A Molières, Sophia Aram dénonce « le silence assourdissant » du monde de la culture après les attentats en Israël du 7 octobre

A Molières, Sophia Aram dénonce « le silence assourdissant » du monde de la culture après les attentats en Israël du 7 octobre
A Molières, Sophia Aram dénonce « le silence assourdissant » du monde de la culture après les attentats en Israël du 7 octobre

Cette cérémonie des Molières 2024 aura été très politique. Tout d’abord avec un tacle adressé à la ministre de la Culture Rachida Dati par la maîtresse de cérémonie Caroline Vigneaux au sujet des coupes budgétaires. “Vous nous récupérez les 204 millions d’euros (en moins sur le budget culture, ndlr), vous ne touchez pas à l’intermittence. Et nous vous libérerons à temps pour la Mairie de Paris !

Présente dans la salle des Folies Bergère, la ministre n’a pas pris la parole, mais a posté une vidéo en début de soirée dans laquelle elle assurait que «le régime de l’intermittence (…) doit être préservé« .

Mais l’un des mots les plus marquants est le discours de la comédienne Sophia Aram. Avant de remonter sur scène pour recevoir son Molière de l’humour, celle qui est également chroniqueuse matinale sur France Inter a abordé la guerre à Gaza sans oublier de souligner l’atrocité des crimes commis le 7 octobre par des hommes armés du Hamas. “Si nous appelons tous ici à un cessez-le-feu, comment pouvons-nous être solidaires des milliers de civils morts à Gaza sans être également solidaires des victimes israéliennes ?», demande-t-elle sous de nombreux applaudissements.

J’aimerais vraiment faire de ce moment un moment léger, inclusif et bienveillant. Nous tous, ironise l’humoriste. Un moment de tendresse entre théâtre privé et public, ou un moment de réconciliation entre Rachida Dati et Kebab, le chien de Gabriel Attal. Mais comme je suis prudent, je me contenterai d’un message de service« .

C’est alors que Sophia Aram revient sur le conflit au Moyen-Orient et sur la guerre à Gaza. “Nous qui partageons la liberté de crier sur toutes les chaînes de France ou de crier notre indignation sur tout et n’importe quoi dans les tribunes […] Je pense que nous devrions aussi faire attention à nos silences. Dans le brouhaha de notre facile indignation, le silence, même relatif, après le 7 octobre, où 1 200 Israéliens ont été massacrés, est assourdissant. Et il est évident que nous partageons tous ici les appels à un cessez-le-feu. Comment pouvons-nous être solidaires des milliers de civils morts à Gaza sans être également solidaires des victimes israéliennes ?» demande Sophia Aram, déclenchant de nombreux applaudissements pendant près de 20 secondes.

Comment pouvons-nous exiger un cessez-le-feu d’Israël sans exiger la libération des otages israéliens ? Comment exiger le départ de Netanyahu sans exiger celui du Hamas ?

L’humoriste évoque les blocages récents, notamment dans les universités françaises, pour dénoncer les bombardements massifs sur Gaza. “Ce silence qui accompagne les victimes du 7 octobre et les otages continue de nous diviser et de blesser tous ceux, juifs ou non, qui s’engagent pour les droits de l’homme. A nous tous de briser ce silence et la solitude de certains de ceux qui nous écoutent au théâtre ou ailleurs.« .

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV Victoria de Suède marchant avec son chien Rio dans l’archipel de Nämdö
NEXT Caroline Vigneaux sans soutien-gorge sur scène, l’humoriste envoie un message fort sur France 2