L’affaire Julie Brocard en direct et en prime time sur M6 lundi 4 mars

LLa famille de Julie Brocard ne lâche rien. Près de cinq ans après le décès de la jeune Auboise en juin 2019, ses proches participeront à l’émission Appel à témoins sur M6.

L’émission sera diffusée lundi 4 mars, en prime time (21 heures) et en direct, chose devenue rare à la télévision française. Il reviendra sur plusieurs affaires pénales non résolues, dont celle de la mère de famille de 38 ans. Objectif, faire connaître l’affaire pour inciter un témoin, une personne disposant d’informations inédites, ayant reçu des aveux, à prendre la parole pour relancer l’enquête et contribuer à révéler la vérité dans cette affaire très particulière à plusieurs égards.

Dents arrachées

L’affaire Julie Brocard a débuté mardi 25 juin 2019. Sa fille aînée, Inès, a découvert le corps sans vie de sa mère dans le salon de leur maison en location, rue Veuve-Bernard-Bodié à La Chapelle-Saint-Luc.



Julie est décédée dans sa maison louée rue Veuve-Bernard-Bodié à La Chapelle-Saint-Luc.

Ce qui marque la famille, ce sont les violences subies par l’aide-soignante, qui mesure 1,53 m et pèse 50 kg. Julie est décédée des suites de violents traumatismes au visage et à la tête. Son nez est déformé. Détail glaçant, plusieurs de ses dents sont cassées. L’un d’eux sera retrouvé au sol. Un autre dans son pharynx lors de l’autopsie. Le corps de la trentenaire présente des contusions sur ses membres supérieurs et inférieurs. Le salon, en désordre, évoque aux enquêteurs les traces d’une lutte. Les meubles sont déplacés. Des traces de sang sont retrouvées sur les murs et les meubles, comme si Julie avait été jetée dans la pièce.

Autant d’éléments qui permettent de clairement privilégier la piste criminelle. A l’époque, le parquet de Troyes avait ouvert une information judiciaire pour homicide volontaire. Un juge d’instruction prend les commandes, épaulé par le service régional de police judiciaire (SRPJ) de Reims saisi de l’enquête.

Des enquêtes infructueuses

Les enquêteurs retracent les derniers jours de Julie, séparée depuis plusieurs années du père de ses deux enfants. Selon des témoignages, elle a participé, vendredi 21 juin, à une soirée à Saint-Julien-les-Villas pour la Fête de la Musique. Elle passe le samedi avec la mère de son compagnon du moment dont elle vient de se séparer.

Elle récupère sa voiture samedi soir avant de rentrer chez elle. Dimanche matin, elle ne répondait plus aux messages de ses proches.

« Nous n’abandonnerons pas tant que nous ne connaîtrons pas la vérité. »

De nombreuses enquêtes sont menées pour déterminer comment s’est déroulée la nuit du samedi 22 et du dimanche 23 juin. La piste du fémicide est étudiée. Le petit ami de Julie de l’époque avait déjà été violent avec elle. Il a également menacé de le tuer. D’autres pistes sont en cours de creusement. Plusieurs personnes sont entendues. Il n’y a rien qui puisse confondre un suspect. Ce qui appelle une certaine prudence avant de tirer des conclusions définitives en la matière. C’est dans ce contexte qu’un revirement inattendu va se produire.

La thèse très surprenante d’un acte auto-agressif

À l’été 2020, la juge d’instruction de l’époque (elle n’est plus en poste dans le département) a fait part aux parties civiles de sa volonté de clore l’enquête. Le magistrat soutient la thèse des blessures auto-infligées ayant conduit à la mort de Julie dans un acte auto-agressif. Julie se serait suicidée dans un accès de folie. Le juge s’appuie notamment sur une expertise des traces de sang et une autopsie complémentaire qui conforte le fait que cette thèse est, en théorie, possible.

Des messages pour Julie reviennent lors des manifestations contre les violences faites aux femmes comme ici en 2022.
Des messages pour Julie reviennent lors des manifestations contre les violences faites aux femmes comme ici en 2022.

Une version des faits qui, au vu des premiers éléments cités, révolte la famille de la victime. Ce dernier estime que la justice n’a pas tout fait pour permettre que la vérité soit révélée dans cette affaire. Pour elle, la thèse pénale ne fait aucun doute. La nouvelle expertise lui donnera raison. En 2021, selon des informations déjà révélées dans notre journal, une expertise médicale indique que « si un geste auto-infligé est possible, il est très peu probable contrairement à l’intervention d’un tiers qui reste l’hypothèse la plus probable « .

Retour sur la piste criminelle

Début 2023, un collège d’experts dépose une nouvelle expertise médicale qui rejette la mort involontaire de Julie : « Il n’existe aucune preuve permettant d’étayer la compatibilité des blessures présentées par Julie Brocard avec un acte auto-agressif. Et de poursuivre : « Les blessures sont compatibles avec l’intervention violente d’un tiers. « .

Près de quatre ans après la mort de Julie, l’enquête revient sur sa première piste, celle d’un meurtre. Donner le sentiment que la justice a perdu beaucoup de temps dans cette affaire. Reste désormais à déterminer que s’est réellement passé entre le samedi 22 juin et le dimanche 23 juin 2019 ? La question demeure : qui a tué Julie ?

Julie Brocard s'est séparée de son mari il y a plusieurs années.Julie Brocard s'est séparée de son mari il y a plusieurs années.
Julie Brocard s’est séparée de son mari il y a plusieurs années. – Famille JB

Numéro spécial gratuit

L’émission M6 pourrait, éventuellement, contribuer à répondre à ces questions grâce à ce Appel à témoins. L’émission aura au moins le mérite de poursuivre la médiatisation de l’affaire Julie Brocard pour éviter qu’elle ne tombe dans l’oubli, ce que veut surtout éviter la famille, déterminée à retrouver l’assassin : « Qui aurait cru qu’on allait s’arrêter là sans se battre pour toi, notre Julie. Nous continuons ! » peut-on lire sur la page Facebook de l’association « Princesse Julie » dédié à la mémoire d’Auboise. “Nous n’abandonnerons pas tant que nous ne connaîtrons pas la vérité « .

Si vous avez des informations à communiquer (appels anonymes) au salon :Numéro vert non surtaxé : 0800 10 11 21. Adresse email : [email protected]Association Princesse Julie : [email protected]

 
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