Renaud, toujours debout ! | Le Journal de Montréal – .

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Quand on a un ami fidèle, on ne lui tourne pas le dos quand il vieillit.

Quand on a un fidèle compagnon de voyage, on ne le laisse pas de côté simplement parce qu’il est faible.

C’est pourquoi il ne faut pas abandonner les anciens artistes, comme Renaud, sous prétexte que leur voix n’est plus ce qu’elle était ou que leur mémoire leur fait défaut.

J’ai adoré le spectacle de Renaud à la Place des Arts vendredi dernier.

Les critiques qui trouvaient les spectacles de la star française angoissants n’ont rien compris à ce « devoir de mémoire » qui unissait le public à cet artiste qui leur a tant donné.

MORGANE DE RENAUD

Les trois premières minutes de l’émission de Renaud, j’avoue que j’ai dû absorber le choc de voir cet homme autrefois si fringant être à ce point diminué. La vieillesse est un naufrage, comme disait quelqu’un d’autre. Mais justement, quand on voit quelqu’un se noyer, on ne l’arrête pas, on lui envoie une bouée.

Je me serais blâmé pour le reste de ma vie si j’avais raté Renaud à Montréal vendredi dernier. J’aurais raté ce qui sera peut-être la dernière occasion de dire « Merci » à celui qui a écrit LA plus belle chanson sur le temps qui nous file entre les doigts : vainqueur Mistral.

Ce n’est pas un hasard si Renaud a une telle admiration pour Karl Tremblay et les Cowboys Fringants (il continue Sur mon épaule en spectacle), car Jean-François Pauzé est aussi un maître des chansons sur le temps qui passe trop vite.

Oui, c’est vrai, marmonna Renaud. Oui c’est vrai, Renaud avait du mal à se déplacer sur scène. Oui c’est vrai, il regardait souvent le moniteur devant lui où défilaient les paroles de ses chansons. Mais c’est quand même lui qui a écrit ces mots ! « Le temps tue et emporte avec lui les rires des enfants », rien que ça, il mérite les ovations que lui a réservées le public.

Les arrangements, l’orchestre, l’éclairage, tout ce qui entourait les chansons de Renaud était d’une grande beauté.

Je n’utilise pas souvent ce genre de métaphore religieuse ou mystique, mais ce soir-là au Théâtre Maisonneuve, le public était en « communion » avec Renaud. Et ceux qui ne l’ont pas compris n’ont pas compris tout le bien que les chansons peuvent faire, tant à ceux qui les écrivent qu’à ceux qui les écoutent.

Quand je suis allé voir l’artiste en coulisses, après le show, pour une petite photo, j’ai trouvé un chanteur heureux. On pouvait voir sur son visage qu’il avait été porté par une vague de reconnaissance. Au bras de sa nouvelle épouse, Cerise, il rayonnait. Ces deux-là avaient un petit air de mariés de Chagall, prêts à s’envoler dans le ciel.

MERCI MONSIEUR RENAUD

En gros, ce que le public montréalais a dit à Renaud au Théâtre Maisonneuve vendredi dernier, c’est : « Vous étiez là pour nous dans nos vies quand nous en avions besoin. Vos paroles, votre musique ont été la bande originale de nos vies. C’est maintenant à notre tour d’être là pour vous lorsque vous en avez besoin.

En fait, ce qu’on a dit à Renaud, c’est : « Mets ta tête sur mon épaule, toi qui en as tant besoin. »

 
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