Carla Bruni, l’épouse de l’ancien président Nicolas Sarkozy, rattrapée par la justice – .

Carla Bruni, l’épouse de l’ancien président Nicolas Sarkozy, rattrapée par la justice – .
Carla Bruni, l’épouse de l’ancien président Nicolas Sarkozy, rattrapée par la justice – .

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France : Carla Bruni, l’épouse de l’ancien président Nicolas Sarkozy, rattrapée par la justice

Publié le Mercredi 10 juillet 2024 à 09:29 | Temps de lecture estimé : 3 min.

Le président français Nicolas Sarkozy et son épouse Carla Bruni-Sarkozy arrivent pour une réunion à New York il y a quelques années.AFP

Elle est mise en examen pour recel par subornation de témoin et participation à une association de malfaiteurs en vue de commettre le délit d’escroquerie en bande organisée. Carla Bruni est donc placée sous contrôle judiciaire avec interdiction de contacter l’un des protagonistes de cette procédure, à l’exception de M. Nicolas Sarkozy… Au terme d’une journée d’audience, le 9 juillet, voici ce qu’a indiqué le juge à Carla Bruni. La mannequin, chanteuse et, depuis 2008, épouse de l’ancien président de la République (2007-2012), est la dixième personne mise en examen dans une affaire surnommée « sauver Sarko » par la justice et la presse française.

Carla Bruni, 56 ans, avait déjà été convoquée comme témoin par la justice française en juin 2023, puis en mai dernier dans cette affaire de financement présumé (50 millions d’euros) par la Libye du colonel Kadhafi de la campagne de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle de 2007. Un homme d’affaires, Ziad Takieddine, avait fait fuiter l’information, ce qui avait conduit la justice à ouvrir une enquête. En 2016, il avait été mis en examen pour complicité de trafic d’influence et corruption d’agent public par une autorité publique étrangère.

Je pense que Mimi Marchand a utilisé le nom de mon mari et le mien dans cette affaire pour avoir un effet de levier auprès de ses complices. Elle est très manipulatrice.

Mais le même Takieddine est revenu sur ses déclarations et a soudainement disculpé Nicolas Sarkozy dans une interview à « Paris Match » et BFM TV. Ce revirement soudain a déclenché l’ouverture d’une information judiciaire en mai 2021. Et c’est là que le nom de Carla Bruni apparaît dans le dossier… Car les enquêteurs ont constaté que l’épouse de l’ancien président de la République serait liée à une personne mise en examen dans cette affaire.

À propos de la « papesse de la presse people »

Ladite personne est bien connue à Paris, aussi bien des journalistes que des policiers, des « célébrités » et même du couple Macron. Surnommée « Mimi » ou « papesse de la presse people », présentée comme une communicatrice et une femme d’affaires, Michèle Marchand, 77 ans, est à la tête d’une agence de presse qui fournit aux journaux des informations et des photos. C’est elle qui a monté et vendu l’interview de rétractation de Ziad Takkiedine à « Paris Match » (dirigé à l’époque par un journaliste proche de Nicolas Sarkozy) et à BFM TV. Officiellement, Carla Bruni a fait appel à « Mimi » pour le lancement et la promotion de son album de chansons. Mais la justice soupçonne l’épouse de l’ancien président de la République d’avoir été la courroie de transmission entre « Mimi » et son mari. La justice fonde son dossier sur ses conversations passées sur un téléphone au nom d’« Alexandre », le prénom de son informaticien (Nicolas Sarkozy, lui, avait un téléphone « caché » au nom de Paul Bismuth !).

L’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine (à gauche sur la photo) avec son avocat Sanian Maktouf (à droite) arrivent à la section des crimes financiers du tribunal de Paris, le 24 avril 2021. (Photo de BERTRAND GUAY / AFP).

Ainsi, les enquêteurs ont découvert des conversations téléphoniques réalisées à partir du téléphone d’« Alexandre ». Par exemple, cette conversation du 22 octobre 2020 alors que Michèle Marchand venait d’arriver à Beyrouth pour l’interview de Ziad Takkiedine : « Tout va bien, ma Mimi ? ” Ou un autre échange, toujours avec le communicateur. Aux enquêteurs, Carla Bruni assurera : ” Je n’ai jamais utilisé ce numéro “, affirme ne pas être titulaire de ce numéro et suggère qu’il aurait pu être utilisé par son fils ou son informaticien. Lors d’une autre audition, c’est la même Carla Bruni qui, lorsque les enquêteurs lui ont demandé si son informaticien connaissait le numéro de ce téléphone, a répondu : ” je ne pense pas »…

Poursuite procédurale de l’affaire

Après l’annonce de la mise en examen de son client, l’avocat Paul Mallet a déclaré : « Le La mise en examen de Mme Carla Bruni-Sarkozy, dans les mêmes termes que celle concernant son mari, n’est que la suite procédurale ».

Le La mise en examen de Mme Carla Bruni-Sarkozy, dans les mêmes termes que celle concernant son mari, n’est que la suite procédurale.

Lors de son audition du 9 juillet dernier, Carla Bruni a voulu, une fois de plus, disculper son mari et a accusé son « amie », la communicatrice Michèle Marchand : « Je pense que Mimi Marchand a utilisé le nom de mon mari et le mien dans cette affaire pour avoir un effet de levier auprès de ses complices. Elle est très manipulatrice. ».

L’opération « sauver Sarko » avec la rétractation de Ziad Takieddine et la mise en examen de Carla Bruni contre Michèle Marchand ne change rien à l’affaire : le procès de Nicolas Sarkozy pour le financement présumé de sa campagne électorale de 2007 reste prévu entre le 6 janvier et le 10 avril 2025…

Serge Bressan (correspondant à Paris)

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