Alex Teklak décortique l’apport des hommes au titre du Club Bruges

Alex Teklak décortique l’apport des hommes au titre du Club Bruges
Alex Teklak décortique l’apport des hommes au titre du Club Bruges

Incroyable. Historique. La remontée au classement de Bruges va relancer les débats sur la répartition des points en barrages des Champions. Que cela soit jugé injuste ou non, les Blauw en Zwart, intouchables ces dernières semaines, n’ont pas non plus volé leur sacre. Ceux qui ont assisté à cette folle course au titre ne l’oublieront pas de sitôt. Les protagonistes non plus. Alex Teklak décortique l’apport de six hommes qui ont joué un rôle déterminant dans la conquête du 19e titre de l’histoire du club.

Nordin Jackers

Importance directe et indirecte

« Quand votre gardien se blesse, quand vous avez des échéances comme les playoffs ou la Conference League, vous vous dites : ‘Merde, il va falloir aligner un gars qui a très peu joué jusqu’à présent’. Le remplaçant doit porter une énorme responsabilité sur ses épaules. Même pour un joueur de 26 ans comme Jackers, ce n’est pas facile de remplacer Mignolet. Il lui restait encore à jouer plus de dix matches. Sans compter qu’il occupe un poste crucial. Il a été décisif, mais il n’a pas eu beaucoup de rencontres dans les jambes. Jackers a parfaitement assumé ce rôle de second et a également été récompensé par un nouveau contrat. Sa présence et ses performances dynamisent Mignolet. L’ancien Diable reste dans une saison en demi-teinte. En playoffs, par exemple, il a empêché Anvers de mener. Mais dans la phase classique, c’était irrégulier. Mignolet avait besoin de sentir la présence de Jackers dans son dos. En ce sens, le deuxième gardien avait une importance directe et indirecte.

Jackers a parfaitement assumé le rôle de deuxième gardien. ©Photo Actualités

Denis Odoi

Symbolisme de la renaissance de Hayen

»Après le succès à Genk lors de la phase classique (0-3), Odoi avait déjà déclaré qu’à chaque fois il se sentait exclu en tant que ‘vieux’ du groupe. Dès que le bateau a tangué au Club, nous avons de nouveau fait appel à lui. Et une fois que les choses se sont améliorées, il s’est retrouvé sur le banc. Ce cycle caractérise les dernières années de sa carrière. Il ne joue pas la victime. Le Ghanéen est un professionnel et fait toujours son travail. Parfois, il mérite les lauriers et non les épines. Errant sur le flanc, au centre ou encore au poste de n°6, Odoi a rendu service à son équipe à bien des égards. C’était un touche-à-tout, qui pouvait être placé n’importe où. Contre Anderlecht, lors de l’avant-dernière journée, il remplace Sabbe et met Amuzu dans sa poche. Il met les mots en action sans en faire trop. Il incarne symboliquement le renouveau sous Hayen. D’ailleurs, son but contre les Mauves pourrait être “le” but des playoffs. Nous devons valoriser ce type de personne.

Odoi mérite parfois des lauriers plutôt que des épines… ©TSI

Hans Vanaken

Le seul irremplaçable

« J’ai toujours été un grand défenseur de Vanaken. J’aime beaucoup les joueurs qui ne sont pas particulièrement spectaculaires, mais qui comprennent le jeu et font jouer leur équipe. La simplicité dans le football est difficile à réaliser. Selon les normes belges, personne ne sait faire ce que Vanaken fait. Parfois, quand il va moins bien, on lui tombe dessus. Il a cependant le droit à des passages plus difficiles, comme tout le monde. En étant bon, on s’habitue à ce qu’il soit toujours bon… Le Limbourgeois est pour nous une anomalie. Il se démarque par son intelligence de jeu. Son tort, peut-être, c’est qu’il est parfois pénalisé car il sait tout faire au milieu. Il est donc difficile de le confiner à une seule position. Le capitaine du Club est capable de s’adapter à de nombreux joueurs, de clarifier de nombreuses situations. Il bouge précisément, dans les bons espaces… Ce qui a aussi joué contre lui de temps en temps : il dégage une image de type pas très sympa, pas agréable car il est en fait « normal ». Vanaken est toujours un gars poli et discret. Malgré la richesse du noyau brugeois, il est le seul joueur irremplaçable.

