« Il doit affronter le joueur Nadal, pas le mythe Nadal »

« Il doit affronter le joueur Nadal, pas le mythe Nadal »
« Il doit affronter le joueur Nadal, pas le mythe Nadal »

Il y a des matchs compliqués. Il y a des affiches. Des chocs. Et les matchs spéciaux, parce qu’ils ne ressemblent à rien d’autre. Alexander Zverev se prépare à disputer le match le plus spécial de tous. Affronter Rafael Nadal au premier tour à Roland-Garros, c’est particulier, évidemment. Particulier pour lui, et pour son illustre adversaire. “Il y aura de la nervosité, des deux côtés, surtout avec ce sentiment étrange que la fin de l’ère Rafael Nadal à Roland-Garros pourrait toucher à sa fin.», résume Mischa Zverev, le frère aîné d’Alexandre.

Ce match est particulier de par son contexte, mais aussi parce qu’il y a deux ans, ici même, c’est lors d’une demi-finale déjà unique en son genre pour d’autres raisons, que l’Espagnol et l’Allemand s’étaient affrontés. Trois grosses heures de combat, en moins de… deux sets, avant la dramatique blessure de Zverev, contraint à l’abandon la cheville en morceaux.

Le clan Zverev a été marqué par cet épisode qui a constitué un terrible revers dans la carrière de celui qui, à l’époque, occupait la place de numéro 2 mondial. « Après, il est resté six ou sept mois sans jouer », se souvient Mischa Zverev. , consultant Eurosport durant cette quinzaine. “Je ne parlerai pas de vengeance, car Nadal n’a évidemment rien à voir avec la blessure de Sascha ce jour-là. selon l’illustre figure du tennis allemand, Boris Becker. Mais Zverev était fort et de nombreux experts pensent qu’il aurait pu gagner ce jour-là et qu’il pourrait être le meilleur Zverev que nous ayons jamais vu.

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Il faut enlever toute émotion de ce match

Beaucoup d’eau a coulé sous la Seine depuis cette demi-finale. Zverev s’est reconstruit, retrouvant sa place dans le Top 5, il vient de remporter le Masters 1000 de Rome et il apparaît comme l’un des candidats au titre à Paris. Nadal semble être au bout de sa course. Son corps meurtri l’a obligé à prendre une très longue pause et depuis son retour, rien n’a été facile pour lui. Même sur terre battue.

Tout le monde me demande : « Sascha, que va-t-il se passer lundi ? Tout est différent d’il y a deux ans», souligne le grand frère, qui se veut plutôt optimiste pour ce premier tour. “J’ai toujours dit que Sascha aurait pu et dû gagner à l’époque (en 2022, NDLR), il a dit. Et il gagnera cette fois, car Rafa est devenu un peu plus lent et sa forme physique n’est plus la même. Ses tirs sont peut-être toujours les mêmes, mais la grande question est de savoir s’il pourra tenir cinq sets. Je pense qu’au final le vainqueur sera Sascha et j’espère que ce sera en trois sets

En revanche, il concède que le match sera «très difficile“sur un point.”Peut-être pas en termes de jeu, mais émotionnellement», juge Mischa Zverev. Pour Boris Becker, la dimension psychologique sera en effet le point clé. La meilleure chose à faire? Éradiquez-le de son esprit. “Son frère et son père peuvent l’aider à cet égard, estime le triple vainqueur de Wimbledon. Il faut voir les choses sans la moindre émotion, avec sobriété. Il faut enlever toute émotion de ce match. Mais est-ce possible ? C’est difficile, bien sûr. Mais Zverev aura eu quelques jours pour se préparer et il devra s’ajuster sur ce point.

Le public jouera-t-il un rôle ?

Becker a raison. Pour Zverev, il sera primordial de garder la tête froide. Presque pour déshumaniser l’événement pour qu’il n’en soit pas un. Qu’il s’agisse simplement d’un premier tour face au 276ème joueur mondial. Raisonnement probablement vain voire absurde mais il devra s’efforcer d’y parvenir. Extrayez-vous du contexte. Celle qui, par exemple, devrait mettre en haleine le public du tribunal Philippe-Chatrier. L’ambiance s’annonce également très, très particulière.

Alexander Zverev en est probablement conscient, mais là aussi, il devra se protéger. “Le public ne peut pas décider s’il veut voir un grand match ou s’il va simplement voir Rafa sur Central une fois de plus.», tente de se convaincre Mischa Zverev. “Rafa est le roi de Paris et les fans seront derrière lui mais cela ne veut pas dire qu’ils seront contre Sascha. Mais évidemment, face à Nadal à Philippe-Chatrier, on peut s’attendre à avoir la majorité du public à ses côtés. Sascha ne pourra rien y faire», prévient Boris Becker.

Si le public devient acteur, s’il commence à jouer un rôle, s’il pèse sur les débats, les choses pourraient devenir encore plus compliquées pour Zverev. Pour lui, il sera décisif qu’aucun élément extérieur ne puisse lui grignoter le cerveau. “Mon conseil pour Zverev ? demande Becker en conclusion, Il doit affronter le joueur Nadal, pas le mythe Nadal. Ce joueur a 37 ans et n’a pas joué un seul Grand Chelem depuis janvier 2003. Zverev joue très bien en Grand Chelem depuis un an. Et c’est lui qui vient d’arriver à Rome. Pas Nadal

Tout cela est vrai. Si ce match reste dans le cadre de la logique de ce printemps 2024, Zverev a tout pour renvoyer chez lui le personnage le plus mythique de la Porte d’Auteuil. Mais il y a un mais. N’affrontera-t-il que le 276e mondial, âgé de presque 38 ans, ou l’aura de l’homme aux 14 Coupes des Mousquetaires s’emparera-t-elle du court ? C’est tout l’enjeu de ce match très différent.

 
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