« Bernard Pivot, mon premier lecteur »

« Bernard Pivot, mon premier lecteur »
« Bernard Pivot, mon premier lecteur »

J’ai connu Bernard Pivot bien avant qu’il mette en scène la série Apostrophes et nous éprouvons toujours de la tendresse pour ceux qui ont participé à vos débuts dans la vie. D’ailleurs, au moment de notre première rencontre, il débutait lui aussi dans la vie puisqu’il n’avait que quelques années de plus que moi. Au téléphone, il m’a donné rendez-vous au rond-point des Champs-Élysées, devant le bâtiment du journal où il travaillait comme rédacteur. “courrier”, m’a-t-il dit avec un grand éclat de rire. Et j’ai été frappé par la légèreté et l’élégance de ce mot « courrieriste », un mot qui lui ressemblait.

« Je suis toujours à la recherche de chemins, de micro- et macro-aventures, pour que la vie ne soit pas désespérée » (Victor Pouchet, écrivain)

Aujourd’hui, 6 mai 2024, je pense à cet autre printemps à Paris, le printemps de nos premières rencontres qui n’a vraiment rien à voir avec le printemps et le Paris d’aujourd’hui. Bernard, dans ma mémoire, sera toujours lié à ce printemps où il régnait une certaine fraîcheur et une certaine innocence dans l’air : le printemps 1968. Je venais de publier un premier livre et il m’avait envoyé un petit mot que je gardais. comme un talisman car il fut mon premier lecteur. Le « coursier » que j’ai trouvé ce jour-là au rond-point des Champs-Élysées m’a immédiatement conquis par sa gentillesse et sa vivacité.

Avons-nous parlé de littérature ? Je ne crois pas. Alors que nous marchions tous les deux dans l’avenue, il m’a posé des questions sur ma vie, comme s’il dessinait un rapide croquis de son interlocuteur pour mieux le connaître. Il a peut-être été surpris que je lui pose à mon tour des questions sur lui-même, sur son travail, sur son journal, car j’ai toujours senti chez Bernard une certaine modestie et une certaine réserve, pour parler franchement une certaine délicatesse qui allait de pair avec son côté « bon enfant » et qui m’a rappelé ces paroles émouvantes d’une chanson de Charles Trenet :

Revoir Paris.

Je suis un enfant
Juste un enfant tu sais
je suis un peu français
Juste un enfant
Tout simplement

Et plus de cinquante ans plus tard, lors de nos dernières rencontres, ce n’était pas de Paris que nous parlions, mais de Lyon, la ville de son enfance, une ville qui m’avait beaucoup marqué vers 17 ans, et que j’avais toujours regretté. ne pas avoir fait le décor d’un roman. Cette fois c’est moi qui lui ai posé des questions, comme lui Apostrophes. Bernard m’a raconté que ses parents avaient un magasin et qu’ils l’envoyaient très jeune faire les livraisons aux clients. Je l’imaginais sur son vélo à travers les brumes et les mystères de Lyon.

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV Bienne, « Un environnement stimulant pour Nemo »
NEXT « Une rencontre inattendue », basé à Bali, Raphaël Pépin (Les Anges) y a rencontré la femme de sa vie et la présente officiellement