« Le gars de la chute » de David Leitch ; « Ligne frontière » de Juan Sebastián Vásquez et Alexandro Rojas

« Le gars de la chute » de David Leitch ; « Ligne frontière » de Juan Sebastián Vásquez et Alexandro Rojas
« Le gars de la chute » de David Leitch ; « Ligne frontière » de Juan Sebastián Vásquez et Alexandro Rojas

Doublé officiel de la superstar hollywoodienne Tom Ryder (le sensationnel Aaron Taylor-Johnson), Colt Seavers (Ryan Gosling), cascadeur accompli, doit abandonner – provisoirement – ​​son métier de casse-cou suite à une très mauvaise chute, et par la même occasion , dites adieu à son début d’histoire d’amour avec une adorable technicienne (Emily Blunt, impeccable !). Mais quelques mois plus tard, on est venu le chercher pour un nouveau blockbuster. Sa mission ? Retrouvez sa star, Tom Ryder (dont il était la doublure) disparu de ce film XXL. Un film dont le réalisateur, comme par hasard, se trouve être son… ancien amour.

Adaptation très libre de la série des années 1980, L’homme qui tombe au bon moment, Le gars qui tombe à pic, signé par un David Leitch de 48 ans en grande forme créative, est une comédie d’action comme on n’en a pas vu sur les écrans depuis longtemps. Bourré de gags, il nous entraîne à 100 à l’heure dans un tourbillon de scènes aussi drôles que spectaculaires, avec, en fond, un scénario qui rend hommage à ces anonymes que sont les cascadeurs (l’ancien métier de David Leitch, qui notamment doublé Brad Pitt et Matt Damon), tout en proposant une critique du monde hollywoodien. Dans le rôle du cascadeur, Ryan Gosling, tout en autodérision, fait des étincelles : l’interprète de Ken du récent Barbie est définitivement un grand acteur. Impressionnant, incroyable et hilarant. Steven Spielberg a apparemment « adoré » (nous aussi !).

Recommandation : 5 cœurs

Dominique Poncet

  • Ligne frontière de Juan Sebastián Vásquez et Alexandro Rojas – Avec Alberto Ammann, Bruna Cusi, Ben Temple, Laura Gomez…

Diego (Alberto Ammann) et Elena (Bruna Cusí) quittent Barcelone pour New York, dans l’espoir de commencer une nouvelle vie. Dès leur arrivée sur le sol américain, ils se retrouvent arrêtés par la Police aux Frontières et soumis à un interrogatoire qui va peu à peu bousculer leurs certitudes…

Déjà remarqué en 2023 lors du festival Polar de Reims et lors de la dernière édition de Premiers Plans à Angers, Limite sort enfin en salles. Un premier film étonnant du duo Juan Sebastián Vásquez et Alejandro Rojas où tout se déroule quasiment à huis clos. La tension ne fait que croître tout au long de ce thriller qui captive littéralement le spectateur jusqu’à une issue pour le moins inattendue. Assurément, l’un des films les plus impressionnants de ces dernières semaines.

Recommandation : 4 cœurs

Antoine Le Fur

Pour échapper à la police, deux braqueurs en cavale, un fils, Sylvain (Artus), et son père, La Fraise (Clovis Cornillac), s’infiltrent dans une colonie de vacances pour adultes handicapés mentaux, se faisant passer pour un nouveau pensionnaire (comme en ce qui concerne Sylvain) et pour l’éducateur spécialisé de ce dernier (en ce qui concerne Fraise). Ils pensent avoir trouvé la planque idéale… Au contraire, ce sera pour eux le début de quelques ennuis, mais aussi d’une merveilleuse aventure humaine qui les changera à jamais.

Pour son premier long métrage en tant que réalisateur, Artus (sponsor des Jeux Paralympiques et Handicap International) a opté pour une comédie qui se déroule dans un milieu qu’on n’a pas l’habitude de voir sur grand écran : celui du handicap mental. Pour l’humoriste, il s’agissait de montrer que, comme dans Le huitième jour de Jaco Van Dormael (1996), les personnes handicapées mentales ont une imagination, une magie, voire une folie qu’on ne rencontre pas ailleurs. Le pari de l’humoriste était risqué… Il l’a réussi haut la main : malgré une réalisation un peu plate, son film est un petit bijou d’humour, d’humanité, de vérité, de tendresse et de générosité, et les rires qu’il déclenche sont aussi sains que la vie. économie. Tout public à partir de 11 ans.

