Françoise Bertieaux affirme que « le PS et l’Écolo n’ont rien fait au gouvernement pour discuter de la réforme du décret paysage »

Françoise Bertieaux affirme que « le PS et l’Écolo n’ont rien fait au gouvernement pour discuter de la réforme du décret paysage »
Françoise Bertieaux affirme que « le PS et l’Écolo n’ont rien fait au gouvernement pour discuter de la réforme du décret paysage »

En succédant à Valérie Glatigny comme ministre francophone de l’Enseignement supérieur en juillet 2023, Françoise Bertieaux (MR) ne s’attendait certainement pas à vivre une fin de législature animée par la saga du décret paysage. Si le vote d’une majorité alternative PS-Eco-PTB pour la réforme de ce décret lui reste toujours en travers de la gorge, elle n’entend pas rester inactive et elle aidera au mieux les universités et établissements d’enseignement supérieur à digérer cette réforme qu’elle n’a pas fait. Je ne choisis pas.

Vous avez présenté, devant le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, les chiffres du coût généré par cette réforme du décret paysage voté par le PS et Écolo avec le soutien du PTB. Quel est ton calcul ?

Je suis parti du texte voté par le PS, Ecolo et le PTB. J’ai appliqué les chiffres du coût de neutralisation de l’année universitaire 2019-2020 décidé par la ministre Glatigny à l’époque du Covid. Cela a coûté 33 millions d’euros. Ainsi, personne n’est devenu infinancier. Ce montant concernait 6 607 étudiants. Si j’applique le même calcul sachant que la cohorte d’étudiants a augmenté de 9 %, on arrive à 7 207 étudiants. Et si l’on ajoute à ce nombre les étudiants qui sont actuellement inscrits et qui ne sont pas finançables, on arrive à 9 898 étudiants. En pondérant le montant pour chaque étudiant concerné selon son domaine d’études, on arrive à un coût total de 57 millions d’euros. Mais si je prends le chiffre avancé par le PS et l’Écolo, qui disent que cela concernera plutôt 20 000 étudiants, le montant maximum qu’on pourrait atteindre serait alors de 119 millions d’euros.

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La FEF parlait de 70 000 étudiants.

Eh bien, cela coûterait alors entre 330 et 431 millions d’euros. Mais je pense que tout le monde s’accorde désormais sur le fait que les chiffres de la FEF sont très exagérés. J’ajouterai également au montant que je vous ai donné qu’il nous faut encore 3,5 millions pour les étudiants qui bénéficient d’une subvention sociale en ne payant pas les frais de scolarité et 3,5 millions supplémentaires pour ceux qui paient les frais de scolarité. inscriptions réduites. Cela fait donc 7 millions. Et le double si l’on suit les chiffres du PS et d’Ecolo.

Qu’est-ce que cela signifie pour les universités et les collèges ?

Sous-financement accru. Nous avions réussi à refinancer l’enseignement supérieur à hauteur de 80 millions. Ils ne suffiront pas à couvrir les dépenses supplémentaires liées à cette réforme.

La Fédération Wallonie-Bruxelles aura-t-elle les moyens de compenser ?

Je ne pense pas, le déficit est déjà catastrophique. Il faudrait gratter à gauche et à droite. Mais je pense qu’on pourrait juste trouver de quoi financer les moyens nécessaires aux subventions sociales et à la réduction des frais d’inscription. Pas plus. Cela nécessiterait un ajustement budgétaire mais nous ne l’avons pas fait…

D’autres problèmes sont-ils envisagés ?

Bien sûr. Les établissements ont adapté leurs systèmes informatiques pour se conformer à la réforme Glatigny. Les algorithmes ne correspondent donc pas à la nouvelle réforme. Les devis de janvier ont déjà été intégrés au système et maintenant les établissements vont devoir adapter le système ? Le délai est trop court et ils n’ont pas l’argent pour le faire. Et certaines citations qui étaient considérées comme des échecs dans la réforme Glatigny ne le seront plus grâce à la nouvelle réforme. Mais cela créera une injustice envers les autres cohortes. Ce que le PS, Ecolo et le PTB ont fait, c’est de l’improvisation. Leur texte ouvre la possibilité de nombreux recours et discriminations. Il y a une telle insécurité juridique que c’est très inquiétant. Des rumeurs circulent selon lesquelles certains établissements auraient l’intention de saisir la Cour constitutionnelle. Que se passera-t-il si la justice se prononce contre cette réforme du PS, d’Ecolo et du PTB ?

mouette

Des rumeurs circulent selon lesquelles certains établissements auraient l’intention de saisir la Cour constitutionnelle.

