« Flair, c’est une cinquantaine de lancements par an », Anne-Sophie Behaghel

« Flair, c’est une cinquantaine de lancements par an », Anne-Sophie Behaghel
Descriptive text here

Premium Beauty News – Flair a fêté ses dix ans en 2012. Comment est née l’idée d’un studio de création dédié à la parfumerie de niche ?

Anne-Sophie Behaghel – Lorsque nous fondons Flair en 2012, avec Amélie Bourgeois et Martine Denisot, la parfumerie de niche était en plein essor depuis les années 2000. Cependant, les grandes maisons de composition ne pouvaient pas répondre à l’ampleur de la demande, ni en termes de volume. et ni dans des capacités de soutien. Il y avait une vraie place pour les parfumeurs indépendants.

J’ai rencontré Amélie Bourgeois au Cinquième Sens, où la fondatrice et parfumeur Monique Schlienger nous a appris à sentir et à composer. Nous nous y sommes entraînés. C’est également au Cinquième Sens que, plus tard, Amélie rencontre Martine Denisot. Pour ma part, j’ai souhaité enrichir mon expérience dans différents postes chez Firmenich et Symrise.

Nous avons réalisé nos premiers projets pour Jovoy (Rouge assassin) et Frapin (Paradis perdu). François Hénin et David Frossard, les dirigeants de ces deux marques, nous ont fait confiance dès le début. Ces deux réalisations nous ont amenés à créer pour Room 1015, Liquides Imaginaires, Les Eaux Primordiales et BDK Parfums. Pour cette dernière marque nous avons signé Rouge Smoking, Sel d’Argent et French Bouquet.

Depuis la création de Flair, nous avons travaillé pour cinquante-six marques et l’équipe s’est enrichie de deux jeunes parfumeuses : Camille Chemardin et Margaux Le Paih-Guérin, qui se sont rapidement révélées indispensables.

Premium Beauty News – Flair s’est-il aussi ouvert à l’art olfactif ?

Anne-Sophie Behaghel – Oui, Sandra Barré nous a rejoint en 2022. Issue d’un cursus d’histoire de l’art, elle s’est rapprochée des artistes travaillant avec une dimension olfactive, pour interroger la présence des odeurs dans l’art, dans le cadre d’un mémoire, puis d’un livre. Elle a enrichi notre savoir-faire d’une dimension artistique, nous ouvrant à d’autres mondes. Composer pour un projet artistique – où l’on parfume un espace, des matières – implique une autre manière de formuler.

Nous avons fondé le Prix ​​Flair, pour mettre en valeur l’art olfactif. Cette année, pour la deuxième édition, un jury de professionnels du monde de l’art contemporain et de la parfumerie sélectionnera le projet d’un artiste qui obtiendra une bourse de 10 000 euros pour la création d’une installation olfactive, dont nous composerons le parfum. L’œuvre finale sera exposée dans le cadre de la résidence d’artiste POUSH fin 2024. L’appel à candidatures se clôturera le 28 avril. En plus du prix, Flair propose également un podcast, dédié à la promotion de l’art olfactif.

Parmi les projets artistiques récents de Flair, Camille Chemardin a participé à l’exposition personnelle de Chloé Jeanne, qui a eu lieu à Tours. Autour du thème de la présence visible, de la question du vivant, elle a signé trois parfums, pensés comme trois visions de la Loire : végétale, animale et minérale.

Premium Beauty News – Parlez-nous de la démarche créative de l’équipe.

Anne-Sophie Behaghel – Dès le départ, nous avons voulu travailler avec un orgue ouvert, pour ne pas nous enfermer dans un style dicté par un fournisseur de matériel. Nous avons choisi VO Aromatiques, une usine partenaire qui produit des parfums et fournit notre orgue. Rarement, l’entreprise a accepté d’ouvrir son recueil afin d’inclure des matériaux provenant d’autres sources. Comme la vanille verte de Stéphane Piquart (Behave), les spécialités d’Albert Vieille ou Biolandes. Aujourd’hui, nous travaillons avec une palette de 800 ingrédients.

En termes de démarche créative, je dirais que la direction artistique est essentielle. Écoutez le créateur nous raconter son brief, son histoire, avec ses mots. L’une des forces de notre équipe est que nous avons tous un style créatif distinct. J’aime travailler avec des formules simples, avec des surdoses de matières. J’ai une « plume » abstraite. Où Amélie joue avec des formules plus longues, avec une écriture sensuelle et raffinée. Margaux travaille les notes gourmandes et boisées avec audace, sans renier l’élégance. Camille explore les thématiques olfactives avec passion, à travers des formules équilibrées.

Premium Beauty News – Quel regard portez-vous sur ces dix dernières années ?

Anne-Sophie Behaghel – Nous connaissons une croissance tranquille mais certaine. Nous avons pris le temps de développer l’entreprise sereinement. L’engouement pour la parfumerie de niche y contribue. La France reste un marché compliqué mais néanmoins il évolue. En Europe, le public s’intéresse de plus en plus à la parfumerie de niche, la clientèle est plus spécialisée. Même pour les lessives parfumées premium, comme Kerzon. Cette évolution est due, entre autres, à la hausse du prix des produits sélectifs, qui amène le public à se tourner vers une offre plus rare. Un phénomène que la pandémie de Covid a amplifié.

Le studio Flair travaille désormais sur une cinquantaine de lancements par an. Récemment, l’équipe a signé Red, le nouveau parfum de Sora Dora, une exclusivité Jovoy, et Angel’s Powder, le dernier né de Born To Stand Out, dévoilé chez Esxence. Les « Flair girls » ont également conçu les senteurs de la gamme cosmétique Versatile. Et bien d’autres choses à découvrir prochainement…

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV Le filigrane invisible SynthID de Google identifiera désormais le texte et les vidéos générés par l’IA, mais il est moins détectable lorsque le texte a été complètement réécrit ou traduit.
NEXT Neuralink, la start-up d’Elon Musk, savait-elle que ses implants cérébraux étaient défectueux ? – Libération – .