les gérants d’un salon de beauté illégal condamnés par le tribunal

les gérants d’un salon de beauté illégal condamnés par le tribunal
les gérants d’un salon de beauté illégal condamnés par le tribunal

l’essentiel
Les gérants d’un salon d’esthétique clandestin ont été jugés ce lundi par le tribunal correctionnel de Toulouse. Ils auraient gagné plusieurs centaines de milliers d’euros grâce à ce trafic. Et cela ne les a pas empêchés de bénéficier d’aides de l’État…

La pandémie est devenue une aubaine pour ce couple basé à Cugnaux. Durant cette période, cette femme de 33 ans et son ancien mari de 35 ans ont gagné plus de cent mille euros en installant un salon de beauté clandestin dans leur garage. « Coiffure, esthétique, paramédical et formation… Mais quand allais-tu arrêter ton activité ? demande le procureur Guilhem Renoux. Les prévenus ont été jugés ce lundi par le tribunal correctionnel de Toulouse, quatre ans après les faits.

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« J’ai perdu mon emploi suite à la naissance de ma fille en 2016. Deux ans plus tard, nous avons décidé d’aménager le garage pour que je puisse travailler tout en gardant mes petits », raconte cette femme. Cheveux blonds attachés dans une couette, lunettes sur le nez et veste de costume sur les épaules, cette maman de trois enfants reconnaît tout. « Au début, c’était la coiffure. Ensuite, nous avons proposé un blanchiment des dents et un lifting colombien », admet-elle.

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Très vite, les premiers clients satisfaits en parlent à leurs amis. La demande augmente. “Tu avais tellement d’argent que tu as osé prendre une annonce dans le magazine Ici, avec ton visage sur la page”, ironise le procureur en s’adressant à l’ex-mari.

Selon l’enquête menée par les gendarmes de la société Toulouse-Mirail, révélée à l’époque par la Dépêche du Midi, les rôles étaient bien définis entre les deux ex-conjoints. « Vous avez prodigué des soins et il a assuré la communication et la formation. Entre cette activité non déclarée et les aides de l’État, notamment de la Caf, vous avez gagné plus de 4 000 € par mois entre le 1er mars 2018 et décembre 2023″, rappelle Guilhem Renoux, le procureur.

Leur entreprise clandestine sera mise au grand jour grâce aux voisins, exaspérés par les va-et-vient incessants devant leur garage. « Les gens sonnaient chez les résidents locaux pour trouver votre salon ! Vous installez également un château gonflable dans le jardin pour occuper les enfants de vos clients. Tout cela n’a pas été fait naïvement », analyse le représentant du ministère public.

Clients blessés aux fesses

Lors des investigations, les militaires de la brigade de recherche ont constaté qu’une dizaine de clients étaient mécontents. « Certains ont été blessés aux fesses lors de soins de lifting. Les produits utilisés pour le blanchiment des dents étaient également dangereux et non conformes. C’est très grave”, a déclaré le président du tribunal. Lors de l’audience, des victimes ont pris la parole pour dénoncer la « fausse formation » vendue par le couple et l’obtention de diplômes sans valeur.

Le ministère public requiert 18 mois de prison avec sursis probatoire avec obligation de travailler, pour rembourser ses dettes envers le coiffeur, défendu par Me Frédéric David. Et 24 mois de prison, dont 18 avec sursis pour son ancien mari.

Le tribunal suit finalement les réquisitions du parquet. Les deux prévenus doivent également rembourser l’Urssaf et la Caf. Une somme estimée à plus de 200 000 €…

 
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