Pousser, cracher, coups à la tête… En Allemagne, les élus font face à une explosion d’attaques

Pousser, cracher, coups à la tête… En Allemagne, les élus font face à une explosion d’attaques
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A l’approche des élections, de plus en plus d’élus allemands signalent des attentats. Certaines de ces attaques sont si violentes que les victimes doivent être hospitalisées. Ce qui se passe ? 20 minutes fait le point pour vous sur cette montée des violences outre-Rhin.

Qui est la dernière victime ?

L’ancienne maire de Berlin, Franziska Giffey, a rejoint mardi la longue liste des élus victimes de l’agression en Allemagne. Un suspect de 74 ans a été arrêté mercredi après l’attaque contre cette personnalité du parti social-démocrate d’Olaf Scholz. Elle se trouvait mardi dans une bibliothèque du sud de la capitale lorsqu’un homme l’a frappée à la tête et au cou avec un lourd sac avant de s’enfuir.

L’homme est déjà connu pour des actes liés à “la sécurité de l’Etat et des crimes de haine”, a indiqué la police, ajoutant qu’elle enquêtait sur le mobile de l’attaque. Les procureurs étudient également la possibilité d’envoyer l’homme en soins psychiatriques, car il semblerait qu’il souffre d’une maladie mentale.

Franziska Giffey a été soignée à l’hôpital pour des maux de tête. “La première peur est passée, je peux dire que je vais bien”, a-t-elle réagi. “Néanmoins, je suis préoccupé et bouleversé par l’intensification d’une ‘culture sauvage’ à l’égard de ceux qui s’engagent en politique.”

Existe-t-il réellement une « culture sauvage » contre les hommes politiques en Allemagne ?

Plusieurs dirigeants politiques ont été menacés ou agressés récemment en Allemagne dans un contexte de campagne électorale tendu avant les élections européennes du 9 juin et plusieurs élections régionales de septembre. Selon les chiffres provisoires de la police, 2.790 crimes ont été commis contre des hommes politiques en Allemagne en 2023, contre 1.806 l’année précédente, mais moins que les 2.840 enregistrés en 2021, année des élections législatives.

La montée des violences, des insultes et des menaces contre le personnel politique est devenue un sujet de préoccupation majeure dans le pays. Le gouvernement a dénoncé mercredi « un climat inacceptable d’intimidation et de violence ».

Ceux qui s’en prennent aux élus “attaquent notre démocratie”, a dénoncé l’actuel maire de Berlin, le conservateur Kai Wegner. Mardi, les ministres de l’Intérieur des Länder ont convenu d’étudier un durcissement de la loi contre ce type d’attaques, la ministre fédérale Nancy Faeser recommandant d’envoyer « un signal d’arrêt très clair » aux assaillants.

Quel est le cas le plus emblématique de cette montée des violences ?

Le cas le plus grave concerne un député européen du parti d’Olaf Scholz, qui a été grièvement blessé la semaine dernière par quatre personnes alors qu’il posait des affiches dans la ville de Dresde, en Saxe, dans l’ex-RDA communiste. Matthias Ecke, 41 ans, a dû être opéré pour des blessures au visage. L’attaque a été dénoncée par Olaf Scholz comme une menace pour la démocratie. Quatre suspects, âgés de 17 à 18 ans, font l’objet de l’enquête sur ces violences.

Selon les médias allemands, ils ont tous des liens avec un groupe d’extrême droite connu sous le nom d’« Elblandrevolte ». Ce groupuscule serait proche de l’organisation de jeunesse du parti néo-nazi NPD, rebaptisé « Die Heimat » (Patrie). Dresde s’est distinguée par plusieurs agressions contre des élus et un nouveau cas a été signalé mardi soir.

Un représentant du parti Vert de 47 ans qui placardait des affiches électorales a été bousculé et menacé par un homme. Une autre femme s’est alors approchée et lui a craché au visage, a indiqué la police d’État.

Pourquoi l’extrême droite est-elle pointée du doigt ?

Les deux suspects de l’attaque contre un représentant écologiste à Dresde faisaient partie d’un groupe se trouvant à proximité, dont certains avaient fait le salut hitlérien – un geste interdit en Allemagne – lorsque l’écologiste avait commencé à coller ses affiches.

Depuis l’indignation suscitée ce week-end par l’attaque contre l’eurodéputé Ecke, de nombreux responsables allemands s’interrogent sur la responsabilité du parti d’extrême droite AfD dans la propagation de discours de haine favorisant la violence. Le parti a connu une forte croissance dans les sondages au cours de l’année écoulée, tout en étant impliqué dans un nombre croissant de scandales.

 
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