L’armée israélienne ordonne l’évacuation de toute la ville de Gaza.

L’armée israélienne ordonne l’évacuation de toute la ville de Gaza.
L’armée israélienne ordonne l’évacuation de toute la ville de Gaza.

Pour la première fois depuis octobre, l’armée israélienne a largué mercredi des tracts sur la ville de Gaza, appelant les habitants et des centaines de milliers de Palestiniens qui s’y sont réfugiés à quitter immédiatement la ville. “La ville deviendra une zone de combat dangereuse”, prévient le texte en arabe, accompagné d’un plan d’évacuation et d’indications sur les itinéraires à emprunter pour éviter les dangers et se diriger vers la ville de Der al Balah, plus au sud.

Le porte-parole de l’armée n’a pas précisé quel était l’objectif de l’opération en préparation. La seule certitude est que ces derniers jours, l’armée israélienne a attaqué plusieurs quartiers de la ville de Gaza et semble désormais déterminée à en prendre le contrôle total.

« Succès militaires »

Parmi les cibles probables citées par les commentateurs militaires figure le siège de l’UNRWA, l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens. Le bâtiment servirait de base aux commandos du Hamas, responsables du déclenchement de la guerre du 7 octobre.

Peu après l’annonce de l’évacuation, le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant a salué les « nombreux succès » de l’armée israélienne jusqu’à présent. « Nous avons tué ou blessé 60 % des terroristes du Hamas », a-t-il déclaré à la Knesset, ajoutant que « 14 000 » membres de l’aile militaire du mouvement islamiste, qui dirige la bande de Gaza depuis 2007, ont été éliminés.

Selon la radio militaire, le Hamas dispose encore d’une force d’environ 10.000 combattants, auxquels il faut ajouter des centaines de jeunes Palestiniens recrutés pour compenser en partie les pertes subies ces derniers mois.

« Position de force »

L’opération dans la ville de Gaza n’est cependant pas uniquement motivée par des considérations militaires. « Il est clair qu’il s’agit aussi d’exercer une pression maximale sur le Hamas pour qu’il fasse preuve de souplesse dans les discussions en cours en Egypte et au Qatar sur un éventuel cessez-le-feu qui accompagnerait la libération des quelque 120 otages détenus par les islamistes », a déclaré un diplomate israélien qui a requis l’anonymat. « Dans des pourparlers aussi difficiles, il vaut mieux arriver en position de force face à l’ennemi », a-t-il ajouté.

En fin de semaine dernière, un léger vent d’optimisme semblait souffler, avec la décision du Hamas de ne plus exiger d’Israël qu’il s’engage à mettre un terme à la guerre une fois pour toutes avant la libération d’un premier contingent d’une vingtaine d’otages. De son côté, Benjamin Netanyahu est lui aussi impatient de conclure avec l’opinion publique.

Le sort des otages

Près des deux tiers des Israéliens, selon un récent sondage, estiment que le sort des otages doit primer sur la « victoire totale » sur le Hamas promise à plusieurs reprises par le Premier ministre. Mais Netanyahou subit aussi la pression de l’extrême droite, qui menace de renverser le gouvernement.

L’attention se tourne à nouveau vers Le Caire et Doha, où les négociations indirectes entre le Hamas et Israël ont repris cette semaine sur la libération des otages et un cessez-le-feu à Gaza. Des délégations de l’Egypte, du Qatar, des Etats-Unis et d’Israël se sont rencontrées mercredi dans la capitale qatarie et devraient revenir au Caire jeudi, selon la chaîne de télévision Al Qahira News, proche des services de renseignement égyptiens.

« Une fin en vue ? », s’interrogeait mercredi avec optimisme la version anglophone du quotidien d’État égyptien « Al Ahram ». Les autorités du Caire n’ont pas communiqué officiellement sur l’avancée de ces médiations qui stagnent depuis plusieurs mois.

Un pas en avant

Un responsable du Hamas a déclaré dimanche à l’AFP, s’exprimant sous couvert d’anonymat, que l’organisation islamiste palestinienne avait fait un pas en avant en acceptant qu’Israël ne s’engage pas immédiatement à un cessez-le-feu permanent.

Sous la pression de ministres d’extrême droite opposés à tout accord avec le Hamas, le Premier ministre israélien est cependant allé à contre-courant ces derniers jours en durcissant ses exigences, provoquant la colère des familles des otages et de l’opposition centriste et de gauche.

Les exigences de Netanyahu

Benjamin Netanyahu a ainsi déclaré dimanche via un communiqué de son bureau qu’il se réserverait la possibilité, même en cas d’accord, de « reprendre les combats jusqu’à ce que tous les objectifs de la guerre soient atteints ».

Le Premier ministre a également refusé le retour de « milliers de terroristes armés au nord de la bande de Gaza » et exigé la fin de « la contrebande d’armes vers le Hamas depuis l’Egypte ». Un point de frustration pour Le Caire, qui avait jusque-là nié la persistance de tels trafics, depuis une vaste campagne de destruction de tunnels reliant les deux territoires entre 2011 et 2015.

Les négociations portent également sur l’avenir du point de passage de Rafah, seul poste frontière entre l’Egypte et Gaza, seul point de passage non contrôlé par Israël, jusqu’à sa prise par Tsahal en mai. Principal point d’entrée de l’aide humanitaire et seul point de sortie pour les civils, les infrastructures du site ont depuis été détruites, selon une vidéo diffusée par la radio militaire israélienne.

Les camions d’aide humanitaire s’entassent désormais près de la frontière. Selon les données de l’UNRWA, seuls 2 000 camions ont pu entrer à Gaza depuis l’Egypte, soit une trentaine par jour en moyenne, contre plusieurs centaines auparavant.

 
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