« Ma première fois à Cannes, c’était avec Camille Chamoux, on n’était attendu nulle part mais on essayait de se faufiler partout » – .

« Ma première fois à Cannes, c’était avec Camille Chamoux, on n’était attendu nulle part mais on essayait de se faufiler partout » – .
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Entre humour et glamour, l’actrice présentera la cérémonie d’ouverture du 77e Festival de Cannes ce mardi 14 mai et celui de clôture le 25 mai.

“Vertigineux.” Le mot revient chaque année dans les mots du maître de cérémonie du Festival de Cannes. Pour cela 77e édition, à l’invitation du délégué général, Thierry Frémaux, c’est Camille Cottin qui lancera sous les yeux d’un parterre de personnalités influentes du cinéma mondial. L’avoir choisie est judicieux : acclamée en France par le public comme par les cinéastes (on l’attend d’Emmanuel Mouret, Pierre Schoeller et Simon Moutaïrou), l’actrice s’est également identifiée à l’étranger grâce au succès international de la série. Dix pour-cents et ses incursions à Hollywood (Stillwater, Maison Gucci, Mystère à Venise…). A quelques jours de l’ouverture du Festival, elle partage ses souvenirs de Cannes et son avis sur les enjeux du cinéma d’aujourd’hui.

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Madame Figaro. – Quelle était votre opinion sur Cannes avant d’y aller ?
Camille Cottin.– C’est l’image glamour qui m’est arrivée en premier : les marches, les stars… En grandissant, j’ai saisi toute sa richesse cinématographique, multiculturelle et politique. Je suis allée voir les Palmes d’Or au cinéma, et beaucoup sont devenues les murs de soutènement de ma cinéphilie : Chauffeur de taxi, Apocalypse Now, Paris, Texas, Sailor et Lula, La Leçon de piano, Adieu ma concubine, Pulp Fiction, Moi, Daniel Blake, La Vie d’Adèle, Parasite, Anatomie d’une chute. Paris, Texas C’était le film préféré de mon beau-père, mais quand j’étais petite, je n’avais pas le droit de le voir parce qu’il le trouvait trop triste. Cela renforçait le mystère du film, déjà marqué par l’image très forte de Nastassja Kinski dans son pull en mohair rose…

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Et ta première fois au Festival ?
C’était avec mon amie Camille Chamoux. Nous n’étions attendus nulle part mais avons essayé de nous faufiler partout. C’était très joyeux. Cette année-là, après une nuit blanche, je me souviens aussi d’avoir vu Amour, de Michael Haneke, qui m’a laissé sans voix. En 2019, j’ai gravi pour la première fois les marches avec Christophe Honoré pour Salle 212, et j’y suis retourné deux ans plus tard pour Eau plate, par Tom McCarthy. J’étais très stressée, mais j’ai eu la chance d’être « marraine » avec beaucoup de tendresse et de générosité par Marion Cotillard. C’est vertigineux de faire partie de cette mythologie cinématographique, même pour une star comme Matt Damon. Je me souviens de lui, ému aux larmes après la projection.

Si vous deviez définir Cannes en quelques mots…
L’affiche de ce 77e édition, qui prend une image de Rhapsodie en août, par Kurosawa, le fait mieux que moi. Bien que ce film raconte le spectre de la bombe atomique larguée sur Nagasaki, cette image transmet une certaine idée d’union et d’espoir qui résume parfaitement les vertus poétiques et thérapeutiques du cinéma. Nous en avons besoin aujourd’hui. Le monde traverse des temps difficiles, mais l’art apporte de la lumière dans le chaos. Et puis, cette affiche qui met en scène des gens regardant dans la même direction est un joli symbole du rendez-vous international des cinéphiles qu’est le Festival de Cannes.

L’année cinéma a été marquée par diverses interventions sur les violences sexuelles et sexistes. Comment les avez-vous reçus ?
J’ai le sentiment que l’écoute s’est améliorée. Les propos de Judith Godrèche ont produit un tel écho qu’ils ont permis de légiférer : désormais, chaque mineur doit être accompagné d’un adulte surveillant sur les plateaux de tournage. J’espère aussi que cela concernera également la phase préparatoire, qui, à l’abri des regards, peut comporter des risques… Il faut espérer que ce soit un premier pas vers la fin de l’impunité.

Je suis allée voir les Palmes d’Or au cinéma, beaucoup d’entre elles sont devenues les murs de soutènement de ma cinéphilie

Camille Cottin

Avez-vous remarqué une évolution dans les représentations du féminin depuis vos débuts ?
Les marqueurs de progrès sont multiples : les Palmes d’Or à Julia Ducournau et Justine Triet, la puissance des rôles proposés aux actrices de plus de 50 ans, Michelle Yeoh aux Etats-Unis ou Anouk Grinberg en France, par exemple. Et la réponse positive du public montre la nécessité de faire bouger les lignes. Récemment, Audrey Diwan m’a fait l’honneur de me montrer son Emmanuelle, porté par Noémie Merlant, un film très politique sur une femme qui se réapproprie son plaisir. On n’aurait peut-être jamais vu ce film il y a dix ans… Tous ces artistes sortent les femmes du carcan.

Les hommes les accompagnent dans cette démarche…
En effet, et c’est essentiel : le combat ne peut être gagné en se privant de la moitié de la population. Quand Nathan Ambrosioni m’a proposé Toni en famille, J’ai été très touchée par son regard déconstruit sur la féminité et la maternité… Je suis aussi touchée quand je vois les films de Christophe Honoré, un réalisateur qui valorise la femme dans toute sa complexité. J’ai hâte de le découvrir à Cannes Marcello Mio, dans lequel il dirige à nouveau Chiara Mastroianni.

Quels sont vos projets d’acteur ?
Je pars cet été en Arménie pour tourner un film de Tamara Stepanyan, avec Zar Amir Ebrahimi, prix d’interprétation à Cannes pour Les Nuits de Machhad. Je répète aussi une pièce adaptée de Coq juif, de Katharina Volckmer, mise en scène Jonathan Capdevielle. Nous jouerons au Théâtre du Jeu de Paume, à Aix-en-Provence, en octobre, aux Bouffes du Nord, à Paris, en janvier. J’ai fait beaucoup de théâtre avant Connard, mais je n’ai jamais été seul sur scène. C’est un nouveau défi, mais je suis tombée sous le charme de ce texte sur la liberté, le genre, l’esclavage de nos corps, la culpabilité allemande deux générations après la Shoah… Je suis fascinée par la façon dont l’auteur explore la question de l’émancipation à travers le patrimoine culturel et historique. …

Les propos de Judith Godrèche ont produit un tel écho qu’il faut espérer qu’il s’agit d’un premier pas vers la fin de l’impunité.

Camille Cottin

Et le film ? Dix pour-cents ?
C’est encore en préparation, mais c’est un gros bateau. Il faut trouver le bon moment pour rassembler tout le monde.

Cérémonies d’ouverture et de clôture du Festival de Cannes, les 14 et 25 mai, retransmises en direct sur France 2.

 
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