L’ancienne femme politique Karine Vallières se révèle sous un autre jour

« Même si c’est difficile, je suis déterminée à continuer de vouloir faire quelque chose, affirme Karine Vallières.

Nouvelle artiste, du 18 au 20 mai, elle a présenté sa première exposition au Salon Empreinte d’Art de la galerie Perkins sur le site de l’église historique Saint Andrew’s à Melbourne. «C’est un peu se dévoiler», confie celle qui avait l’habitude de s’exprimer devant sa communauté.

«Je suis vraiment très gênée», admet-elle. J’ai osé sortir de mon sous-sol où je crée depuis plusieurs années.

La peinture, le dessin, la poterie et la couture font désormais partie de son quotidien. Les « premières amours » que redécouvre le bachelier en communications, arts et lettres. Cette fois, avec une vulnérabilité qu’elle expose au grand jour.

>>>>>>

Karine Vallières a exposé pour la première fois à la galerie Perkins lors du long week-end de la Fête des Patriotes. (Delphine Belzile)

“Je crée parce que cela me fait du bien, et c’est pourquoi pour moi, c’est gênant et intimidant d’être ici et de le montrer.”

— Karine Vallières

Depuis trois ans, Karine Vallières ne peut plus travailler en raison de sa maladie qui lui cause des douleurs chroniques. À tel point qu’elle n’a pas pu terminer sa journée à la galerie samedi dernier, raconte-t-elle avec beaucoup d’émotion.

« C’est le deuil du côté professionnel qui nous définit souvent. Et maintenant je dois me définir différemment. Il s’agit d’accepter le nouveau rythme que m’impose le corps », confie-t-elle, au pied du presbytère.

«C’est un voyage», ajoute Karine Vallières, qui se dit néanmoins bien entourée de sa famille et de sa communauté.

Parce que cette maladie provoque sporadiquement une inflammation de sa colonne vertébrale et que la douleur se propage dans ses articulations. “C’était comme si je n’étais plus utile à la société, je trouvais ça très difficile”, raconte-t-elle.

« La maladie est le deuil de qui j’étais. Et je dois apprivoiser qui je deviens.

— Karine Vallières

L’art est devenu un exutoire, un moyen de renouer avec sa communauté et d’accepter sa nouvelle réalité, dit-elle. « Par la maladie qui est invalidante, ça me permet aussi de produire quelque chose. Je démarre un projet et je le termine. Pour cela, c’est très satisfaisant.

>>>>>>

L’art est devenu le refuge de Karine Vallières après le diagnostic de sa maladie. Elle en a également réalisé une œuvre qui porte ce titre. (Delphine Belzile)

En quittant la politique à 44 ans, Karine Vallières ne pensait pas devoir mettre un terme à sa carrière si tôt. Elle avait également rejoint les relations publiques de l’entreprise Alliance Magnésium avant de recevoir son diagnostic.

« Je souffrais déjà beaucoup lorsque je travaillais comme politicien. Je souffrais beaucoup», souligne l’ancienne députée qui ignorait alors son état.

Profitez de créer

Forcément, Karine Vallières travaille beaucoup sur le carré. Ses toiles sont recouvertes de la forme géométrique qu’elle griffonnait dans les marges de ses cahiers.

« C’est pragmatique, c’est solide, c’est stable », explique-t-elle. Mais en réalité, en politique je l’ai toujours dit, il faut savoir sortir des sentiers battus. Il faut pouvoir sortir de cela. Même s’il existe un cadre, cela ne veut pas dire qu’il n’est pas flexible.

>>>>>>

« C’est peut-être ça qui va m’aider à me redéfinir aussi, en proposant quelque chose que les gens aiment voir », souligne Karine Vallières. (Delphine Belzile)

Sa plongée dans le monde des arts est d’abord née d’un intérêt pour le recyclage de meubles, l’un de ses passe-temps pendant la pandémie.

Ses œuvres naissent essentiellement de ses émotions et d’un lâcher prise, dit-elle. Un processus créatif plutôt instinctif. «J’ai juste le plaisir de créer», souligne l’artiste.

Mais les derniers tableaux qu’elle a peints racontent l’histoire de la maladie d’Alzheimer, de sa mère qui en est atteinte et dont elle est une proche aidante.

« Mon objectif n’est pas monétaire, ce n’est pas mercantile, c’est un échange. C’est un prétexte pour voir des gens, se sentir mieux, accepter davantage la maladie, sortir de chez soi et me présenter différemment.

— Karine Vallières

Lorsque Karine Vallières accordait une interview à La galerie Concernant son départ en politique, elle a déclaré qu’elle souhaitait notamment quitter l’industrie pour passer du temps avec ses deux filles adolescentes. Une décision sans regrets, affirme-t-elle avec le recul. « Ce sont des moments totalement magiques […] J’ai pu recréer un lien étroit avec eux et ça vaut de l’or.

Karine Vallières présentera ses œuvres à Sculpture des sources lors de la Fête nationale. Elle sera également à Bromptonville en juillet et à Danville lors du Symposium sur les arts de la fête du Travail.

Par ailleurs, elle continue de s’impliquer dans sa communauté et au sein de l’organisme à but non lucratif La Source d’Arts de Val-des-Sources. “Ça me permet de retrouver un petit sentiment d’appartenance à un groupe, au lieu d’être seule à la maison.”

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV Kate, Harry, Meghan… qui sera présent ? – .
NEXT Natalie Portman resplendissante dans sa robe en perles