l’indispensable M. Stéphan, entraîneur adjoint des Bleus

l’indispensable M. Stéphan, entraîneur adjoint des Bleus
l’indispensable M. Stéphan, entraîneur adjoint des Bleus

Il est le seul. Seul membre du staff actuel de l’équipe de France à avoir remporté le titre de champion d’Europe de football sous cette casquette. C’était en 2000, aux Pays-Bas. Un autre siècle. Guy Stéphan était alors l’adjoint – déjà – de Roger Lemerre, et Didier Deschamps le capitaine d’un irrésistible équipage (Zidane, Henry, Barthez, Blanc, Djorkaeff, Trezeguet, etc.) qui avait conquis le monde avant son propre continent.

A Rotterdam, le matin de la finale, les deux hommes avaient pris le temps de se parler pour la première fois. “On se promenait, on parlait de choses et d’autres pour se vider l’esprit”rembobine succinctement le Breton, persuadé que le milieu de terrain se transformerait un jour en entraîneur : « Il avait du management en lui. »

Ce n’est que sept ans plus tard que le duo imagine un destin commun. Entre temps, Stéphan a vécu la Coupe d’Afrique des Nations, sélectionneur du Sénégal quart de finaliste en 2004, ou encore la Turquie comme lieutenant de Jean Tigana au Besiktas Istanbul ; Deschamps a mené l’AS Monaco jusqu’en finale de la Ligue des champions 2004 avant de replonger la Juventus Turin dans la crise au sein de l’élite du football italien.

Comme Brett Sinclair (plutôt Stéphan) et Danny Wilde (plutôt Deschamps) dans Amicalement Vôtre, les deux techniciens se retrouvent à Canal+, où le premier commente le championnat anglais et le second le football français. « Le jour de ma reprise du service, on y va ensemble », lui promet Deschamps. Au printemps 2009, Pape Diouf propose au Basque le poste d’entraîneur de l’OM, ​​et l’histoire s’accélère. “Je n’ai discuté avec personne d’autre pour le poste d’adjointa-t-il expliqué au JDD en 2022. Guy avait été numéro 1, il connaissait les contraintes du poste, il avait de l’expérience à l’étranger, savait s’adapter et on avait un bon feeling. Mais c’était avant tout la compétence que je recherchais, je n’étais pas là pour emmener un ami. »

A Marseille, celui qui a remporté la Ligue des Champions 1993 est avant tout un prophète dans son pays, remportant le titre de Champion de France 2010 et trois Coupes de la Ligue. Mais les querelles malsaines au sein du club vont peu à peu le décourager. « Il y a eu des procèssouffle Stéphan. Mais la complicité grandit dans ces circonstances. Et je pense que tout cela a influencé Didier dans ses choix ultérieurs. » Comprendre : le renouveau de l’équipe lorsque « DD » succède à Laurent Blanc à la tête de l’équipe de France à l’été 2012. Douze ans et cinq phases finales plus tard, ce binôme, à l’humour bien plus caustique en privé que son image publique le laisse apparaître, a eu le temps d’éliminer quelques collections de survêtements floqués du coq.

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“Le confort ne génère pas d’effort”

Ensemble, autour de leur cellule serrée (quatre personnes au total avec l’entraîneur des gardiens Franck Raviot et le préparateur physique Cyril Moine), ils ont remporté la Coupe du monde 2018, atteint la finale en 2022 et celle de l’Euro 2016. « Au cours des quatre derniers tournois majeurs, nous avons atteint la finale à trois reprises. On banalise trop ces performancesdéplore l’ancien entraîneur de Lyon et de Bordeaux dans les années 1990. Pour gagner une finale, il faut y arriver ! Seules deux équipes le font. Le niveau d’exigence est de plus en plus élevé autour de Didier et de la sélection. Il y a une sorte d’obligation de résultat. On a l’impression que si on n’y va pas, c’est un échec. »

Comme en 2021, lorsque les Bleus sortent de l’Euro en huitièmes de finale, battus aux tirs au but par la Suisse après avoir mené 3-1. « Une bonne leçonengage Stéphan. Le confort ne génère pas d’effort. Après l’élimination, il y a eu un peu de mistral (sourire) et beaucoup de réflexion sur l’avenir, mais nous sommes avant tout des compétiteurs. Nous avons entamé un nouveau cycle et avons pu rebondir ; trois mois plus tard, nous gagnions la Ligue des Nations. »

A le voir toujours aussi motivé lors des entraînements à Paderborn, donnant de la voix, sifflet à la main avec sa démarche unique et ses jambes puissamment cambrées, on a du mal à imaginer que le père de l’entraîneur rennais Julien Stéphan fête ses 68 ans (il sera en octobre). En juin 2022, lorsque Didier Deschamps perd son père, celui qui tapait le ballon contre le mur étant enfant, à Ploumilliau, dans les Côtes-d’Armor (« Je n’aurais jamais imaginé vivre tout cela, entraîner certains des meilleurs joueurs du monde, que pouvez-vous espérer de mieux ? »), malgré lui, a assuré l’intérim du sélectionneur de la France face au Danemark (1-2).

« Je ne l’ai pas pleinement vécuil confie. Nous avions préparé ce match en sachant que notre entraîneur était en difficulté. Ce n’est pas un bon souvenir. » Cette nouvelle épreuve les a un peu plus soudés. “Notre relation aujourd’hui est plus profonde”reconnaît Stéphan.

Avoir un contact avec Guy, c’est comme l’avoir avec moi.

Didier Deschamps

“Entre Guy et moi, il n’y a pas l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette”confirme Deschamps, ajoutant : « Avoir des contacts avec Guy, c’est comme l’avoir avec moi. » Sur son influence réelle ou supposée, Stéphan assure malicieusement : « Quand Didier me demande mon avis, je le lui donne. Et quand il ne me le demande pas… je le lui donne aussi. » En tant que grand frère ? ” Peut êtreil sourit, un peu gêné. Mais je ne sais pas ce qu’en pense Didier. »

Associé depuis quinze ans, une rareté absolue dans le football contemporain, le tandem se séparera-t-il un jour ? Stéphan fend l’armure un instant. « A mon âge, ça paraît désormais compliqué de travailler avec quelqu’un d’autre que Didier. Il y a tellement de complicité et de confiance entre nous… Je n’ai pas fixé de date pour arrêter. Tant que j’aurai la santé, la pêche, la capacité de penser, je continuerai. Je sais que dans le football, tout peut arriver vite, mais nous sommes sous contrat jusqu’en 2026. »

Avec un Euro à disputer, le seul trophée qui manque à la génération Deschamps. « Nous avons hérité d’un groupe difficile et d’un premier match très important contre l’Autriche, une nation sous-estimée, très énervante pour l’adversaire.conclut l’entraîneur adjoint. Mais les dirigeants de l’équipe ont tous cette ambition. Et les États-Unis aussi. Ce sera un très bel Euro. »

 
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