Recommandation : 4 cœurs

Dominique Poncet

  • Une question de principe d’Antoine Raimbault – avec Bouli Lanners, Thomas VDB, Céleste Brunnquell…

Bruxelles, 2012. Le commissaire à la santé se retrouve licencié du jour au lendemain. Scandalisé, José Bové (Bouli Lanners) décide d’enquêter. Aidé d’un assistant parlementaire, Fabrice (Thomas VDB), et d’une jeune stagiaire, Clémence (Céleste Brunnquell), l’homme politique va découvrir un véritable complot menaçant de déstabiliser les autorités européennes, jusqu’à leur sommet…

Antoine Raimbault aime les films tirés d’histoires vraies. Dans son premier long métrage, Une conviction intime, il revient sur le retentissant procès de Jacques Viguier et réalise un Olivier Gourmet criant à la vérité chez Éric Dupond-Moretti. Avec Une question de principeil aborde cette fois le combat de José Bové, auteur de l’ouvrage Hold-up à Bruxelles, des lobbys au cœur de laL’Europe  (Editions La Découverte). Une histoire qui a directement inspiré ce film extrêmement documenté mais qui ressemble malheureusement plutôt à un reportage de Complément deenquête que ce qu’un spectateur attend d’une fiction au cinéma, malgré la composition impeccable de Bouli Lanners dans le rôle de José Bové.

Recommandation : 2 cœurs

Antoine Le Fur

  • Le tableau volé de Pascal Bonitzer – Avec Alex Lutz, Léa Drucker, Nora Hamzawi, …

Commissaire-priseur dans une célèbre maison de ventes, André Masson (Alex Lutz) reçoit un jour une lettre selon laquelle un tableau d’Egon Schiele, qui avait été volé par les nazis en 1939 à un collectionneur juif, aurait été retrouvé à Mulhouse chez un jeune ouvrier. Très sceptique, il s’émeut et se rend compte de l’évidence : l’œuvre est authentique. Il s’inspire du peintre autrichien du célèbre Tournesols par Van Gogh. Immédiatement, le combat éclate. Masson comprend que certains de ses confrères vont tenter de mettre la main sur la toile. Un combat plein de suspense commence. Son ex-compagne et collègue Bertina (Léa Drucker) et sa stagiaire Aurore (Louise Chevillotte) l’aideront à le diriger. En même temps, le jeune chimiste qui a découvert la toile et qui ne comprend rien au monde de l’art et aux millions d’euros qu’il implique, assistera au jeu qui se joue, sans chercher à intervenir. Pour lui, la famille et les amis continueront de valoir toutes les fortunes du monde…

L’histoire vraie de ce tableau retrouvé dans une maison ouvrière et remis sur le marché à un prix astronomique ne pouvait qu’inspirer un film au réalisateur et scénariste élégant, précis et raffiné de notamment Rien sur Robert, petites coupures Et Cherche Hortense. Il est dommage qu’à côté du monde « riche » de l’art, le cinéaste ait voulu s’aventurer dans le milieu prolétarien. Cela donne des allers-retours entre les personnages de deux univers qui finissent par brouiller son histoire. On le regrette d’autant plus que, comme à son habitude, le réalisateur a excellemment dirigé ses acteurs (Louise Chevillotte et Alexis Lutz en tête) et soigné ses cadrages et sa photographie.

Recommandation : 2 cœurs

Dominique Poncet

Eva (Lucie Charles-Alfred) arrive en femme de chambre dans un grand palais parisien. Là, elle rencontre ses collègues et notamment la maladroite Simone (Corinne Masiero). Lorsqu’un mouvement social vient bousculer la vie de l’establishment, chacun comprend qu’il va falloir se serrer les coudes face à l’adversité…

Dans son premier long métrage, Mis, le réalisateur Nessim Chikhaoui affichait déjà son goût pour le cinéma social en plaçant son intrigue dans un foyer pour mineurs. Changement de décor avec son nouveau film, Petites mains, qui se trouve cette fois dans un palais. Mais ce ne sont pas les riches clients qui vont l’intéresser ici mais plutôt ces femmes de chambre, injustement rendues invisibles. Si le film échoue parfois dans sa naïveté, il séduit en revanche par le talent de ses différentes actrices (mention spéciale à la révélation Lucie Charles-Alfred) et son caractère résolument se sentir bien.

Recommandation : 3 cœurs

Antoine Le Fur

Primé à Cannes en 2018 pour Le chant de la forêt, Les cinéastes trentenaires Jão Salaviza et Renée Nader Messora poursuivent leur aventure cinématographique avec le peuple Kraho, qui tente de survivre dans le nord du Brésil, malgré les menaces d’ennemis de toutes sortes, parmi lesquels des agriculteurs voraces et des braconniers d’oiseaux exotiques. A mi-chemin entre documentaire, fiction et récit historique, La fleur de Buriti raconte avec une poésie, une délicatesse et une beauté incroyables le quotidien d’un chamane, de son épouse et de sa sœur, mais aussi celui de leurs pairs, tout en faisant référence à leur histoire, souvent dramatique depuis les années 1940. Présenté au dernier Festival de Cannes, ce film émouvant a remporté un prix spécialement créé pour lui dans la section Un Certain Regard.

Recommandation : 4 cœurs.

Dominique Poncet

 
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