« Dans Les Shrouds, la difficulté du film était surtout la nudité »

« Dans Les Shrouds, la difficulté du film était surtout la nudité »
« Dans Les Shrouds, la difficulté du film était surtout la nudité »

L’actrice a présenté le nouveau film de David Cronenberg, inspiré de la mort de sa propre femme, au 77ème Festival de Cannes. Un rôle multiple, dans lequel son corps se transforme.

Les Linceuls, de David Cronenberg, présenté au 77e Festival de Cannes, s’ouvre sur l’image d’un cadavre, celui de Becca, interprétée par Diane Kruger, au-dessus duquel plane une créature lumineuse, une luciole métaphysique représentant son âme. Incarnant tour à tour une personne décédée, la sœur jumelle de ce dernier et un fantôme, l’actrice est peut-être justement l’âme du film canadien, inspiré par la mort de sa propre épouse, Carolyn, en 2017. Le héros de Linceuls, interprété par un Vincent Cassel dans le double de Cronenberg, invente un système de tombes connectées, qui permet aux vivants de rester « en contact » avec eux. Une histoire qui prolonge et enrichit le deuil de la réalisatrice, dans lequel s’est plongée Diane Kruger. Corps et âme.

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Madame Figaro.- Ce qui vous a attiré Les Linceuls ?
Diane Kruger.- David Cronenberg. J’étais déjà un grand fan avant de le rencontrer et jamais, de ma vie, je n’aurais pu croire qu’il m’appellerait pour tourner avec lui. Quand j’ai reçu le scénario, je l’ai beaucoup aimé mais je ne savais pas qu’il était en partie autobiographique. C’est lui qui m’a appris ça lors de notre premier rendez-vous. Cela m’a été un choc car je me suis retrouvé dans sa vie privée, dans une partie très douloureuse de sa vie. C’est un film spécial, très émouvant.

Qu’aimez-vous dans le cinéma de David Cronenberg ?
Son univers très unique. Je ne suis pas un grand fan des films gore, mais chez David, il y a toujours un ton qui lui appartient, quelque chose d’absurde et en même temps de très perçant, sur le plan humain. Je me souviens avoir vu Voler : ça m’a paralysé, j’en ai un souvenir très fort, c’est rare. Surtout, quand on est acteur, on a envie de s’abandonner, de s’investir dans les films de cinéastes qui vous emmèneront ailleurs, dont le cinéma est presque un genre en soi. J’étais très fier de pouvoir partager cela avec lui.

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David Cronenberg est aussi le cinéaste des corps transformés. Vous-même, vous avez impliqué beaucoup des vôtres dans le film : on vous voit nu, mort, mutilé, et vous incarnez deux personnages… Qu’avez-vous ressenti en vous mettant autant en jeu ?

Pour moi, la difficulté de ce film était surtout la nudité. Je photographie très rarement nue : ce n’est pas parce que je suis pudique, mais c’est juste quelque chose que je ne fais pas habituellement. Dans Les Linceuls, je me suis senti exposé parce que d’une part, je l’étais, mais aussi parce que j’incarne un personnage dont le corps est ravagé par la maladie. Les scènes intimistes étaient d’autant plus troublantes que je me retrouvais à huis clos dans une pièce avec mon réalisateur, quelqu’un de très modeste mais à qui elles ont dû rappeler des moments difficiles, et mon partenaire Vincent. Cassel, qui lui ressemblait.

Votre beau souvenir du Festival de Cannes ?

Évidemment, la dernière fois que j’y suis allé et que j’ai reçu le prix d’interprétation pour Dans le fond, de Fatih Akin. Avec toute l’obscurité qui entourait ce film, sa préparation, le tournage épuisant mentalement et physiquement, cette reconnaissance était comme si quelqu’un ouvrait un couvercle. Et je pouvais à nouveau respirer.

 
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