« Les animaux que j’ai créés seront toujours là quand je ne serai plus là »

« Les animaux que j’ai créés seront toujours là quand je ne serai plus là »
« Les animaux que j’ai créés seront toujours là quand je ne serai plus là »

Christophe Barbarin est taxidermiste à Fixin (Côte-d’Or). Il nous ouvre les portes de son atelier, pour découvrir des savoir-faire rares.

« Mon père faisait de la taxidermie. J’étais toujours coincé entre ses pattes dans l’atelier. Christophe Barbarin a attrapé le virus très jeune. Il a fait de cette passion familiale son métier : aujourd’hui, il est taxidermiste, installé à son compte depuis 20 ans à Fixin, sur la côte viticole au sud de Dijon, en Côte-d’Or. Christophe Barbarin nous a ouvert les portes de son backroom, pour découvrir ce métier aussi confidentiel que minutieux.

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Dans l’atelier de Christophe Barbarin, taxidermiste : un sanglier en cours de finition

© Corentin Renoult / David Segal / France Télévisions

« A l’époque, on travaillait la paille, on découpait des morceaux de bois dans les planches… C’était vraiment très artisanal », sourit Christophe Barbarin. Au fil des années, ces techniques « d’aide » ont évolué. Aujourd’hui, on ne « bourre » plus les animaux.

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Dans l’atelier de Christophe Barbarin, taxidermiste : un modèle « à l’ancienne », utilisant de la paille

© Corentin Renoult / David Segal / France Télévisions

« La première étape est le dépouillement. Il faut séparer la peau du crâne pour pouvoir les traiter chacun séparément. La peau est bronzée. Ensuite, vous devez prendre soin du mannequin. Christophe Barbarin travaille avec des moules animaux, en polyester, qu’il fabrique lui-même. “Cela m’aide à obtenir une forme de base.” Ensuite, il peaufine, méticuleusement, pour rendre l’animal aussi réel que nature.

On touche à tout. Soudure, menuiserie… Et nous travaillons vraiment beaucoup de matériaux. Il faut être un bon bricoleur !

Christophe Barbarin

taxidermiste

Christophe nous emmène ensuite vers un meuble haut à tiroirs. À l’intérieur… des yeux, des centaines d’yeux. Faux, bien sûr. “Nous avons tous des yeux pour presque tous les animaux, de toutes tailles”il explique.

Plus un œil est réaliste et bien conçu, plus vous avez l’impression que l’animal vous regarde et que son regard est profond.

Christophe Barbarin

taxidermiste

>Dans l'atelier de Christophe Barbarin, taxidermiste : l'armoire à yeux
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Dans l’atelier de Christophe Barbarin, taxidermiste : l’armoire à yeux

© Corentin Renoult / David Segal / France Télévisions

Vient ensuite la dernière étape : la pose de la peau sur le mannequin. Avec des coutures les plus discrètes possibles – “souvent derrière les jambes, sous le ventre”.

75% des clients de Christophe sont des chasseurs qui viennent lui rapporter leurs cerfs, sangliers et chevreuils abattus durant la saison. Le reste de son activité est partagé entre particuliers et musées. “J’ai réalisé un gros python pour le musée de Grenoble, un lion pour le musée de Dijon”, énumère le taxidermiste. Il travaille parfois avec des oiseaux, des poissons et des petits mammifères.

>Dans l'atelier de Christophe Barbarin, taxidermiste : moisissures animales
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Dans l’atelier de Christophe Barbarin, taxidermiste : moisissures animales

© Corentin Renoult / David Segal / France Télévisions

“Mais ma préférence va plutôt vers les grands mammifères d’Afrique et d’Europe.” Actuellement, il travaille sur un léopard. Une pièce rare, à laquelle il apporte un soin particulier. “Ce sera une quinzaine d’heures de travail”il prédit.

«C’est un métier dont le but est de préserver»conclut Christophe Barbarin. “Je pense qu’il y a des animaux que j’ai créés et qui seront sûrement encore là quand je ne serai plus là.”

En France, la profession de taxidermiste compte moins de 200 professionnels en France, contre plus de 1 000 quarante ans plus tôt.

► Reportage de Dvaid Segal et Corentin Renoult

 
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