Steeve Blanc-Mappaz revient sur la saison du FCG

Steeve Blanc-Mappaz revient sur la saison du FCG
Steeve Blanc-Mappaz revient sur la saison du FCG

A quelques jours du barrage entre Grenoble et Dax (jeudi soir), nous avons retracé l’incroyable saison des Isérois en compagnie du capitaine emblématique Steeve Blanc-Mappaz. Le troisième ligne du FCG revient, sans filtre, sur les moments difficiles qu’il a vécus et évoque également le retrait de son manager Aubin Hueber.

C’est ce jeudi, au Stade des Alpes, que le FC Grenoble peut rendre une année déjà digne des meilleurs scénarios de cinéma encore plus folle, encore plus forte. L’édition 2024 a atteint des sommets en termes d’émotions vécues, alors que le FCG a vécu des montagnes russes. D’une relégation administrative en National évoquée à l’été 2023 à une place dans la barrière d’accession au Top 14 près d’un an plus tard, en passant par des points de retrait ou encore l’élimination d’Aubin Hueber : Grenoble a tout connu. A cette occasion, nous avons demandé au capitaine Steeve Blanc-Mappaz (29 titularisations cette saison) de revenir sur sa saison en cinq temps forts. Entre ses doutes, son angoisse et enfin son immense fierté, le pur-sang Isérois raconte son expérience de l’intérieur.

1. Les six points de retrait

Tu retournes aux vestiaires, tu regardes le classement et tu perds 2 points

« Le début de saison est déjà très difficile. On commence l’entraînement sans savoir si on va être retenu ou si on va descendre en National. Nous sommes sanctionnés et les 6 points de pénalité sont durs à encaisser. Avec – 6 points, on se dit qu’on ne pourra jamais faire une bonne saison. Une carrière est courte et on ne veut pas perdre le moindre instant. Dès notre premier match, victoire contre Mont-de-Marsan sans bonus, vous rentrez aux vestiaires. et tu regardes les classements tu es à -2 points alors que les autres décollent déjà. C’est frustrant et ça fait mal parce que nous n’avons rien à voir avec tout ça.

2. Nouvelle sanction administrative

La période la plus difficile de ma carrière

« Le deuxième coup dur, ce sont les 6 nouveaux points de retrait. Une décision que l’on a appris, par ailleurs, la veille du match contre Nevers. Le nouveau président nous assure qu’il fait les choses dans l’ordre et vous prenez 6 points de moins. On se dit : “on nous prend pour des cons” et il y a des doutes qui surgissent. Honnêtement, nous avons blâmé la direction de l’année dernière, pas la nouvelle. On a eu quatre victoires d’affilée, on en voulait une cinquième pour partir en vacances l’esprit serein car les dernières vacances avaient été moches. On a fait un gros début de match contre Nevers et on a pris deux essais décisifs contre. Cela pèse sur le moral et nous n’arrivons pas à relever la tête. Nous nous demandons à qui faire confiance, à qui croire. On nous dit de nous ressourcer en famille pendant les vacances. On donne tout pour rattraper son retard. J’ai passé les pires vacances depuis que je suis joueur, mais elles m’ont rendu plus fort. A vrai dire, je suis parti en vacances avec ma copine dans le Sud, pendant 4 jours, je n’ai quasiment pas parlé. Après le match, Aubin Hueber a pris la parole et a essayé de trouver les mots justes pour nous réconforter. Quand c’était mon tour, j’ai posé la question : « Vous rendez-vous compte de ce qu’on traverse en tant que joueur ? « . Je sais qu’ils sont dans le même bateau mais ce n’est pas exactement la même chose. On prend des coups, on expose nos corps pour qu’on puisse encore nous tabasser à propos de la sanction. Cela dépassait le rugby, c’était lunaire ce qui se passait. Il y avait tellement d’émotion et de colère que j’en avais les larmes aux yeux. Je ne souhaiterais ça à aucun joueur de rugby. C’est la période la plus difficile de ma carrière mais ça s’améliore.

Steeve Blanc-Mappaz a vécu une année difficile avec Grenoble mais le soleil est au bout
Icône Sport – Romain Biard

3. Dans les coulisses d’une évasion

Je sentais qu’on ne voulait pas aller sur le terrain

« Après la défaite à Mont-de-Marsan, ce n’est pas que je n’y crois plus mais je vois un groupe qui abandonne. Un groupe qui n’a plus le sentiment avec le manager (Hueber), même s’il n’a jamais vraiment été là, ce sentiment je commence à sentir la possibilité de le maintenir et si on continue dans ce sens, je pense qu’on est en danger. J’ai gardé les gars impliqués pendant le match à Mont-de-Marsan, je n’ai pas reconnu les gars, comme si on ne voulait pas entrer sur le terrain. Je savais par expérience que lorsque ce groupe se retrouve face au mur. , il n’échappe pas. On a rencontré les dirigeants, on a discuté, on a échangé et on a demandé aux joueurs : “Est-ce qu’on demande le retrait du coach ?” nous sommes allés voir le président. J’ai parlé dans son bureau, mais ce n’est jamais quelque chose de simple et d’agréable de faire ça même si je suis conscient que c’est mon rôle. l’a mal pris, il a interprété que c’étaient les joueurs qui partaient qui causaient le désordre, alors qu’en général ceux qui veulent partir ne disent rien. Nous nous battions pour le club. Si on ne dit rien avec les dirigeants (Qadiri, Berruyer, Gray, Escura B., Lainault), je pense qu’on joue pour la survie.

4. Une série dantesque

Je me dis que la 4ème place est abordable

« Mardi, cet épisode s’est déroulé à la présidence et jeudi nous recevions Brive. Le timing était tendu, heureusement, on a fait un super match et on a accepté. A partir de là, on a eu une grosse défaite à Agen mais après on a enchaîné les victoires (8 de suite, ndlr). Les entraîneurs ne savaient pas ce que nous allions faire après la réunion avec la direction. On est parti sur un projet avec une constitution bien précise, avec des gars qui ne jouaient plus et qui ne jouaient pas. qui a encore eu sa chance. Nous avons retrouvé l’enthousiasme. Les victoires de Vannes et Nevers sont fondatrices. A la fin du match de Nevers, je regarde le classement et je me dis, la 4ème place est abordable. “On fait un barrage à domicile parce qu’on sait très bien qu’à domicile avec du public, c’est énorme. Après le match, je leur ai dit « ne soyez pas stupides », soyez stricts en matière d’hygiène. de la vie parce que ce qui va se passer ensuite va être physiquement dur.

Les Grenoblois se sont qualifiés et peuvent encore rêver d’un titre et/ou d’une montée en Top 14
Icône Sport – Romain Biard

5. Une phase finale miraculeuse

Nous voulons en profiter jusqu’à la fin

« Le sentiment de fierté d’appartenir à ce groupe est immense pour moi. Toute cette saison a soudé notre groupe comme jamais auparavant. Je pense qu’on ne mesure pas trop pour le moment mais dans quelques années, on s’en rendra compte. On est à deux jours de jouer les barrages à domicile, on sent que le monde va réagir, c’est énorme. Nous devons utiliser notre expérience de groupe, qui a vécu beaucoup de choses ensemble, pour préparer ce moment. nous allons rester humbles et nous voulons en profiter jusqu’au bout.

 
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