aura un impact sur la réputation du Canada, alors que le pays connaîtra une autre étape critique de son histoire énergétique en 2025, avec l’établissement de son premier terminal d’exportation de gaz, nommé LNG Canada. Ce terminal lui permettra d’approvisionner le marché mondial du gaz naturel liquéfié, dominé par les États-Unis, qui exportent intégralement leur gaz depuis 2016, et qui ont dépassé le Qatar comme premier exportateur mondial.

 
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