Le polystyrène comme isolant de façade inquiète les pompiers

Le polystyrène comme isolant de façade inquiète les pompiers
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La rénovation des bâtiments va s’accélérer dans les années à venir. Le polystyrène est souvent utilisé pour isoler les façades car il est très efficace. Mais les risques en cas d’incendie inquiètent les pompiers. L’école des Ranchs a été rénovée avec ce matériel.

Londres, Roubaix, ou encore Valence en février dernier. Des incendies dramatiques faisant plusieurs morts dans des tours résidentielles. De quoi mettre en alerte les pompiers genevois : «Depuis plusieurs années, nous avons ce phénomène d’incendies de façades sur nos radars à travers différents incendies survenus en Europe. Nous nous demandions quand nous serions confrontés à un tel incendie. Depuis l’année dernière avec l’école des Ranchs, nous avons découvert le potentiel et la rapidité de développement de ces incendies”, explique le porte-parole du groupe SIS Nicolas Millot.

Isolation à base de pétrole

La rénovation de l’école a été réalisée en 2018 avec des panneaux EPS, ou polystyrène expansé : « Ce n’est pas l’isolant qui prend feu comme par magie, il faut y mettre le feu. Mais comme c’est un isolant à base de plastique et donc d’huile, il brûle », explique Eric Dubouloz, agent spécialisé des Services d’Incendie et de Secours.

Lors d’incendies impliquant ces isolants, le feu se propage très rapidement et partout. Nicolas Millot : « C’est un incendie qui va se propager vers le haut, et qui va pouvoir se propager à d’autres appartements. Là où actuellement nous évacuons quelques appartements, là nous devrons évacuer l’ensemble du bâtiment.

Efficace et peu coûteux

Mais alors, pourquoi utiliser ce matériau pour rénover ou construire des bâtiments ? Même si sa production est très polluante, le polystyrène présente de nombreux avantages. Sébastien Natta, architecte du bureau ATBA : « C’est très simple à installer car ce sont des blocs qui collent au mur, puis recouverts d’enduit. C’est également un matériau très économe en énergie et peu coûteux.

Un matériau miracle à l’heure où l’amélioration des bâtiments sera obligatoire. L’entreprise Maulini utilise du polystyrène dans la moitié de ses projets de façades. Pour contrer l’effet combustible, des éléments sont obligatoires : « Entre chaque étage, une épaisse bande de matériau incombustible doit être installée. Le plâtre créera également une couche empêchant le feu de se propager. Cela permettra aux pompiers d’avoir le temps d’intervenir et surtout aux personnes de sortir », explique le responsable façades Kevin Touzot.

Les normes suisses de 2015 précisent également qu’il est impossible d’installer du polystyrène sur les hôpitaux ou EMS, ainsi que sur les bâtiments de plus de trente mètres ou environ neuf étages. Des experts en incendie sont également mandatés pour échanger avec les maîtres d’œuvre et les architectes. Si les normes sont respectées, l’Etat donne son feu vert. Mais encore faut-il que les travaux soient réalisés dans le respect des consignes et des normes : « les fabricants donnent des instructions de pose pour le polystyrène, vous devez suivre scrupuleusement ces instructions. Si tel est le cas, il n’y a pas de raison de s’inquiéter», explique Yvan Vesin, chef des pompiers.

Alternatives au polystyrène

Cependant, le polystyrène n’est de loin pas le seul matériau pouvant être utilisé. Des alternatives existent, plus complexes à mettre en œuvre, plus coûteuses… mais incombustibles comme la laine de roche ou de verre, ou des matériaux biosourcés comme la laine de chanvre et même les plumes.

Peu de bâtiments nécessitent nécessairement la pose de polystyrène selon les experts consultés : « Sauf en cas de fortes contraintes structurelles ou de situation d’appui au sol, et encore là, je pense qu’il existe des alternatives au polystyrène selon moi. Ce qui prime alors, c’est la logique du coût », explique Sébastien Natta.

Un assouplissement des normes en vue

Dans un contexte de rénovation accrue des bâtiments, promoteurs et propriétaires devront se poser ces questions. D’autant que les normes incendie vont changer en octobre 2026. Yvan Vesin, de la police des pompiers : “Il pourrait s’agir d’assouplissements utilisant des méthodes de preuve, comme des tests sur façades grandeur nature montrant qu’il n’y a aucun risque pour la population.”

Contactée, l’agence en charge de ces normes, l’AEAI se veut rassurante ; « La publication de nouvelles prescriptions est précédée d’un processus extrêmement minutieux qui s’étend sur plusieurs années. Des ajustements ne seront effectués que lorsque cela est possible et acceptable en termes de risque.

Mettez tout en œuvre

Malgré toutes les précautions, le SIS prend le problème très au sérieux et réfléchit à de futures méthodes d’intervention face à ces incendies : « Peut-être en utilisant des machines plus puissantes ou en embauchant davantage de pompiers sur un incendie pour accéder plus rapidement aux zones. étages et faire sortir le public », explique le porte-parole du SIS. Autant d’éléments à prévoir, pour éviter un scénario comme celui observé ailleurs en Europe.

 
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