Françoise Nyssen réagit à la mort de Paul Auster, « un génie de l’écriture »

Françoise Nyssen réagit à la mort de Paul Auster, « un génie de l’écriture »
Françoise Nyssen réagit à la mort de Paul Auster, « un génie de l’écriture »

Françoise Nyssen est intarissable sur l’homme qu’elle a contribué à faire connaître, Paul Auster, décédé dans la soirée du 30 avril.Il écrivait encore sur une vieille machine à écrire. Il y tenait beaucoup.« La touche de l’auteur new-yorkaise, elle la décrit en ces termes : »Un génie de l’écriture et de la narration. Un conteur inventif dont le talent parvient à nous plonger dans des atmosphères, des personnages et des histoires intenses, labyrinthiques et époustouflantes. Avec une errance dans la narration qui nous met toujours face à quelque chose auquel on ne s’attend pas. Même quand il te disait quelque chose, c’était toujours fascinant», commente Françoise Nyssen. Travaillant alors aux côtés de son père Hubert Nyssen, fondateur d’Actes Sud, l’ancienne ministre de la Culture se souvient comment une maison d’édition encore récente et peu connue – l’activité fut lancée en 1978 – tomba sur «l’un des plus grands auteurs contemporains, Paul Auster“.”Animé par l’envie de découvrir et de faire lire, mon père demandait toujours aux gens ce qu’ils lisaient. Quelqu’un lui a parlé de cet auteur, il s’est précipité vers ses livres. Au même moment, un de nos amis qui dirigeait le Bureau du livre français, François Samuelson, m’a appelé pour me dire qu’il fallait absolument s’y intéresser. Nous avions donc deux avis qui nous poussaient à y aller.»

En découvrant les textes, les Nyssen sont «bouleversé» et publier Ville de verreen 1987 (premier volume de son Trilogie new-yorkaiseNDLR) et L’invention de la solitude, l’année prochaine. “Cela a été un choc pour les lecteurs. Le succès était grandissant.« Un succès que celle qui préside aujourd’hui les festivals d’Avignon et d’Aurillac attribue aussi aux libraires : »Il fallait le faire connaître, personne ne savait qui était Paul Auster, ce n’était pas facile.» Sans oublier de rendre hommage aux traductrices dont Christine Leboeuf, également illustratrice et cofondatrice d’Actes Sud, belle-mère de Françoise Nyssen. Ainsi qu’aux rédacteurs de Paul Auster, chez Actes Sud, d’abord Marie-Catherine Vacher, puis récemment Jade Ayguerolles. En attendant que le groupe rende hommage à l’auteur américain, son ancien président déclare : «Le meilleur hommage est de dire à tout le monde de le lire. Tous ses livres sont extrêmement différents. Il reste un jeune auteur, toujours inventif. Son dernier livre, Baumgartnerparle de beaucoup de choses de sa vie.

Et l’ancienne locataire de la rue de Valois raconte une anecdote sur son premier ministre de l’époque, Édouard Philippe. “C’est un fan de Paul Auster, il l’a accueilli au Havre. Un jour, il participe à une émission de radio en sa présence. Paul lui dit en plaisantant : « Mais que fais-tu ici ? Vous n’avez pas assez de travail ?‘»

Au-delà de la relation entre un auteur et son éditeur, «une relation d’amitié et d’affection s’établit», notamment avec sa femme, Siri Hustvedt, «un autre grand écrivain“.”Il était aussi fidèle en amitié que dans les relations de travail.« Paul Auster est venu à Arles à plusieurs reprises. La dernière, à l’été 2023, il était accompagné de sa fille, la chanteuse Sophie Auster, et de son gendre Spencer Ostrander. Cette dernière est alors programmée par les Rencontres d’Arles pour « Pays de sang », une exposition sur les lieux de tueries aux Etats-Unis, dont Auster écrit les textes.C’est la dernière fois qu’on l’a vu. Nous avons parcouru ensemble les lieux d’Arles. Nous ne savions pas qu’il était malade

 
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