« pour un athlète, les valeurs de l’Olympisme sont le summum », exprime Joseph Mbongo, porteur de la flamme olympique

« pour un athlète, les valeurs de l’Olympisme sont le summum », exprime Joseph Mbongo, porteur de la flamme olympique
« pour un athlète, les valeurs de l’Olympisme sont le summum », exprime Joseph Mbongo, porteur de la flamme olympique

Entraîneur de l’équipe de basket fauteuil du club handisport d’Amiens Métropole, Joseph Mbongo est également président du comité départemental et vice-président du comité régional handisport. Il a été choisi pour être l’un des porteurs de la flamme olympique le 4 juillet, lors de son passage dans la Somme. Une reconnaissance pour son engagement au sein de la Fédération Française Handisport.

Le sport, “c’est vital» pour Joseph Mbongo, entraîneur de l’équipe de basket-fauteuil du club Handisport Amiens Métropole. Président de l’association depuis douze ans, impliqué à plusieurs niveaux en faveur du handisport, il a été choisi parmi les relayeurs du flambeau olympique, le 4 juillet, lors de sa visite dans la Somme.

Une manière de reconnaître tout le travail accompli par celui-ci »boulimique» du sport. Jusqu’à l’âge de 19 ans, il pratique sa passion de manière débordante, au basket, au football, au handball et même au volley.

Avec le recul, c’était des années où je végétais

Joseph Mbongo

Entraîneur de l’équipe de basket-fauteuil d’Amiens

Mais en 1986, le jeune Camerounais voit sa vie changer. Il a perdu l’usage de ses pieds à la suite d’un infarctus de la moelle épinière, un diagnostic révélé 18 ans plus tard. Il explique avoir été infecté après l’intervention d’un guérisseur traditionnel, qui lui a écorché les pieds dans de l’eau bouillante. Dans un premier temps, il a vu son pronostic vital compromis, »à cause des escarres partout“Puis il est resté alité pendant plusieurs mois, sur le ventre, pour les soigner.”Je ne sais pas comment j’ai surmonté ça« Il a ensuite été immobilisé pendant trois ans. Une épreuve pour celui qui a évolué sans compter ses efforts. “Avec le recul, c’était des années où je végétais», résume-t-il.

C’est lorsqu’il reçut un tricycle en 1988 qu’il découvrit «les sensations du sportif“.”Je me souviens, je suis parti. J’ai roulé pendant des heures et des heures. Et quand je suis revenu de cette excursion, c’était simple. Je me suis dit à ce moment-là : si je ne suis pas parti, c’est parce que j’avais encore quelque chose à faire.

Ce fut tout de suite une révélation de me dire que mon handicap n’est qu’une différence.

Joseph Mbongo

Entraîneur de l’équipe de basket-fauteuil d’Amiens

Avec toute l’énergie dont Joseph Mbongo dispose, il reprend son parcours d’étudiant et d’athlète, avec le basket-ball en fauteuil roulant, en 1992.Ce fut tout de suite une révélation de me dire que mon handicap n’est qu’une différence. Mais côté vie, si je fais du sport, je peux vaquer à toutes mes autres activités. Mais c’est avec ce point central que je dois maintenir une forte focalisation sur le sport et le lien social.

Il considère le sport comme l’un de ses quatre moteurs : «Travail, sport, vie associative et vie religieuse. Mais le sport est essentiel. Quand tu as eu une vie et que tu te retrouves dans une autre. Lorsqu’on n’a pas de point d’ancrage, il peut être difficile de repartir. C’est ce point d’ancrage qui permet de repartir avec ce qu’il draine en terme de convivialité, de dépassement de soi, de lien social.

En France, il a débuté au club de basket-fauteuil de Creil, avant de rejoindre Amiens en 2006. L’ancien joueur est aujourd’hui entraîneur d’une équipe triée sur le volet, explique-t-il. “Nous avons besoin de joueurs qui ont un esprit d’équipe. C’est très important pour la vie du groupe« . Autre point important, ayez : «une envie de se dépasser“La recette du coach, c’est de créer.”une famille“afin d’avoir une équipe qui”dure dans le temps« .

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Joseph Mbongo porte plusieurs casquettes : vie associative, entraîneur, président de la fédération handisport au niveau départemental et régional.

© Émilie Montcho / FTV

Entre son travail, ses entraînements et ses compétitions, Joseph Mbongo a un emploi du temps chargé. Sans oublier la vie associative. De plus, il s’implique au sein de la fédération au niveau départemental et régional. A travers ses multiples casquettes, il porte son rêve et son combat. Celle d’une société dans laquelle les personnes handicapées garderaient leur place au même titre que celle des personnes valides.

Lorsqu’il a retrouvé le goût du sport, il s’est dit : «Pour les autres à qui ça arrive, je ne veux pas que ça dure trois ans, pour trouver le chemin vers le terrain. “Vous sortez avec la maladie ou vous devenez l’objet de toutes les attentions. Soit on vient vous dire au revoir, car votre vie est en danger. On te montre qu’on t’aime, on pleure, puis on te quitte. Vous n’êtes plus un maillon dans la construction de la vie. Vous êtes quelqu’un à qui nous allons dire au revoir. Il y a de la pitié. Cela vient d’un bon sentiment. Mais quand on veut pour vivre, ce n’est pas ce dont nous avons besoin.

Joseph Mbongo l’assure, sa vie »ne suffira pas pour faire tout ce que j’ai à faire, transmettre à mes contemporains ce que le sport m’a apporté.« Grâce à son leadership, l’homme parvient à fédérer autour de lui. L’année dernière, son épouse Laurence lui a succédé à la présidence du club de basketball en fauteuil roulant. Elle témoigne : «J’exprime toujours qu’en signant le contrat de mariage, j’ai aussi signé avec le handisport. Du coup, c’est devenu ma passion car petit à petit je me suis retrouvée bénévole pour l’encadrement des activités de piscine, puis secrétaire, et très impliquée également dans le basket.« De quoi occuper vos journées »mais avec une grande satisfaction« .

De par son engagement, c’est donc logiquement que Joseph Mbongo ait été choisi pour porter la flamme olympique le 4 juillet. Une proposition d’Amiens Métropole qu’elle peine encore à concrétiser. “J’avoue, j’ai attendu que mon interlocuteur répète pour être sûr d’avoir bien entendu.

» dit-il en balbutiant et en se remémorant la grande émotion qui l’a parcouru le jour de l’annonce. “Je ne l’aurais jamais imaginé. Pour un athlète, les valeurs de l’Olympisme sont le summum. Les différences sont acceptées. Il n’y a plus de Noirs, il n’y a plus de Blancs, il n’y a plus de personnes handicapées, il n’y a plus de personnes valides. Mais le sentiment de l’athlète, du sport. Et tout ça, vous portez cette flamme pour dire : vous les gars qui êtes là sur le parcours, vous avez raison.

La flamme entre les mains, Joseph Mbongo aura 200 mètres à parcourir. Il est déjà assuré du soutien de son équipe qui sera présente tout au long du parcours.

Avec Camille Di Crescenzo / FTV

 
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