Vanaken est une anomalie parmi nous. ©PDV

Skov Olsen

Parfois là, parfois pas

« Pour lui, la saison a été comme des montagnes russes. Skov Olsen sait faire la différence. La plus grande inquiétude était de gérer cette blessure. Il semble toujours inquiet et ne sait pas quoi faire. Peut-être se perd-il dans la perception de la douleur. Le Danois reste une énigme, parfois il est là et parfois non. Il n’est pas à 100% dans sa tête. Par contre, quand il est bon, il est imprévisible. Skov Olsen excelle techniquement, dans l’enchaînement des dribbles, dans le tir en profondeur, dans ses appuis sur Thiago… Il a inscrit de nombreux buts décisifs et a été décisif. C’est un international qui n’a aucun problème lorsqu’il est « en forme ». Le problème reste le fait qu’on ne sait pas si l’on peut vraiment compter sur lui ou non. Il a besoin de cohérence et de confiance. Et puis là… »

Imprévisible, Skov Olsen a souvent fait la différence. ©TSI

Igor Thiago

Un rôle important dans les victoires « caméléons »

« Sa saison était particulière. Il a ramé au début. Tout le monde se demandait comment Bruges avait pu payer autant pour lui. Puis il a commencé à trouver le chemin des filets. Mais le Brésilien a surtout fait mouche face aux équipes de la colonne droite. Ce qui a contribué à donner une image irrégulière et inégale à ses performances. Il a enchaîné 6-7 matches puis a connu une période de sécheresse. Je préfère un attaquant qui marque moins mais qui le fait régulièrement, quelle que soit la difficulté de l’adversaire. Durant le dernier tiers de la saison, la confiance est revenue. Technique et qualité au rendez-vous. Il était l’auteur de gestes dont personne ne l’aurait cru capable. Thiago aura toujours un déficit technique, du fait de sa morphologie, de ses capacités psychomotrices mais il est vraiment intéressant dans ce rôle d’« homme cible ». Notamment grâce à sa puissance athlétique, il est plus qu’utile dans les phases de jeu offensives, mais aussi défensives. Il est capable de conserver le ballon et a joué un grand rôle dans les victoires caméléons du Club. Peu importe si le plan de Hayen a changé, il est quand même allé au combat et a causé beaucoup de problèmes avec son activité incessante. Même s’il a un peu progressé à ce niveau, il doit quand même calmer sa passion et son impulsivité.

Durant le dernier tiers de la saison, Thiago a été l’auteur de gestes dont personne ne l’aurait cru capable. ©PDV

Nicky Hayen

Une préparation de match minutieuse

» S’il a pu bénéficier d’une bonne dynamique, c’est parce qu’il l’a installé. Hayen est une personne très analytique. Il étudie chaque adversaire de manière pertinente et détaillée pour exploiter au mieux ses faiblesses et contenir au mieux ses forces. L’ancien défenseur est une personne très pointilleuse. Il a souvent parfaitement adapté son plan de jeu ou innové de match en match. Notamment sur les phases arrêtées avec trois ou quatre manières de les exploiter à chaque fois. Cette attention aux détails dans la préparation le distingue de Deila. Hayen a également établi la clarté dans le rôle de chacun de ses joueurs. Comme Onyedika, dont il a parfaitement mis en valeur les qualités, ou encore Odoi qui lui a rendu d’énormes services. L’entraîneur a également bien choisi les matchs dans lesquels il a donné la priorité à Ordonez, comme contre l’Union SG où le défenseur s’est occupé d’Amoura. Sans oublier que Hayen était respectueux envers Deila et son travail. Son analyse est claire, précise et précise. Au niveau de son comportement en bord de terrain, il est quasiment impeccable. Concernant son dérapage à Anderlecht, tout le monde peut comprendre cette nervosité étant donné l’enjeu.»

« Maintenant, s’il faut nuancer, il ne faut pas oublier qu’il a travaillé dans un climat d’urgence. Le Club a fait le pari des playoffs mais que va-t-il faire désormais ? Je pense que les dirigeants ne peuvent pas ne pas lui donner un contrat. Autrement, ils joueront le mauvais rôle. Ils doivent lui donner une chance. Hayen était un intérimaire de luxe, il faut maintenant voir comment il pourrait s’installer sur le long terme. Tout sera différent que ce soit au niveau de la direction, du groupe, des supporters, des médias, des transferts… En tout cas, le Limbourgeois est déjà plus transparent avec ses dirigeants. Il s’explique, communique et justifie ses décisions auprès de Verhaeghe. Comment va-t-il gérer une saison entière ? Partir du pied de la montagne, sans avoir été poussé par son prédécesseur, c’est autre chose. Ici, en dix matches, il a réussi sur tous les fronts. Comment réagira-t-il face aux obstacles qui ne manqueront pas de surgir à un moment ou à un autre ? Face au doute ? C’est le point d’interrogation. Sera-t-il encore suffisamment serein et lucide pour prendre la bonne décision malgré tout ? Ce sont sans doute les questions qui ont également occupé la direction.»

Hayen a souvent parfaitement adapté son plan de jeu ou innové de match en match. ©TSI
 
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