En Suède, des petits studios de jeux vidéo dans la cour des grands

Présentation de la Xbox E3 2016 de Microsoft, au Galen Center de Los Angeles, Californie, le 13 juin 2016 (FREDERIC J. BROWN / AFP/Archives)

Minecraft, Valheim et Raft, pour ne citer qu’eux : les Suédois, seuls ou en petites équipes, se sont taillé une place à part dans l’industrie du jeu vidéo.

Minecraft, qui fête ses 15 ans le 17 mai, est né de l’imagination d’un seul homme, le Suédois Markus « Notch » Persson. Avec plus de 300 millions d’exemplaires vendus en 2023, il conforte son statut de jeu le plus vendu de l’histoire.

Ce succès n’est pas un exemple isolé en Suède, où l’écosystème « gaming » est abondant, avec de petits studios bien implantés.

« C’est le temps, il fait froid. Vous restez à l’intérieur, vous jouez, vous n’avez pas vraiment grand-chose à faire dehors”, plaisante Philip Westre, co-fondateur du développeur de jeux Landfall, à l’AFP.

Malgré sa population modeste (10,5 millions d’habitants), le royaume nordique a créé des jeux téléchargés sept milliards de fois à travers la planète, selon les chiffres de l’industrie suédoise du jeu, de quoi presque rivaliser avec les poids lourds américains, chinois et japonais du secteur.

Dans le monde, une personne sur quatre a déjà joué à un jeu suédois et en 2022, les développeurs suédois ont réalisé un chiffre d’affaires de 32,5 milliards de couronnes (2,8 milliards d’euros).

Situé à l’ouest de la capitale Stockholm, le studio Landfall, qui emploie une dizaine de personnes, vient de connaître un succès inattendu.

Miyazaki, couvertures et peluches

Dans une villa d’une banlieue tranquille, les murs du petit bureau du studio sont décorés d’œuvres d’art inspirées de Hayao Miyazaki, de couvertures de jeux anciens et d’une étagère de peluches.

Le jeu vidéo « Valheim » du studio suédois Iron Gate, le 10 mars 2021 à Bruxelles (Kilian FICHOU / AFP/Archives)

Content Warning, son dernier jeu coopératif et déjanté, est sorti le 1er avril. Son objectif ? Filmer ses amis effrayés, mettre les vidéos en ligne sur une plateforme fictive « SpöökTube », et espérer qu’elles deviennent virales.

Pour lancer le bal, Landfall a proposé le jeu gratuitement pendant 24 heures. À leur grande surprise, plus de 6 millions de personnes ont sauté sur l’occasion.

Content Warning, développé en seulement six semaines, est le dernier exemple en date du succès fulgurant que connaissent les petits studios suédois dans l’industrie du jeu vidéo.

Début 2021, Iron Gate publie le jeu Valheim, reconnaissable à son style Viking, créé par une équipe de cinq personnes. Il triomphe rapidement et se vend à plus de 12 millions d’exemplaires.

Autre coup d’éclat, Raft – où les joueurs doivent survivre à bord d’un radeau flottant dans l’océan – a été créé par trois étudiants de l’université d’Uppsala (au centre).

Et bien sûr, Minecraft, qui depuis sa sortie en mai 2009, a été racheté par le géant américain Microsoft pour 2,5 milliards de dollars.

Zorro Svärdendahl, programmeur chez Landfall, explique ces succès par l’existence d’une organisation plus flexible, grâce à la petite taille des équipes.

«Ils travaillent plus rapidement», dit-il, et les décisions peuvent également être prises sans heurts avec plusieurs niveaux hiérarchiques.

Plusieurs développeurs suédois se sont au contraire transformés en grands studios comptant des centaines d’employés, comme DICE (créateurs de la série Battlefield) et Massive Entertainment (qui développe actuellement le prochain Star Wars Outlaws).

Le pays abrite également le géant du jeu vidéo Embracer, qui contrôle une multitude de studios et possède la franchise « Tomb Raider ».

“Prophétie auto-réalisatrice”

Il faut remonter aux années 1980 pour trouver les premiers germes de la scène suédoise actuelle, souligne Per Strömbäck, président de l’industrie suédoise du jeu.

Minecraft, depuis sa sortie en mai 2009, a été racheté par le géant américain Microsoft pour 2,5 milliards de dollars (Robyn BECK / AFP/Archives)

Les pionniers ont appris la programmation sur des ordinateurs Commodore 64, tout en s’inspirant des mécaniques des jeux de rôle.

“Personne ne se doutait à l’époque que cela allait devenir un business à neuf chiffres”, note-t-il.

Philip Westre du studio Landfall note également que les Suédois sont eux-mêmes de grands acteurs.

« La culture du jeu vidéo est très, très forte ici, tant dans le jeu que dans le développement », explique-t-il.

En tant que « très grand fan de Minecraft », il se souvient avoir été ravi d’apprendre que le jeu était développé dans son pays d’origine.

« C’est un peu comme une prophétie auto-réalisatrice. Puisque je savais que des gens créaient des jeux en Suède, je savais que moi aussi je pouvais le faire.

 
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