Vous et le Ministre-Président Pierre-Yves Jeholet devez encore sanctionner cette réforme. Allez-vous le faire?

Nous sommes démocrates et nous ne sommes pas du genre à pirater. Mais si le Conseil d’Etat contacté donne un avis négatif sur cette réforme, que faudra-t-il faire ? Mais bon, le décret est passé, et j’ai dit que nous sommes démocrates.

La réforme du décret paysage est-elle vraiment dans l’intérêt des étudiants ?

Le PS et Ecolo disent qu’ils n’avaient pas le choix car ils ont tout essayé au gouvernement et le MR n’a rien entendu. Vous confirmez ?

Ce n’est pas vrai et je suis heureux de pouvoir le dire. C’est un mensonge de dire ça. Ils sont arrivés au gouvernement en mars sans aucun point spécifique à l’ordre du jour et ont abordé la question sous le point « divers ». Ils nous ont dit qu’ils étaient troublés par les chiffres de la FEF, ils voulaient que j’objective ces chiffres. Quelque temps plus tard, toujours sans inscrire ce point à l’ordre du jour, ils ont déclaré qu’il fallait faire quelque chose. Mais ils n’ont rien proposé. Enfin, les chefs de cabinet du PS et d’Ecolo ont présenté un texte de moratoire à nos chefs de cabinet. Nos chefs de cabinet ont dit non parce qu’il fallait que cela s’adresse au gouvernement. Immédiatement après, ils ont soumis leur proposition au Parlement.

mouette

Nous étions prêts à discuter de cas particuliers si, en tant que gouvernement, nous avions objectivement identifié les risques.

Pourquoi n’avez-vous jamais donné les chiffres demandés par le PS et Ecolo ?

Car l’Ares (NDLR : Académie de recherche et d’enseignement supérieur) qui a dans ses missions depuis le décret paysage mis en place par Marcourt (PS), celle de collecter des données et des statistiques ne l’a jamais fait en dix ans. J’ai été interrogé sur ces chiffres en novembre 2023 au Parlement. Je me suis alors tourné vers l’Ares. J’ai alors réalisé qu’elle ne faisait pas ce travail de collecte de données. J’ai insisté pour qu’elle le fasse et elle m’a simplement informé que tout était enfin prêt pour collecter les données.

Étiez-vous encore fermé à une réforme du texte ?

Nous étions prêts à discuter de cas particuliers si, en tant que gouvernement, nous avions objectivement identifié les risques. Nous n’étions pas fermés. Mais ils ne l’ont pas fait. C’est un jeu politique, le PS et Ecolo voulaient absolument pouvoir rejeter le texte déposé par le PTB et ils se sont prononcés en force pour le faire.

Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? Avez-vous une réforme à mettre en œuvre ?

J’ai dormi dessus et je veux être responsable. Je devrai donc informer les établissements et les jurys d’examen. Je vais donc écrire plusieurs circulaires pour expliquer une réforme qui n’est pas la mienne. À mon avis, il s’agit d’une situation sans précédent. Je devrai aussi leur expliquer les zones d’ombre pour lesquelles je n’ai pas de réponses. Je les renverrai donc au décret législateur, à savoir le PS, l’Écolo et le PTB. Je leur expliquerai également les risques de recours. Je vais faire tout cela pour qu’ils puissent s’organiser au mieux. Mais je ne peux pas répondre à des questions pour lesquelles je n’ai pas de réponse. J’espère pouvoir accéder à ces dépliants après les vacances de printemps. Mais je prendrai le temps nécessaire pour éviter que les choses ne soient mal comprises.

Et les étudiants là-bas, que leur dites-vous ?

Je leur dis : « S’il vous plaît, étudiez comme si vous étiez sous l’ancienne réforme. Obtenez des crédits. Il y a une telle insécurité juridique que je ne peux rien leur garantir.

 
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