Est-ce que cela peut fonctionner, ou le goût de la viande l’emportera-t-il ? – .

Est-ce que cela peut fonctionner, ou le goût de la viande l’emportera-t-il ? – .
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Sans mauvais jeu de mots, on peut dire que Lidl veut tout mettre en œuvre. Ce jeudi, l’enseigne allemande a annoncé qu’à partir du 15 mai 2024, elle baisserait les prix des alternatives végétales, afin que le client paie le même prix que pour l’équivalent viande. Une manière de lutter pour le bien-être animal, pour améliorer la santé des consommateurs et contre le réchauffement climatique. C’est ce que rapportent Le Soir et De Morgen, qui ajoutent que dans le même sens, Lidl va tenter d’élargir sa gamme végétarienne, de la mettre en avant dans sa publicité, et d’en faire la promotion via des influenceurs. Une stratégie destinée également à renforcer son image de « smart discounter ». Mais est-ce que ça peut marcher ? Le prix est-il vraiment le facteur décisif qui incite les clients à opter pour des produits à base de plantes ?

Le prix « pourrait faire la différence »

A priori, certains éléments tendent à affirmer que la réponse est oui. Lidl affirme notamment avoir réalisé une enquête iVox auprès de 1.000 Belges qui irait dans ce sens. Selon cette étude, quatre consommateurs sur dix ont certifié que le plus grand obstacle à l’achat de ces produits était leur prix.

Donc a priori, si les prix sont les mêmes pour la viande et son équivalent végétal, cela pourrait faire basculer une grande partie de la clientèle vers la seconde, en toute logique du moins.

Interrogé par le quotidien flamand, Erik Mathijs, bioéconomiste à la KULeuven, tend à confirmer que le discounter pourrait avoir raison. “Étant donné que les consommateurs sont sensibles aux prix, cela pourrait faire une différence“, il dit.

L’importance d’avoir bon goût

Le problème est que d’autres enquêtes tendent à montrer que l’expérience gustative est aussi un argument important pour le client. C’est le cas de celle réalisée par Kerry, l’un des poids lourds de l’industrie agroalimentaire. En interrogeant 1 500 consommateurs aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Australie et au Brésil, l’entreprise a constaté que, bien entendu, le moindre impact de ces produits sur la planète pesait beaucoup dans le choix des produits. Cependant, pour 76 % des Britanniques, ce qui est attendu, c’est que l’alternative végétale ait un «goût grillé authentique« Pour 80 % des Américains et 78 % des Australiens, l’expérience gustative est également importante, avec la volonté que les burgers végétaux aient un aspect caramélisé proche de celui de la viande.

Il faut juste que ce soit savoureux.», confirme Erik Mathijs, qui se réjouit sur ce point que «progrés significatif» ont été menées récemment dans ce domaine. En 2020, Ikea se vantait par exemple de proposer désormais une bonne alternative végétale à ses fameuses boulettes de viande.

Le souci est que des initiatives comme celles de Lidl se font au prix d’une réduction de la marge bénéficiaire des supermarchés. “Reste à savoir si cela fonctionnera. Il y a une chance qu’ils fassent demi-tour. Les supermarchés sont plutôt réticents. Les marges diminuent et aucun supermarché ne vendra à perte», prévient le bioéconomiste, même s’il ajoute que «l’engagement des supermarchés est un facteur important“afin d’avancer dans la bonne direction.”La viande est actuellement encore moins chère car elle est vendue en plus grande quantité. Si cela devient le cas pour les substituts de viande, cela entraînera également une baisse des prix.« .

Passer au végétal, dans l’intérêt de tous

Il faut dire que l’enjeu est crucial. En 2015, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a classé la viande rouge comme «probablement cancérigène« Pour les viandes transformées (charcuterie, saucissons…), le classement est encore plus strict, puisqu’elles sont classées « cancérigènes », point final. “Chaque portion de 50 grammes de viande transformée consommée chaque jour augmente le risque de cancer colorectal d’environ 18 %», précise l’OMS. D’où l’intérêt de limiter la consommation de ces produits au minimum. Attention toutefois aux végétariens : si contrairement aux idées reçues, leurs aliments peuvent contenir suffisamment de fer, ils risquent de manquer de vitamine B12, d’où l’intérêt de prendre des compléments alimentaires pour cela.

Pour l’environnement, l’impact de la consommation de viande est également énorme. Si un burger au poulet a une empreinte écologique plus limitée (5,43 kg équivalent CO2), il en va autrement pour les burgers d’agneau (26,93 kg) et les burgers de bœuf (53,98 kg). Pour un steak de bœuf, cela monte même à 129,75 kg. Quant au burger sans viande, il descend au contraire à 1,02 kg.

Conscient de ces enjeux, Lidl affirme s’être fixé des objectifs pour promouvoir les produits d’origine végétale. Les ventes de ce dernier devraient doubler d’ici 2030, et les ambitions du discounter sont encore plus grandes à long terme. Si aujourd’hui les protéines commercialisées par Lidl sont à 10 % d’origine végétale et à 90 % d’origine animale, ces pourcentages pourraient respectivement passer à 20 % et 80 % d’ici 2030, puis à 60 % et 40 % vers 2050.

 
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