Marine Le Pen et Viktor Orban forment une alliance au Parlement européen – .

Marine Le Pen et Viktor Orban forment une alliance au Parlement européen – .
Marine Le Pen et Viktor Orban forment une alliance au Parlement européen – .

JOrdan Bardella a confirmé dimanche soir que les eurodéputés du RN rejoignaient ceux de Viktor Orban au sein des « Patriotes ». En fait, cette opération n’est pas l’exacte vérité et fait l’objet depuis une dizaine de jours d’un étrange teaser. Viktor Orban a annoncé la création d’un groupe politique au Parlement européen. Ce n’est pas le cas. La vérité, c’est qu’il rejoint le groupe ID de Marine Le Pen. Le groupe Patriotes n’est que le nouveau nom du groupe ID, qui conserve ses structures, son personnel, ses fonds… Sans doute le Premier ministre hongrois n’a-t-il pas voulu paraître s’accrochant à un groupe déjà existant qu’il n’a pas rejoint depuis son départ du PPE en 2021.

Deux autres partis rejoignent le groupe ID-Patriots : le parti ANO 2011 de l’ancien Premier ministre tchèque Andrej Babis (issu du groupe Renew), et les six Espagnols de Vox, qui quittent le groupe ECR de Giorgia Meloni et le PiS polonais. Il y a aussi quelques élus qui entrent au Parlement comme seuls représentants de leur parti. L’effectif revendiqué du groupe ID-Patriots est de 84 députés représentant 12 nationalités, ce qui les place devant ECR (78 députés) et Renew (76 députés). Ce décompte doit encore être confirmé par l’administration du Parlement européen. Les grands perdants de ces transferts sont les quinze députés allemands de l’AfD, évincés du groupe ID juste avant les élections européennes. Le retour de l’AfD n’est « pas envisagé », confirment les dirigeants des Patriotes.

Le « cordon sanitaire » contre les Patriotes

Représentant la plus importante délégation (30 élus), Jordan Bardella a naturellement été élu président du groupe lundi matin. Mais il était, comme d’habitude… absent. Il n’a pas non plus été vu à la conférence de presse au Parlement à Bruxelles à 15h30

Sa première vice-présidente sera l’eurodéputée hongroise Kinga Gal, spécialiste des minorités, élue depuis 2004 à Strasbourg (au PPE jusqu’en 2021). « Nous entendons avoir des postes qui correspondent aux millions d’électeurs que nous représentons », a déclaré Jean-Paul Garraud, qui a remplacé Jordan Bardella en son absence. En 2019, les groupes majoritaires avaient mis en place un « cordon sanitaire », empêchant les élus du groupe ID d’obtenir la moindre responsabilité dans le fonctionnement du Parlement européen. « Bien sûr, nous utiliserons à nouveau le cordon sanitaire », a indiqué le PPE. « Notre ligne est extrêmement claire, nous ne négocions pas avec l’extrême droite », a indiqué le cabinet de Valérie Hayer, la présidente du groupe Renew.

Orban choisit Le Pen, faute d’accord avec Meloni

On y voit désormais plus clair. Viktor Orban aurait préféré un grand groupe réunissant les forces de l’ECR derrière Giorgia Meloni et les forces du groupe ID derrière Marine Le Pen. Cela n’a pas été possible. Giorgia Meloni ne veut pas mélanger ses forces avec le RN. Viktor Orban était en discussion avec l’ECR depuis de longs mois. Mais là aussi, l’affaire n’a pas été conclue. Ses positions ambiguës à l’égard de Vladimir Poutine le rendent inapprochable pour le groupe ECR, très attaché à l’OTAN et à l’influence américaine. D’ailleurs, le Premier ministre de la République tchèque, Petr Fiala, l’un des membres importants de l’ECR, n’a pas manqué, dans un tweet, de dénoncer le positionnement des Patriotes : « Appelons un chat un chat, écrit-il. Les Patriotes servent les intérêts de la Russie. Soit consciemment, soit inconsciemment. Et ils menacent ainsi la sécurité et la liberté en Europe. »

Circonstances aggravantes : le groupe ECR a ouvert ses portes aux Roumains du parti AUR, qui revendique une « Grande Roumanie » empiétant sur le territoire hongrois. Un casus belli pour Viktor Orban.

Ni le groupe ECR ni les Patriotes ne font partie de la plateforme majoritaire composée des groupes PPE, S&D (sociaux-démocrates) et Renew (centristes et libéraux). La majorité mobilise 400 députés. Il en faut 361 pour soutenir la candidature d’Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission. Le vote aura lieu le 18 juillet, à bulletin secret. La marge d’Ursula von der Leyen est de 10%. Or, lors d’élections similaires, les pertes au sein des groupes majoritaires ont été de 13% en moyenne. L’élection de la présidente sortante n’est pas acquise.

Ursula von der Leyen à la pêche aux votes

Ursula von der Leyen doit aller chercher des voix dans d’autres groupes, au-delà de sa majorité. Elle a rencontré les Verts la semaine dernière. Elle a d’autres rendez-vous prévus cette semaine. Giorgia Meloni s’est abstenue sur son nom au Conseil européen de fin juin. Elle n’est pas personnellement hostile à von der Leyen, qui a mis en place des accords avec la Tunisie et l’Egypte qui vont dans le sens du président italien du Conseil. Peut-être l’Italien donnera-t-il instruction aux 24 eurodéputés Fratelli d’Italia de soutenir von der Leyen… Mais la suivront-ils ? Avec un vote à bulletin secret, tout est possible.

 
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