«La timidité m’a beaucoup dérangé pendant longtemps»

«La timidité m’a beaucoup dérangé pendant longtemps»
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Dès lundi et pendant six épisodes, Thierry Neuvic incarne un capitaine de police, un homme d’expérience un peu rigide, qui doit faire équipe avec un jeune homme qui est à son opposé : imprévisible, incontrôlable et escroc récemment renfermé. L’acteur nous raconte cette nouvelle expérience.

Paris Match. Quel est le petit plus qui vous a séduit dans « La Recrue » ?
Thierry Neuvic. J’ai aimé revenir au thriller en surfant sur le ton de la comédie, comme Le flic de Beverly Hills Ou L’arme mortelle. J’ai aussi trouvé intéressants les thèmes abordés : les relations entre les générations, les secondes chances, les a priori, le deuil… Ces choses m’ont touché et parlé particulièrement.

Vous faites équipe avec Ethann Isidore, qui incarne Kevin, un jeune orphelin de banlieue parisienne, escroc de haut vol et ingérable.
Cette relation intergénérationnelle m’a beaucoup parlé. J’aime la difficulté de se rencontrer au début pour finir par se rapprocher. J’y crois profondément. Les générations doivent se tenir la main. Chacun s’instruit. J’ai aussi aimé le thème de la seconde chance et de la rédemption. Vincent, mon personnage a un préjugé sur ce jeune homme, à l’opposé de ses codes. L’un est rigide, l’autre en désordre. Il arrive dans sa vie après avoir perdu son fils, porté disparu depuis deux ans. Il ne sait même pas s’il est vivant ou mort, le deuil n’est pas possible. Kevin a à peu près le même âge que ce fils disparu. Il y a un effet miroir. Non seulement il est à l’opposé de lui et il prendrait la place de son fils ? Ce n’est pas possible ! Il a un double rejet.

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Thierry Neuvic et Ethann Isidore sont à l’affiche de la série « La Recrue ».

©Thierry Langro/TF1

Le personnage du commissaire Trinquant, interprété par Judith El Zein, revêt pour eux une importance toute particulière…
Elle enseigne les deux pour que la rencontre ait lieu. J’ai aussi aimé la relation que mon personnage entretient avec lui. Elle est sa supérieure et sa compagne. Il représente un mec assez viril avec un gros 4X4 et il s’avère que c’est son partenaire qui a le pouvoir.

«Je veux faire le lien entre toutes les générations et le conserver»

Dans la vie, ressentez-vous cet écart entre les générations ?
Je trouve que de plus en plus de générations ont du mal à se connecter. Les générations et les cercles sociaux aussi. Je ressens ce décalage. J’essaie toujours de le remplir. Je vais dans les clubs de foot où j’habite, il y en a de tous les âges. Je peux passer trois heures à jouer avec des enfants de 9 ans, à discuter de tout avecsont des adolescents de 15 ans. Pareil avec les anciens. Je veux faire le lien entre toutes les générations et le conserver. Il est absurde et néfaste de ne pas le maintenir. L’un sans l’autre ne fonctionne pas.

Le reste après cette annonce

Connaissez-vous les rôles de la police ? Vous ne vous êtes pas dit « un autre flic » ?
Pas une seconde. Le policier est un travail, pas un personnage. On peut jouer 12 000 flics, aucun d’eux ne sera pareil. Là c’était sur le ton de la comédie, je n’ai pas spécialement joué un flic dans ce contexte.

Comment avez-vous construit ce capitaine ?
Je lui ai demandé un gros 4X4 rouge pour mettre en avant ce côté très masculin. Il a tous les attributs d’un leader, mais ce n’est pas le cas. J’ai aussi voulu accentuer le choc des générations en retravaillant un peu mes dialogues pour marquer encore plus la différence en utilisant des expressions anciennes comme « ils vont me faire bouc ».

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Ici, le capitaine et sa jeune recrue font équipe sur une scène de crime.

©Thierry Langro/TF1

Quels flics à l’écran avez-vous aimé ?
Il y a plein ! Cela commence à partir de Starsky et Hutch
de
Le flic de Beverly Hillsde ceux de L’arme mortelle et plus récemment, les flics de Le fil. Côté français, Jean Gabin et Lino Ventura m’ont marqué. Depuis toute petite, j’ai toujours regardé beaucoup de thrillers, en films ou en séries. Si jamais je dessine sur ces personnages, c’est malgré moi, ce n’est pas décidé.

“Quand j’étais plus jeune, je traînais, je faisais des bêtises”

Préférez-vous jouer aux flics ou aux truands ?
Cela dépend du personnage lui-même. Tous deux ont une vie intense, j’aime les deux.

Vous êtes né en Seine-Saint-Denis. Tu aurais pu être le petit Kevin, perdu et hors de contrôle ?
Bien sûr ! Je traînais, je faisais des choses stupides.

Qu’est-ce qui vous a « sauvé » ?
D’une manière générale, ce sont les cours de culture, de théâtre, de musique et de poésie… La culture a rouvert les vannes à partir du jour où je me suis inscrite dans un cours de théâtre perdu dans le sud de la France, où je devais lire des pièces de théâtre, interpréter des personnages… J’avais une passion pour les films. J’en ai mangé des tonnes et des tonnes, mais je n’avais jamais pensé à en faire un métier.

Vous vous décrivez comme très timide. Est-ce quelque chose qui vous a freiné dans la vie ou dans votre carrière ?
La timidité peut inhiber. De ce fait, nous ne présentons pas de manière sereine ce que nous sommes. On se souvient des choses. Nous sommes maladroits dans leur expression. Nous pouvons perdre nos moyens. Ça peut être handicapant quand c’est fort. Cela aurait pu être le cas. Cela m’a beaucoup dérangé pendant longtemps. Je connais beaucoup d’acteurs ou d’actrices timides. Au fond, quand on joue, on se cache, ce n’est pas nous.

 
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