«J’aurais préféré ne rien dire»

«J’aurais préféré ne rien dire»
«J’aurais préféré ne rien dire»

Les juges n’ont pas à se prononcer sur la question de savoir si Roman Polanski, 90 ans, a violé ou non Charlotte Lewis. Il leur reste seulement à décider si le cinéaste franco-polonais a fait un usage abusif de sa liberté d’expression dans une interview publiée par Paris Match en décembre 2019.

« Mensonge évident » : Roman Polanski jugé pour diffamation à Paris

Interrogé sur les accusations d’agression sexuelle et de viol portées contre lui par plusieurs femmes, dont Charlotte Lewis, le réalisateur de « Rosemary’s Baby » a répondu : « voyez-vous, la première qualité d’un bon menteur est un excellent souvenir. Charlotte Lewis est toujours mentionnée dans la liste de mes accusateurs sans jamais relever ses contradictions.

Le réalisateur a qualifié les accusations de l’actrice de « mensonges odieux ».

En 2010, lors d’une conférence de presse au Festival de Cannes, Charlotte Lewis racontait avoir été agressée lors d’un casting organisé chez Roman Polanski à Paris en 1983, alors qu’elle avait 16 ans.

Lors du procès en mars, l’actrice de 56 ans avait dénoncé « une campagne de diffamation » qui « a failli détruire (sa) vie » après ses révélations.

« J’aurais préféré ne rien dire. Aujourd’hui, si une femme vient me dire qu’elle a été violée et me demande si elle doit le révéler, je lui réponds : non. Tirez un trait sur tout ça, continuez votre vie”, a déclaré l’actrice à la barre, via un interprète.

Roman Polanski n’était pas présent à l’audience.

« Procès absurde »

Pour illustrer les « contradictions » de la plaignante, ses avocats citent une interview accordée en 1999 à News of the World dans laquelle elle exprimait son admiration pour le réalisateur qui, en 1986, lui confia un rôle dans son film « Pirates ».

« Il me fascinait et je voulais être sa maîtresse. Je le voulais probablement plus que lui ne voulait de moi”, aurait-elle confié au tabloïd britannique. L’actrice conteste en partie les propos que lui attribue le journal.

Pour les avocats de Roman Polanski, leur client a été « jeté en pâture sur la place publique » dans « le contexte étouffant de #Metoo », le mouvement de libération de la parole des femmes. Il a « le droit de se défendre », a insisté son avocat, dénonçant « un procès absurde ».

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Le procureur n’a pas demandé de condamnation suite à ses observations.

Roman Polanski, qui a notamment remporté un Oscar et une Palme d’or à Cannes pour “Le Pianiste”, a été accusé d’agressions sexuelles et de viols par une dizaine de femmes au cours de sa carrière, des affirmations qu’il a toujours contestées et qui n’ont pas été confirmées. ne l’empêche pas de travailler.

Il est considéré comme un fugitif aux Etats-Unis depuis plus de quarante ans, après une condamnation pour « relations sexuelles illégales » avec une mineure de 13 ans, Samantha Gailey (aujourd’hui Geimer).

En 1977, arrêté, accusé d’avoir drogué et violé cet adolescent, il passe 42 jours en prison avant d’être libéré et de s’enfuir à Paris. Il fait depuis l’objet d’un mandat d’arrêt international de la part de la justice américaine.

Le cinéaste est appelé à comparaître en 2025 en Californie, lors d’un procès civil pour viol sur une adolescente en 1973, des accusations qu’il conteste “avec la plus grande fermeté” selon son avocat parisien.

 
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