Quand les vieux facteurs se souviennent de leurs belles années – .

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Soirée retrouvailles ce samedi dans un restaurant de Nouméa pour les anciens facteurs. Un premier. L’occasion de partager des anecdotes après de nombreuses années sur le terrain, sur une mobylette.

Ils livrent votre courrier depuis des années. A Nouméa, Mont-Dore ou Voh. Des facteurs qui sillonnaient inlassablement les routes calédoniennes.

Bruno Trin a débuté le 7 juillet 1980 à Voh. Il a passé 39 ans dans le domaine. « Je suis un gars qui aime se balader, traîner, donc c’était valable ! Nous allions parfois chez les gens, très renfermés, ils voyaient le facteur peut-être deux fois par semaine. Ils étaient contents de nous voir. Ils m’ont donné de l’argent et je suis allé leur chercher du pain ou tout ce qu’ils voulaient.

C’est son expérience au Mont-Dore qui l’a le plus marqué. « Nous pouvions voir la mer. Les paysages étaient beaux et les gens du Mont-Dore étaient sympas. Ils n’étaient pas stressés comme en ville.

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Des facteurs à la retraite ont apporté quelques souvenirs de cette soirée de retrouvailles.

©Stephanie Chenais / Nc la 1ere

Les premières femmes en 1991

Laurence Bur, qui n’est pas encore à la retraite, a été l’une des premières factrices. C’était en 1991. « Avant notre arrivée, le chef des facteurs avait appelé tous les collègues. Il leur a dit de faire attention car des jeunes filles arrivaient. Il leur a demandé de bien se tenir, de nous parler. Mais quand ils nous ont dit même appris beaucoup de mots grossiers. Mais ce furent mes meilleures années. C’étaient presque nos pères, ils nous ont tout appris.

Un travail physique, avec des sacs lourds, et parfois dangereux. « J’ai été mordu une fois par un chien. Et j’ai eu un accident de travail, un automobiliste m’avait coupé la priorité”se souvient de Véronique N’Guyen qui faisait partie de la deuxième promotion des facteurs.

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Le quotidien des facteurs en 1990

©Stéphanie Chenais / NC le 1er

Et au fil des années, des liens se sont tissés. « Juste pour voir leurs yeux quand on leur apportait une lettre ou une carte postale. C’était merveilleux, poursuit Véronique N’Guyen. A l’approche de Pâques, on nous a offert des chocolats. Nous avons eu de très bons contacts.

Et leurs missions allaient parfois bien au-delà de la simple distribution du courrier. Estelle Blanc a même dû faire des interventions médicales. « Une personne était malade. Sa femme m’a appelé et j’ai prévenu le médecin.

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Le sac pesait très lourd certains jours pour les facteurs calédoniens…

©Stéphanie Chenais / NC le 1er

La mystérieuse disparition des sacoches

Parmi les souvenirs qui ont marqué Bruno Trin, il y a cette petite frayeur. « Nous étions allés manger dans un restaurant et tous les cyclomoteurs étaient garés devant. Avec les sacs bien sûr. Il y a un des chefs qui est passé, qui a vu tous les sacs, et il est parti avec. Quand nous sommes partis, nous n’avons pas compris ce qui s’était passé. Nous avons tous été convoqués. On en a ri après, mais sur le coup, ce n’était pas trop risible… »

L’occasion aussi, lors de la soirée, d’utiliser le vocabulaire spécifique du métier. Par exemple tricoter, c’est-à-dire zigzaguer des nombres pairs aux nombres impairs sur la route.

Le reportage de Stéphanie Chenais :

 
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