Près de Toulouse, dans l’atelier Ficat, la relève se prépare

Près de Toulouse, dans l’atelier Ficat, la relève se prépare
Près de Toulouse, dans l’atelier Ficat, la relève se prépare

l’essentiel
Dans la tradition des familles Virebent et Giscard, l’atelier Ficat perpétue la tradition toulousaine des décors architecturaux en terre cuite. Son fondateur, Jean-Loup Ficat a trouvé son successeur en la personne de son fils Colin.

A Toulouse, la statuaire en terre cuite est décidément une affaire de famille. À l’instar des Virebent, pionniers du genre au XIXe siècle et dont les rues de la Ville rose sont devenues l’écrin, à l’instar des Giscard qui perpétuèrent leur art jusqu’en 2005, les Ficat amorcent peut-être une nouvelle lignée de « sculpteurs et mouleurs ». C’est ainsi que se définit Colin Ficat, 31 ans qui, à la fin de l’année, reprendra l’atelier créé en 1985 par son père Jean-Loup, l’un des rares en France à travailler encore de manière traditionnelle. Virebents.

Installé d’abord à Toulouse et depuis 1995 à Saint-Marcel-Paulel, près de Verfeil, cet ancien étudiant des Beaux-Arts formé à la sculpture doit sans doute son orientation professionnelle à un hasard dans son quartier. En effet, Jean-Loup Ficat a vécu quatorze ans dans un appartement donnant sur la cour de la manufacture Giscard, rue de la Colonne où Joseph, le dernier de son nom, produisait encore des ornements en terre cuite moulée. « Je l’aidais en tant que manutentionnaire à déplacer des pièces ou à les mettre à cuire. Il m’a expliqué certaines choses mais pas dans une démarche de transmission. Il n’a pas aimé que je me lance dans la céramique», raconte Jean-Loup Ficat, qui ne souhaitait pas pour sa part voir disparaître un savoir-faire plus que centenaire.

Plus de 450 moules au catalogue

Depuis quarante ans maintenant, il reproduit en série mais à la main, comme le faisaient les Virebent et les Giscard, des œuvres sculpturales à l’aide de « moules en pièces » – composés de plusieurs éléments comme un puzzle – qu’il a même fabriqués. Il en compte plus de 450 à son catalogue. Dans son atelier, moulures, médaillons, antéfixes et autres décorations architecturales côtoient statues, lions, angelots, vases ornés et fontaines décoratives pour les jardins. Colin Ficat, qui a grandi dans ce cadre, y travaille aujourd’hui. « Quand j’étais petite, cet atelier était mon terrain de jeu. J’ai réalisé des dinosaures en terre cuite et j’ai adoré utiliser la mirette pour enlever les bavures », raconte le trentenaire qui s’est d’abord essayé à la sculpture sur bois avant de revenir à la terre. Arrivé dans l’atelier en 2021, il en prendra la relève en fin d’année, gardant pour la première fois son père « sous le capot ». Colin Ficat a déjà retrouvé le geste « nerveux » qui fait la marque de la maison. « Nos concurrents italiens fabriquent des vases très soignés. Nous pratiquons une retouche un peu plus grossière qui donne un accent au vase et lui donne un aspect fait main », explique-t-il.

De plus en plus tourné vers le marché de la décoration, l’atelier Ficat produit depuis deux ans des modèles de vases émaillés design, comme les modèles « cactus » ou « palmier », que particuliers et paysagistes ont adoptés. « J’ai encore plein d’idées de formes contemporaines », confie Jean-Loup Ficat. De quoi donner à mon fils au moins dix ans de travail s’il le souhaite.

 
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